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CHAMPAGNE

Juteuses vendanges

Loin des vendanges familiales d'antan, symbole de convivialité autour de banquets festifs, la vendange se professionnalise dans le vignoble champenois et fait désormais appel à des équipes payées non plus à l'heure mais à la tâche.

08 septembre 2011 L'Avenir Agricole et Rural Vu 1268 fois
La vendange se professionnalise dans le vignoble champenois et fait désormais appel à des équipes payées non plus à l'heure mais à la tâche.

La vendange se professionnalise dans le vignoble champenois et fait désormais appel à des équipes payées non plus à l'heure mais à la tâche. - © ESTELLE DAUPHIN

Le cru 2 011

Les vendanges qui s'annonçaient précoces ont finalement bien eu lieu cent jours après la floraison, comme le veut la tradition, soit le 22 août. Malgré un débourrement exceptionnellement précoce en raison de la sécheresse, aux alentours du 2 avril, les pluies estivales sont venues gonfler le raisin les dernières semaines. Les grappes ont pris du poids et seront finalement dans la moyenne observée de 145 grammes. Jean-Jacques Daubanton en tant que référent de l’Association Viticole Champenoise pour le réseau maturité sur la commune de Rizaucourt, est chargé de contrôler deux fois par semaine, durant toute la phase de maturation du raisin, l'évolution du degré alcoolique et de l'acidité des grappes de chaque cépage : chardonnay, meunier, pinot noir précoce et tardif.

Ce sont les trois dernières semaines qui donnent la qualité au raisin. 2 011 s'annonce donc moins brillant que 2010, dans le vignoble champenois avec un degré d'alcool qui atteint juste 9 degrés contre 10,5 l'an passé. Contrairement aux vins de pays où l’on vise une maturité maximum, en Champagne c'est l'équilibre entre l'acidité et le taux de sucre qui est recherché.

Daubanton : trois étapes en une génération

Vignoble : Jean Jacques et son épouse Monique ont travaillé dur pour acquérir au prix fort leurs 3,54 ha de vignes. Il a fallu batailler pour convaincre les banques avec des immobilisations conséquentes et un retour sur investissement sur une quinzaine d'années, ayant nécessité une double activité pour chacun des époux lors des dix premières années de plantations débutées en 1982.

Commercialisation totale : l 'exploitation possède actuellement un fichier de 6 000 clients, produit et vend 30 000 bouteilles de Cham-pagne et Ratafia. La vente se réalise avec 50 % de particuliers, 25 % de restaurateurs et 25 % de grossistes. La particularité commerciale est la livraison en direct de 50 % du volume, seulement 10 % d’expédition par transporteur. Le reste est vendu en foire et salon ou à la propriété à Rizaucourt. La commercialisation de l’exploitation est au cœur de la consommation.

Ultime étape : la vinification est sous-traitée actuellement à la coopérative de Baroville mais la famille Daubanton vise l'acquisition d'un pressoir à la récolte 2 012 afin de devenir récoltant manipulant. La fille, Amélie Daubanton, qui travaille actuellement chez OENOLIA CONSEIL apporterait ses compétences oenologiques pour l'élaboration des vins.

 

- © ESTELLE DAUPHIN

Les métamorphoses du vignoble
sur le territoire haut-marnais

 

Denis Schneider, docteur en histoire, signe le premier tome d'une série d'ouvrages sur l'histoire du vignoble haut-marnais, en débutant par les temps anciens, de la période romaine à la révolution. Sorti au printemps, ce documentaire de 238 pages, très riche en chiffres et en graphiques, permettra aux amateurs d'histoire locale de comprendre le passé viticole de notre département. Il sera suivi très prochainement d'un deuxième tome sur l'apogée, le déclin et le renouveau du vignoble haut-marnais.

Les métamorphoses du vignoble haut-marnais, tome I, imprimé par le Petit Cloître, 238 pages, 28 euros.
Pour en savoir plus : http://vignes.haute-marne.monsite-orange.fr

 

- © ESTELLE DAUPHIN

Extension  de l’AOC Champagne : Haute-Marne, terre d'avenir

 

Un titre qui reprend la nouvelle signature de la Chambre d'Agriculture et qui s'applique pleinement à notre territoire. La Haute-Marne s'était en effet démarquée à l'époque de l'extension de l'aire d'appellation Champagne, en présentant un dossier commun, élaboré par la Chambre d'Agriculture, en partenariat avec les professionnels. Un travail qui a abouti à l'entrée de quatre nouvelles communes dans l'aire de production : Buchey, Harricourt, Champcourt et Daillancourt. Pour autant, ce n'est pas demain qu'on plantera des vignes. La délimitation des nouvelles communes et la révision des anciennes communes vont durer environ 4 ans. Au bout d’un an d’enquête publique dans chaque commune les droits de plantations pourront être accordés.
Pour le responsable professionnel, ces droits à produire, qui seront abolis par Bruxelles en 2018, devraient être remis entre les mains des Champenois afin qu'ils conservent la maîtrise de leur marché. Il compte sur l'appui des élus régionaux dans ce sens. « Cette extension doit résulter du vœu des professionnels Champenois et non de pressions politiques localisées, sous peine d'aboutir à des incohérences, comme la plantation de vignes dans des vallées », insiste Jean-Jacques Daubanton.
La Haute-Marne compte actuellement 17 viticulteurs pour 70 ha de vignes plantées. Chaque hectare génère un emploi sur le département. C'est dire l'enjeu de l'extension de la zone d'appellation champagne pour le développement rural. Cette surface est exploitée pour un tiers par des Haut-Marnais, un tiers par des voisins Aubois et un tiers par des viticulteurs de la Marne.
Le marché du Champagne connaît une progression linéaire de 2 % en volume et en valeur. La profession vise les 400 millions de bouteilles d'ici dix ans. Le potentiel de développement est à l'étranger. Actuellement nous n'exportons « que » 40 % de la production, contrairement à des vins comme de Chablis qui atteignent les 80 %.
A l'heure actuelle, la Marne et de l'Aube sont saturées. Dans les années à venir, les Champenois auront besoin de nos coteaux exposés pleins sud, dans un département qui compte une réelle histoire viticole, étroitement liée à la présence d'abbayes et de prieurés sur son territoire. Pour preuve,  Jules Guyot, marnais natif de Gié-sur-Seine faisant autorité en matière viticole, déclara en 1863 « Le département de la Haute-Marne possédait la plus belle tradition viticole qu'il soit possible de recueillir. Couvert d'abbayes et de prieurés, il avait reçu de l'esprit du catholicisme et des besoins de son culte les vignobles les plus multipliés, les mieux situés et garnis des meilleurs cépages. »

 

 

 
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