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Les premiers brasseurs d'air installés dans le département

À Bellegarde, la ferme de Fonlabour, a été le lieu d'un atterrissage spécial qui s'est déroulé au plafond. Après 10 jours de fonctionnement, les effets sur le bâtiment et le troupeau sont visibles.

Jusqu'alors vierge de tout outillage, le plafond de la stabulation de la ferme du Lycée Agricole de Fonlabour arbore désormais trois gros brasseurs d'air faits de pales en aluminium. Chaque rotor est muni de 5 lames qui ont pour objectif de produire un brassage homogène dans le bâtiment (1200m², 72 places au cornadis). Eric Cintas (Maison de l'élevage) a accompagné le projet et ne manque pas de rappeler le con-texte climatique des dernières années. «L'augmentation des températures a un effet indéniable sur le confort des troupeaux et leur productivité. Les canicules comme celle de fin juin entament la production de plusieurs litres par vache et par jour», souligne le technicien qui ne manque pas de rappeler que les cheptels allaitants souffrent aussi : «en été, on constate jusqu'à 50 % de perte de GMQ si les bêtes sont mal ventilées.» Pour autant, le simple fait de ventiler ne suffit pas. Les installations de ventilateurs horizontaux «produisent des couloirs d'air frais et d'air chaud. Ce qui génère des ambiances hétérogènes dans les bâtiments», précise Eric Cintas.

Afin de valider la nouvelle installation su site de Bellegarde, Jacques Capdeville (Institut de l'élevage) et un stagiaire ont fait des relevés de températures, d'hygrométrie, de vitesse de l'air et de rayonnement pour déterminer les zones de confort et les zones de stress thermiques qu'il peut y avoir dans la stabulation. Pour Serge Touzanne, le responsable de la ferme, un des premiers effets de la ventilation s'est vu dans la baisse de la consommation de l'asséchant pour la litière. D'autres économies se profilent à l'horizon : «On va être en mesure de réduire le nombre de curages de l'aire paillée. Ce sera une fois par semaine au lieu de deux avant la mise en place des brasseurs, d'où une économie de paille. On a divisé la consommation de paille par deux. Pour le moment, on voit déjà que les vaches sont plus propres et qu'elles réutilisent davantage l'aire paillée», constate-t-il. Les laitières ne recherchent plus le contact du béton pour essayer de se refroidir. Les brumisateurs, eux, deviennent inutiles avec ce système.

Le temps dédié au bâtiment devrait donc diminuer à terme. Au-delà du confort et de l'ambiance, c'est la performance du troupeau qui peut produire un retour sur investissement rapide, pour qui installerait un système de brasseurs verticaux. Eric Cintas, de la Maison de l'élevage, a mesuré une baisse de production moitié moins importante sur ce troupeau : «entre juin et juillet, le contrôle laitier a enregistré une baisse de production de 25 à 30 % dans le département. Ici, elle a été contenue à -14%.» Il estime que le retour sur investissement de la ferme de Fonlabour sera effectif dans 4 ans, grâce aux gains de production mais aussi aux primes de lait d'été. Equiper le bâtiment et la salle de traite d'une gaine de ventilation a nécessité 19 000 HT d'investissement qui sont éligibles au PCAEA. Outre l'amélioration flagrante de l'ambiance, le gain de confort des vaches est indéniable. Constat que les tourterelles et autres volatiles ne peuvent plus faire depuis l'installation des brasseurs ; les oiseaux ont déserté les lieux... et ne sont pas revenus à l'heure où nous bouclons ce numéro.

F. Roussel

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