Arboriculture
30 à 50% de pertes dans les vergers tarnais
Les pommiers ont souffert de la chaleur et du manque d’eau, entraînant une récolte décevante. Entre 30 et 50% de pertes sont enregistrées.
Les pommiers ont souffert de la chaleur et du manque d’eau, entraînant une récolte décevante. Entre 30 et 50% de pertes sont enregistrées.
Mauvais rentrée pour les pommes. Selon les données du ministère de l’Agriculture, la production nationale de pommes de table en 2026 reculerait de 14% sur un an, à 1,375 million de tonnes. "Toutes les régions productrices enregistrent des baisses, imputables aux épisodes caniculaires répétés de l'été, à l'alternance après la bonne récolte de 2025 et à la réduction des surfaces cultivées” indique Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture; Dans le Tarn, “la récolte est très moyenne”, indique Thierry Garrigues, président de la section arboriculture de la FDSEA. Les pertes liées à la canicule oscillent entre -30 et -50% selon les vergers. Une demande de reconnaissance de calamité agricole est en cours.
Des parcelles non récoltées
Aux Vergers du moulin à Giroussens, “la récolte se passe très mal” témoigne Bernadette Gardelle : “L’expert des assurances évalue nos pertes entre -30 et -50%, bien que nos 5 hectares de vergers soient irrigués. De façon globale, les pommes sont plus petites que d’habitude, alors même que nous avons engagé des frais supplémentaires pour éclaircir certaines parcelles.” L’exploitante va renoncer à ramasser les variétés Golden et Rubinette : “les vendre à l’industrie à un prix dérisoire ne nous permettrait même pas de couvrir tous les frais”, expliquet-elle. D’autres variétés comme les Granny et les Braeburn partiront en jus. “En 35 ans d’existence nous n’avions jamais eu de sécheresse comparable, observe Bernadette Gardelle. Heureusement, les clients jouent le jeu et continuent de venir au verger pour cueillir leurs pommes.” Environ 800 personnes sont venues à leur rencontre lors du week-end "Vergers ouverts" organisé la semaine dernière. L’occasion, espère l’agricultrice, d’étoffer sa clientèle de fidèles.
Des fruits pas assez mûrs ou colorés
Dans les vergers en agriculture bio de Jangopom à Gaillac, les pommes précoces n’ont pas trop tenu : “soit elles n‘ont pas mûri, soit elles ne sont pas assez colorées”, détaille Esther Jansen, qui gère 7 hectares de pommiers avec son mari Tom Van Weydeveldt. Le rendement est aussi moindre, de l’ordre de -30% sur les variétés précoces comme la Santana et la Reine des reinettes. “On va essayer de se rattraper sur les variétés plus tardives comme la Juliet, la Story et la Goldrush qui semblent avoir mieux résisté mais il y aura aussi une perte de quantité”, évalue Esther Jansen. “Même si nous sommes en bio, les gens font attention à la couleur et au calibre des fruits. Malgré ces aléas, on espère qu’ils vont continuer à consommer local”, ajoute l’arboricultrice. La clientèle n’est pas complètement au rendez-vous car cet été hors normes a aussi eu pour effet d’étendre la saison des pêches et des melons. Pour la saison prochaine la stratégie de Jangopom sera d’enlever des variétés précoces et de miser davantage sur les variétés tardives. “J’ai envie de rester positive, ça n’était pas catastrophique mais on doit rester vigilant car on fait quand même face à une élévation de nos charges.”, conclut la Gaillacoise. En attendant que le dossier de demande de reconnaissance de calamité soit validé, la Chambre d’agriculture recommande aux exploitants de conserver tous les justificatifs permettant d’attester des rendements de la campagne.