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2008 aura encore été une année de déficit pour les producteurs de porcs

Vendredi 23 janvier, la coopérative Copagat tiendra son assemblée générale à Laboutarié. Le Paysan Tarnais a rencontré le directeur de la structure, Bruno Delacroix, afin de faire le poitn sur la filière en ce début d'année.

En janvier 2008, les marges nettes des élevages porcins ont été évaluées entre – 35 et – 40 euros / porc.
En janvier 2008, les marges nettes des élevages porcins ont été évaluées entre – 35 et – 40 euros / porc.
© D. Poilvet _ Reussir

La situation de la production porcine est très inquiétante. «En janvier 2008, les marges nettes des élevages porcins ont été évaluées entre - 35 et - 40 euros / porc.» explique Bruno Delacroix, directeur de Copagat. «Ces marges largement négatives ne sont pas spécifiques à Copagat, c'est un constat général. Les marges ont approché des valeurs nulles ou faiblement positives pendant seulement trois mois au cours de la dernière campagne. 2009 ne pourra pas être une mauvaise année : je ne sais pas comment les producteurs pourraient s'en sortir !»

Et si c'était le cas, une coopérative de la taille de Copagat aurait bien du mal à faire face. La structure compte actuellement une trentaine d'éleveurs, pour une production de 36 000 porcs charcutiers par an. Les marges de manœuvre de Copagat sont donc réduites. Surtout si la situation reste aussi difficile pour la production porcine et que les élevages sont contraints à la fermeture. «Tant que les volumes se maintiennent, tout se passera bien pour Copagat. Notre principale préoccupation est donc aujourd'hui la survie des exploitations : sans les producteurs, nous ne sommes rien !»

De la morosité. C'est en somme ce qui devait ressortir de la prochaine assemblée générale de Copagat. Elle se déroulera à Laboutarié, le vendredi 23 janvier au matin. Comme toutes les autres productions agricoles, la filière porcine est en effet touchée de plein fouet par l'explosion des charges d'exploitation. «Le prix du cadran n'a pas été si mauvais en 2008. Mais la hausse des charges a tout compliqué. Le manque de lisibilité va être très difficile à gérer dans les prochaines années. Avec la fluctuation des cours des céréales, c'est le prix de l'aliment qui joue aussi au yoyo... Sans parler des variations du prix du fuel et de la succession des crises du porc... Les trésoreries des porcheries ont intérêt à être solides !»

Une IGP qui soude le Sud-Ouest
Dans le Sud-Ouest, les contraintes géographiques et la faible concentration des exploitations ne favorisent pas vraiment les éleveurs. Ils ont cependant la possibilité de produire sous le signe officiel de qualité de l'IGP Bayonne. Elle permet d'écouler les porcs à presque deux centimes d'euros de plus que le prix du cadran. Une plus-value qui est cependant quasiment annulée par le surcoût qu'induit le respect du cahier des charges. «Ceci dit, heureusement que nous avons la démarche IGP pour souder la filière locale ! Nous sommes beaucoup moins compétitifs que les gros bassins de production comme la Bretagne. Ce type de démarche nous garantit un volume et des prix, c'est déjà beaucoup ! Sans problème de débouchés, aujourd'hui, être adhérent à la Copagat, ça ne coûte pas plus cher qu'ailleurs et les éleveurs sont aussi bien payés !»

Et puis, une démarche collective comme l'IGP Bayonne permet de traiter plus de volumes et de donner donc des perspectives aux éleveurs. Promotion, communication, études... Depuis 10 ans, les moyens débloqués par la profession ont permis de véritablement structurer la filière. Le numéro de janvier de la revue «Réussi Porcs» revient sur la réunion d'information du consortium du jambon de Bayonne qui s'est tenue en décembre à Arzacq (64). Les indicateurs sont plutôt au vert : le produit arrive en tête dans les rayons coupe et libre services des grandes surfaces et jouit d'une très forte notoriété auprès des consommateurs. Et comme, d'après Bernard Dupont, président du consortium, «nous importons 25% de ce que nous consommons, cela montre clairement que nous avons encore une marge de progression !»

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