Le Paysan Tarnais 22 octobre 2020 à 08h00 | Par Flavien Roussel

Hangar photovoltaïque gratuit : un gain d'espace rapide

Basé à Sérénac, le Gaec Mas Griffoul a fait construire deux bâtiments avec location de toiture en 2016. Cet été, un troisième bâtiment similaire a été érigé sur un autre site de la ferme.

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Selon Céline et Cyril Bousquet : "Nous voulions augmenter nettement le bien-être général du troupeau". © Le Paysan Tarnais Les onduleurs (premier plan) sont dans une cage grillagée. En ne le fermant pas, les installateurs souhaitent éviter de créer un abri pour les rongeurs ou autres animaux. Le bâtiment du fond, destiné au stockage est plus  © Le Paysan Tarnais Lors des travaux de fermeture du bâtiment d'élevage, Cyril Bousquet a choisi de laisser ouvert le haut du mur nord. Il a constaté une très bonne ventilation sans courant d'air sur l'aire paillée. © Le Paysan Tarnais

Quelques années après la création du Gaec (en 2005), les associés ont souhaité ajouter de la surface de stockage et baisser la densité d'animaux dans leur bâtiment de travail. Ceci pour accompagner la croissance de la structure. Lors de l'installation, ce dernier avait fait l'objet d'un grand réaménagement. L'objectif était alors de garder toutes les laitières et les génisses non sevrées sur le site de Sérénac et d'élever les génisses de renouvellement dans une ancienne stabulation sur l'autre site de l'exploitation sur la commune d'Ambialet.

Pour préserver le fonctionnement décidé au départ, il fallait néanmoins trouver de la place sur le premier site. Les annuités des investissements et les autres charges de l'exploitation engendraient des demandes de garanties trop élevées de la part des banques. Face aux besoins, la solution des bâtiments gratuits semblait l'option la moins contraignante et la plus rapide à mettre en place.

DU CONFORT AU QUOTIDIEN

«Nous voulions augmenter nettement le bien-être général du troupeau», pointent les agriculteurs. Les vaches laitières en production ont davantage de surface. Dorénavant, un bâtiment abrite les génisses sevrées, les vaches taries et les vaches de réforme. La fixation des panneaux sur le bac acier est faite de façon à laisser l'eau s'écouler correctement. Cette configuration est appréciée par les éleveurs pour son pouvoir isolant en été.

L'autre sert au stockage et monte à 12 mètres au faîtage. «Ils nous a coûté cher en bardage car la surface latérale est grande et qu'il est bardé sur toute la hauteur de presque trois faces», note Cyril Bousquet. Les éleveurs ont pu choisir le constructeur de charpente et ont demandé à avoir le moins de poteaux possible. L'important est de bien dialoguer et de s'assurer que les aménagements prévus (dalles, bardage) ne gêneront pas l'investisseur en termes de rendement et de facilité de maintenance. Sur le deuxième site du Gaec situé à Ambialet, Gérald Rouquette (associé et frère de Céline) dispose du troisième bâtiment photovoltaïque. Il va lui permettre de réaliser une mise aux normes avec fumière couverte. Les génisses profiteront ainsi de plus d'espace et leur ancienne stabulation servira de stockage.

VIGILANCE DANS L'AVANT-PROJET

«Le premier dossier a été posé en 2013, se rappelle Céline Bousquet. Mais l'entreprise qui concevait l'ensemble peinait à fournir les plans. Au final, ils n'ont pas été en capacité de finir le projet.» La disposition des poteaux et la taille des travées «doivent être écrits noir sur blanc». D'autant plus quand c'est un bâtiment d'élevage, selon Cyril Bousquet qui conseille de «ne pas dire oui à toutes les volontés du bâtisseur car le bâtiment doit être fonctionnel».

Un bail lie les investisseurs et les agriculteurs. Sa rédaction mérite une attention particulière afin d'inscrire une clause de renonciation réciproque. Celle-ci empêche les recours contre l'une et l'autre des parties en cas de sinistre. Une copie du bail doit être transmise à l'assurance de la ferme pour qu'elle intègre cette information sans augmenter ses tarifs. La distance entre les nouveaux bâtiments et les anciens a changé la donne en termes d'assurance «notamment quand on compare les frais que nous avions lorsque le stock de paille et de fourrages était dans le bâtiment d'élevage», précise Cyril Bousquet.

UN PLUS POUR PLUS TARD

À ce jour, les éleveurs ne s'occupent pas de surveiller la production. Ils louent la toiture à l'investisseur. Au bout du bail de 30 ans, l'entière propriété leur reviendra sans taxation des plus-values. Ils pourront demander à faire enlever les panneaux ou les garder. Dans ce cas, ils revendront l'électricité. «Nous n'avons pas encore 40 ans, mais selon les calculs du monteur de projet Sofisep, les revenus générés par le photovoltaïque devraient compléter la retraite agricole de chacun», explique l'agricultrice. Le montage a été un moyen rapide de créer de l'infrastructure et de se donner plus de perspectives. Même si le temps de choisir le métier est loin pour les enfants, qu'ils reprennent ou pas l'exploitation, ces bâtiments auront toujours une utilité.

Flavien ROUSSEL

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