les vitrines CIPAN

Près de 70 personnes se sont rendus sur ces vitrines à Cipan pour découvrir leur efficacité en tant que pièges à nitrates. - © Claire Le Clève
Moins 2°c sur cette butte proche de Bréhan où une quinzaine d'agriculteurs battent de la semelles pour se réchauffer. Un peu plus bas coule un ruisseau, l'Estuer, il se jette dans le Lié. Proche de sa confluence avec l'Oust, la prise d'eau potable de la Herbinaye. Du doigt, Aurélie Chatelier, animatrice du Syndicat du Grand Bassin de l'Oust, pointe le graphique des nitrates sur ces cours d'eau, « Les courbes sont homogènes sur ces rivières depuis 5 ans, variant de 50 à 70 mg. On assiste à une baisse sur la prise d'eau de l'Oust mais il ne faudrait pas dépasser les 18 jours supérieurs à 50 mg ». Le risque ? Voir basculer l'Oust, et l'ensemble de son important bassin versant, dans la liste de ceux en contentieux. D'où les multiples actions de reconquête de la qualité d'eau.
4 vitrines tests
Obligatoires depuis le 4éme programme sur l'ensemble de la Bretagne, les « Cultures Intermédiaires Pièges à Nitrates », ou CIPAN, sont de véritables pompes à nitrates. Elles sont l'objet de 4 vitrines sur 4 bassins affluents de l'Oust. « L'intérêt de ces plates-formes, où nous testons 6 modalités de Cipan et cultures dérobées, est de sensibiliser les agriculteurs mais aussi les techniciens des coopératives sur l'intérêt ces couverts », pointe la jeune femme. A ses côtés, Philippe Lanuzel, conseiller agronomique de la Chambre agriculture du Morbihan. Il interprète les résultats d'absorption des nitrates de cette parcelle proche de Bréhan suivant qu'elle soit plantée de RGI, Moutarde, Phacélie, Avoine et Phacélie, Radis Chinois ou encore avoine diploïde. Des tests également effectués à Carentoir, sur le BV de l'Aff, mais aussi à La Croix Helléan pour l'Oust moyen et encore Ruffiac pour l'Oust aval et qui auront réunis près de 70 personnes, du 6 au 8 février.
Plus de 70 uN absorbées par la phacélie
«L'effet des couvert est net. Il a été bénéfique sur ces plates-formes semées fin août où les couverts ont profité de la minéralisation dans le sol », relève Philippe Lanuzel. Sur toutes ces vitrines, les reliquats d'azote en sortie de récolte ont été quantifiés. Ils varient de 55 uN/ha à Bréhan à 141 uN sur sol nu à Carentoir après blé. Sur cette plate-forme, la phacélie a absorbé 71 unités d'azote en produisant 2,23 tonnes de matière sèche à l'ha. Des résultats variables suivant de nombreux critères. Mais l'efficacité des Cipan ne fait pas l'ombre d'un doute. Reste le coût d'implantation estimé à 60 €/ha. « Certes celà a un coût. Mais il y a aussi un bénéfice, largement compensé par l'azote absorbé, et disponible pour la culture suivante. Et puis ça fait travailler le sol », note le technicien . Demeure la pertinence des variétés à choisir suivant la facilité d'implantation, la production de biomasse, l' utilisation (fourrage pour les dérobés) ou encore la facilité de destruction. Car là aussi, si la réglementation impose une destruction au plus tôt après le 1er février, il faudra veiller à préserver la disponibilité en eau pour la culture suivante. Prochain rendez vous, les 8 et 9 mars pour découvrir sur site les outils de destruction mécanique des couverts et le mulsching. Car l'alternative au glyphosate existe.
Claire Le Clève

Le radis chinois a absorbé près de 25 uN/ha participant à restructurer ce sol sur lequel sont pratiquées des techniques culturales simplifiées. - © claire le clève
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