Le Paysan Tarnais 17 septembre 2020 à 08h00 | Par F. Roussel

Essais : réussir un couvert, y compris lors d’un été sec !

Plus de 60 agriculteurs et étudiants ont observé des parcelles de couverts végétaux sur les terres de Flamarens le 7 septembre. Des modalités du test ont révélé de belles surprises.

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Les agriculteurs et les étudiants ont constaté de nettes différences en fonction de la date de l’implantation mais aussi des outils.
Les agriculteurs et les étudiants ont constaté de nettes différences en fonction de la date de l’implantation mais aussi des outils. - © Le Paysan Tarnais

La Chambre d’agriculture et le lycée de Flamarens voulaient mener un essai sur les couverts végétaux en conditions sèches et sans irrigation, le déficit hydrique de l’été 2020 les a servi ! Pour ne rien arranger, l’implantation s’est faite sur des boulbènes battants avec près de 1 % de matière organique. Un des objectifs de l’opération était de confirmer l’importance de la date de semis pour assurer une levée rapide. Le précédent était une orge (35 q/ha avec 90 unités d’azote). Moissonnée le 22 juin, les semis ont suivi dès le lendemain sauf pour une modalité pour laquelle l’équipe a attendu 6 jours de plus.

L’IMPACT DE LA DATE DE SEMIS CONFIRMÉ

Les constats visuels seront doublés ultérieurement par des mesures de biomasse. Cependant, ils ont déjà une pertinence début septembre. Les semis directs des modalités paille broyée et ramassée n’ont pas produit une différence marquante. Toujours dans les semis direct, l’apport de 100 kg de 18-46 en localisé ne s’est pas traduit par une pousse franche du couvert. «On suppose qu’il y avait des reliquats azotés de l’orge et ce qu’on a rajouté n’a pas fait de grande différence», notait Yves Ferrié.

À l’inverse, la modalité 3, semée quasiment une semaine après la moisson est bien maigre comparée aux autres. La semence n’a pas pu bénéficier de la remontée capillaire post-moisson qui ne dure que 24 à 48 h, d’où la grande différence. Pour réussir vos couverts d’été, semez «au cul de la moissonneuse» !

UNE MODALITÉ A SURPASSÉ LES AUTRES

Le semis à la volée avec travail ultra-léger du sol est la modalité qui a produit le plus de biomasse. La partie fertilisée s’est aussi démarquée. De quoi mettre un peu de plomb dans l’aile à certaines visions dogmatiques ou seul le semis direct serait la solution à tout. «Cela montre qu’il n’est pas nécessaire d’avoir des outils très perfectionnés, a souligné Yves Ferrié. Un semis au DP12, les disques à 2-3 cm de profondeur et un coup de rouleau, c’est au final peu d’heures de tracteur pour un très bon résultat.»

Si la règle de l’agriculture de conservation des sols est respectée, toutes les tentatives de production de biomasse sont les bienvenues. «Si votre sol est pauvre et mal structuré, il a besoin de travail. Le perturber un peu pour le nourrir grâce aux couverts n’est pas erreur. Priorité à la biomasse !», a répété Yves Ferrié.

COMMENT FAIRE QUAND ON VEUT PRESSER LA PAILLE ?

Qu’on soit céréalier ou éleveur, les journées de moisson sont déjà très longues. Si la main d’œuvre et le temps pour évacuer la paille manque, il est toujours possible de semer entre les andains. Les agriculteurs qui le font s’assurent ainsi une vigueur de lever du couvert. Dès les bottes enlevées, suivant la météo des jours qui suivent la moisson, ils peuvent combler les zones non semées.

Une autre solution consiste à semer quelques jours avant la moisson. L’épandeur centrifuge peut assurer le travail en passant dans les traces de pulvé. Des agriculteurs présents ont partagé leur expérience et conseils sur le sujet. Si l’écart est de 24 m, il ne faut pas s’attendre à un recouvrement parfait. En effet, la balistique des graines complique l’envoi au-delà de 18 m. Il est également possible d’installer des légumineuses dans les céréales au printemps.

MENER LE COUVERT COMME UNE CULTURE DE RENTE

Les techniciens présents ont rappelé qu’il ne fallait pas oublier la fumure afin de maximiser la pousse des couverts. «Vous investissez du temps et de l’argent pour les implanter. Il ne faut pas mégotter sur la fertilisation car on peut gagner deux fois plus de biomasse.» Même si les effets sous la surface ne sont pas visibles de suite, l’utilisation de la photosynthèse au moment où l’ensoleillement est le plus long est tout le contraire d’un mauvais pari. Les essais de Flamarens ont montré qu’on peut manquer d’eau mais que les solutions ne tarissent pas.

F. Roussel

- © Le Paysan Tarnais

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