Didier Lamerant, le patron de la linière du Ressault, parle du lin avec passion, sa passion. Pour autant, il est soucieux d’apporter des éclairages nouveaux autour de la commercialisation du lin. Et comme aujourd’hui l’essentiel de la production haut normande est achetée par la Chine, il est indispensable de bien connaître ces acheteurs du soleil levant.
Difficile saison
Jeudi dernier, c’est au cinéma de la ville du Neubourg que les responsables de la linière du Ressault ont accueilli leurs producteurs. Au programme de cette rencontre : projection de film et débat.
Naturellement, Didier Lamerant a évoqué la dernière saison du lin “qui ne laissera pas un souvenir impérissable” avec des résultats techniques plus que moyens. La faute aux conditions climatiques, bien sûr, qui rappellent, au passage, que la petite fleur bleue ne supporte pas les grandes variations de température et surtout pas la sécheresse (mais quelle plante la supporte vraiment ?). Malgré cela, la linière du Ressault a su maintenir son activité en s’appuyant sur des stocks qui, comme c’est le cas un peu partout, ont permis d’assurer le quotidien des outils de transformation. Mais pas seulement. La commercialisation a été soutenue aussi avec des Chinois toujours présents même s’ils savent aussi tourner le dos, par période, à la production haut normande.
Une culture à découvrir
Et de commercialisation, il fut essentiellement question au Neubourg puisque Didier Lamerant et quelques négociateurs avisés ont détaillé les relations commerciales qui imposent surtout de bien appréhender la culture chinoise, dans le sens étymologique du terme. Une ouverture sur “un autre monde” que le film d’Ariane Doublet (voir Eure Agricole en date du 26/01/12, page 4) présenté ce jeudi, a permis de mieux comprendre. Notamment quand la caméra de la réalisatrice filme les négociations souvent âpres (et parfois décalées par rapport à nous autres occidentaux) entre filateurs chinois et liniculteurs normands.
Des moments à la fois intenses et souvent drôles que les commentaires de Didier Lamerant, à l’issue de sa projection, confirment par son témoignage, celui d’un responsable de linière ayant multiplié les voyages dans ce pays pour aller négocier sa production. Une “immersion” obligée pour une production de lin dont les débouchés de masse sont, aujourd’hui, réalisés par la Chine.
Retrouvez des information sur le film "La pluie et le beau temps"
dans l'Eure Agricole en date du 26/01/12, page 4
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