Le Paysan Tarnais 28 janvier 2021 a 08h00 | Par David Monnery

Mobilisation pour une juste rémunération des agriculteurs

La FDSEA et JA du Tarn ont rencontré deux directeurs de supermarchés albigeois pour demander l’application de la loi Egalim alors que les négociations commerciales démarrent dans un climat tendu.

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Esprit des États généraux de l’alimentation où es-tu ? Alors que la pandémie de coronavirus a remis le rôle essentiel des agriculteurs sur le devant de la scène, voilà que les négociations commerciales entre les transformateurs et les distributeurs, qui ont lieu jusqu’au 1er mars, démarrent dans un climat particulièrement tendu... "La grande distribution, peu réceptive aux tarifs proposés par les fournisseurs, pousse à la déflation, en ne prenant pas en compte la hausse des coûts de production à l’amont", déplorent la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs dans un communiqué commun. Un appel à la mobilisation nationale a donc été émis pour le mercredi 20 janvier. Des responsables tarnais des deux syndicats ont ainsi demandé audience auprès de deux directeurs de supermarchés albigeois pour militer en faveur d’une juste rémunération des agriculteurs. Les directeurs de Leader Price et de Leclerc ont accepté de les recevoir pour échanger.

"On leur a rappelé que, comme eux, nous avons participé à "l’effort de guerre" pendant le confinement et qu’il fallait qu’on retrouve de la valeur ajoutée, indique Laurent Viguier, co-secrétaire général de la FDSEA. Malheureusement, on nous presse lors des négociations commerciales… On a donc demandé aux directeurs de faire remonter auprès de leurs grandes centrales que nous ne sommes pas contents des prix et de la tournure des négociations actuelles."

"La grande distribution a pourtant tiré de vrais profits cette année, relèvent la FNSEA et les JA. À l’inverse de la plupart des secteurs en France, les grandes surfaces alimentaires ont augmenté leur chiffre d’affaires de l’ordre de 1,8% en 2020."

Pourtant "on n’a pas vu la différence sur nos revenus depuis la mise en place de la loi Egalim", constate Sylvain Laganthe, vice-président des Jeunes Agriculteurs du Tarn.

La solution ? "La construction de prix en marche avant doit devenir la règle", déclare Marie-Line Bruel, vice-président de la FDSEA. "Il est primordial que la part de contrats prenant en compte les indicateurs augmente massivement, conformément aux engagements pris par chacun dans les États généraux de l’alimentation, notent les syndicats. Avec de tels comportements, nous sommes encore loin de la bonne application de la loi Egalim, avec des prix construits en marche avant de l’amont vers l’aval des filières et une prise en compte des coûts supportés à l’amont et transmis jusqu’au consommateur. Les prix payés aux producteurs n’intègrent pas suffisamment les coûts de production."

Or, la souveraineté alimentaire du pays, grand thème du moment, dépend en grande partie de la juste rémunération des agriculteurs. "Dans cinq ans, 45% des agriculteurs seront en âge de prendre leur retraite. C’est grâce à un revenu attractif que ce renouvellement des générations pourra se faire : il en va donc ainsi de la responsabilité de l’aval de mettre en place des partenariats vertueux à travers des contrats engageants en termes de prix et de volume avec les agriculteurs."

D. Monnery

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