Le Paysan Tarnais 11 juin 2020 à 08h00 | Par D. Monnery

La ferme tarnaise prépare son plan de relance

Le Bureau de la Chambre d’agriculture du Tarn a validé un plan de relance qui répond à trois défis majeurs et s’articule autour de quatre axes. Le président, Jean-Claude Huc détaille les enjeux.

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> Quelles sont les filières en difficulté dans le Tarn ?

Les contraintes imposées lors du confinement ont mis en difficulté les exploitations engagées en vente directe, sur les marchés, ou dans l’approvisionnement de la restauration collective, notamment. Pour elles, l’impact a été direct. La viticulture connaissait des problèmes sous-jacents que le confinement a exacerbés. Certaines productions comme les veaux de boucherie ont connu quelques problèmes avec l’arrêt des marchés physiques. On s’attend aussi à des problèmes de chiffre d’affaires en aviculture et canards gras où les donneurs d’ordre ont réduit les mises en place. Certaines filières laitières en circuits très spécialisés ont aussi été fragilisées… Globalement, on n’a pas encore vu toutes les conséquences de la crise qu’on traverse, il y en a qu’on découvrira plus tard.

> Quelles mesures seront mises en place ?

L’agriculture est présente sur tout le territoire du Tarn, dans chaque commune. C’est une source d’emploi et d’équilibre économique. Ruralité et département sont étroitement liés. Il faut favoriser la diversité des exploitations, dans l’idée d’une dynamique territoriale, pour approvisionner le marché au plus près. Pour cela il faut un plan de relance accessible à toutes les exploitations sur tout le territoire. On travaille dès maintenant à une agriculture durable pour le maintien des exploitations familiales tout en leur apportant une vision à long terme. Pour la pérennité des exploitations, il faut aider les agriculteurs à être plus compétitifs sur le marché, local ou pas, c’est primordial.

Pour décliner nos quatre axes en actions plus précises, le travail avec les collectivités locales est primordial. La communication entre les agriculteurs et leurs voisins est aussi très importante pour garder une ruralité vivante. Nous voulons faciliter la reprise-transmission, et montrer qu’il est important de ne pas être seul et d’avoir des relations avec ses voisins pour une cuma, une tournée laitière, etc. Le fait que nous n’ayons pas de production légumière organisée dans le Tarn est un vrai défi à relever, il faut qu’on l’organise. Nous n’avons pas non plus de vraie recherche de valeur ajoutée sur la production laitière, or c’est un enjeu de demain pour le Tarn.

> Y a-t-il un calendrier pour le déploiement des ces orientations stratégiques ?

Nous ne sommes pas sûrs de pouvoir en fixer un. Il faut mettre en oeuvre et enclencher les mécanismes pour que les agriculteurs puissent arriver à cet objectif. Tout dépendra des moyens qu’on pourra débloquer. Il est donc nécessaire de travailler dès maintenant, et de faire en sorte que toutes nos actions convergent vers ces objectifs dès à présent. Il faut profiter de ce moment pour se poser les bonnes questions. L’État doit mettre les moyens pour qu’on aille dans ce sens. L’agriculture est le secteur économique présent sur tout le département et toutes les communes, on est au nœud de l'aménagement du territoire.

Propos recueillis par D. Monnery

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