Le Paysan Tarnais 10 août 2020 à 18h00 | Par Flavien Roussel

Déjà 20 ans de moisson au rythme du porte-caisson

Dans les environs de la vallée du Girou, un équipage sillonne les coteaux dans une course contre la montre. Avec plus de 500 ha de céréales à battre, tous les détails comptent.

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Avec 18 tonnes de charge utile et une hauteur de rouleaux à 1,16 m, le porte-caisson AC 180 assure le transport du champ à la ferme à 40 km/h maximum.
Avec 18 tonnes de charge utile et une hauteur de rouleaux à 1,16 m, le porte-caisson AC 180 assure le transport du champ à la ferme à 40 km/h maximum. - © Le Paysan Tarnais

Le mariage entre le porte-caisson et la famille Maronese remonte au début des années 2000. À l'époque, Jean-Paul pressentait une inadéquation entre les équipements et le besoin de main d'oeuvre s'il continuait dans le système traditionnel tracteurs-bennes. Depuis lors, une valse à 3 caissons de 25 m3 assure le mouvement des récoltes du champ au silo.

Dans leurs champs et ceux des clients, tout fonctionnait bien jusqu'à l'arrivée d'une moissonneuse de gabarit supérieur. Il fallait rapprocher les caissons de la machine et le porte-caisson, parfois très chargé, affrontait le coteau. La logistique a donc été revue pour plus de sécurité ; un porte-caisson homologué 40 km/h et un transbordeur ont tour à tour rejoint l'équipe. La nouvelle cadence de récolte découle de principes et de réflexions très poussées.


La moiss-batt ne doit pas s'arrêter

Habitué à l'exercice, Benoit Maronese assure avoir gagné en confort de conduite grâce au porte-caisson AC 180. « Avec l'essieu tandem, il se comporte mieux sur la route que notre ancien porte-caisson qui était en boggie. Avec le freinage pneumatique, c'est très progressif. On ne risque pas de se mettre en porte-feuille. Même en freinant très vite et fort, les pneus ne se bloquent pas ! » L'engin est la garantie d'un flux de récolte élevé avec un chauffeur en moins (voir encadré) mais il ne peut pas poser ses caisses n'importe où.

Le travail en coteaux nécessite une dépose sur les parties plates pour pouvoir lever les caisses facilement et sans danger. Dans cette configuration, il faut bien prévoir le cheminement de la moissonneuse au risque de multiplier les va-et-vient pour vidanger. Face à la course immuable de l'horloge, la famille Maronese a choisi de vidanger en roulant pour maximiser les heures de fonctionnement de la batteuse.

C'est ainsi que le transbordeur a rejoint la flotte en 2018. « Dans nos calculs avant achat, on pensait améliorer de 0,5 ha/h le débit de la moissonneuse, se rappelle Mathieu Maronese. Et ça s'est vérifié ! On atteint 3,14 ha/h. C'est un très bon débit pour une 6 secoueurs dans le relief des coteaux. »


Transborder, c'est gagner

La prestation de battage a augmenté de 3 EUR/ha avec l'arrivée du transbordeur après deux années sans augmentation. « Le client en blé dur y voit vraiment un avantage parce que le débit est meilleur. On rentre un grain aux normes », souligne Mathieu Maronese. Cette vitesse de chantier accrue aurait pu être atteinte avec une batteuse plus grosse « mais il fallait compter 50 à 100 000 EUR de plus ». La perspective d'un achat du transbordeur (environ 40 000 EUR catalogue) en copropriété avec un maïsiculteur des Landes et les avantages de cet outil traîné ont scellé la décision.

L'autoguidage GPS facilite le chantier : « en moissonnant un passage sur deux, on donne au transbordeur davantage d'occasions de se placer sous la vis de vidange, » note l'agriculteur. Suivant les rendements, il est parfois moins sollicité et il attend les instructions. La plupart du temps, le transbordeur vide et revient. « Nous préférons le maintenir en mouvement afin que la batteuse ne se remplisse pas trop. Il peut recevoir le contenu de deux trémies mais nous l'évitons, explique l'agriculteur. Dans les deux cas, on roule avec l'impact le plus faible possible en termes de compaction. » Comme quoi, le rythme de la moisson peut augmenter en préservant les sols.

« Un chauffeur fait autant de travail que deux chauffeurs équipés de bennes »

Trois questions à Loic Devès, co-dirigeant de l'entreprise familiale ardéchoise du même nom.

Qu'apporte le porte-caisson par rapport à la monocoque ?

Quand on discute avec les prospects, on prend en compte la configuration de la ferme. Dans les cas les plus classiques, par exemple en céréales avec 100 à 300 ha. La moisson se fait avec deux tracteurs, deux remorques et deux chauffeurs. Au-delà de 300 ha il faut un bonhomme de plus ! Avec le porte-caisson, vous pouvez en faire autant avec un seul chauffeur.

Par conséquent, on libère du temps-homme. Il n'y a plus besoin de sauter d'un tracteur à l'autre pour assurer la navette n'y d'appeler quelqu'un quand on change de champ pour faire la liaison. Le reste du temps, l'agriculteur gagne en polyvalence. Son outil de dort pas jusqu'à la prochaine moisson comme une benne céréalière. On peut charger des plateaux, des cuves sur berce, des caissons TP ou sur pied, etc... et faire d'autres travaux.

Quelle est la part des modèles vendus avec le freinage pneumatique ?

En porte-caisson, 90 % sont équipés du freinage pneumatique. Les autres sont commandés par des clients dont le tracteur n'a pas cet équipement. Nous proposons l'option à 2 300 EUR. Ce n'est pas excessif. Sur les bennes monocoques, c'est plutôt 25 % de freinage pneumatique sur nos ventes. Il sera obligatoire dès 2025 ce qui va forcer sa démocratisation.

Quel est le retour sur investissement dans un porte-caisson ?

Il est difficile à quantifier tellement les situations sont différentes. Mais quand on considère l'achat d'un porte-caisson neuf avec deux caisses, on est inférieur au prix de deux bennes monocoques neuves. Il faut garder à l'esprit qu'il est plus rentable car il tourne deux fois plus et bouge deux fois plus de grain !

 

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