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Agriculteurs et consommateurs : «J’ai besoin de rencontrer les producteurs pour être rassurée»

Direction des allées du salon Régal, les rencontres gustatives, alimentaires et ludiques d’Occitanie qui se sont déroulée mi-décembre à Toulouse. Le Paysan Tarnais y a interrogé des consommateurs. Témoignages.

Nicole et sa sœur Christine, deux Toulousaines, viennent tout juste d’acheter du fromage et discutent avec un producteur de porcs qui propose sur son stand différents produits : du jambon jusqu’aux bocaux de pâté. «On vient chaque année dans ce salon. Pour nous ce qui est le plus important, c’est d’avoir une vision précise des conditions dans lesquelles sont produits les aliments que nous mangeons», commence Nicole. Christine complète : «J’ai besoin de rencontrer les producteurs pour être rassurée», avoue t-elle. Quand on lui demande ce qu’elle attend des relations avec un producteur, elle hésite : «Je suis d’abord soucieuse de connaître le fonctionnement de sa ferme, les modes d’élevage ou de culture. Mais c’est aussi important de savoir comment il vit, s’il s’en sort, quelles sont les difficultés qu’il rencontre.»

Les deux femmes semblent bien informées des contraintes du monde agricole. «Nous sommes originaires du monde agricole, mais c’était il y a longtemps. On a du mal à imaginer que les paysans d’aujourd’hui croulent sous autant de règlementation, de normes, d’obligations.» Christine n’est pas tout à fait d’accord avec sa sœur : «Moi je pense que c’est bien que le monde agricole change et surtout qu’on lui impose des normes en matière d’environnement et de bien-être animal. On voit tellement de choses à la télévision qu’on en vient à se demander ce qu’on mange vraiment…»

La discussion s’engage avec le producteur en face d’eux. «Que ferez vous demain s’il n’y a plus d’agriculteurs autour de vous pour manger, mesdames, à cause des contraintes administratives ou de la pression des grandes surfaces ou des intermédiaires sur les producteurs pour faire baisser les prix ? Il faut nous défendre !» Elles acquiessent. Oui mais… «Vous avez quand même l’image d’une profession hyper subventionnée et pas toujours pour développer des pratiques écologiques, non ?»

Difficile pour le producteur d’expliquer simplement la PAC, les aides… «Nous préférons vivre de notre travail plutôt que de l’argent de l’Europe ou de l’Etat. Mais le soutien à l’agriculture française est indispensable», argumente-t-il. «Vous voyez, nous dit Nicole en riant, c’est tout l’intérêt de pouvoir rencontrer les producteurs sur des salons ou sur les marchés. Je crois qu’ils ont beaucoup à nous apprendre… Après, il faut aussi savoir les écouter et ne pas se fier aux a priori…»

«Avant tout, c’est une relation de confiance»

Gilbert vient du Tarn-et-Garonne. Ce retraité est venu au salon pour rencontrer deux producteurs a qui il achète régulièrement des produits. «Du vin et du fromage, il n’y a que ça de vrai !» plaisante-t-il. Il discute à batons rompus avec Didier et son épouse, qu’il connait bien. «On s’est rencontré sur une foire. J’ai acheté quelques bouteilles de leur vin et j’ai trouvé qu’il était très bon. Alors je l’ai recontacté et nous sommes mêmes allés sur son domaine dans les Corbières, l’été suivant. Depuis, nous commandons chaque année du vin chez lui.»

Pour Gilbert, la condition sine qua non, c’est de pouvoir voir de ses yeux comment sont faits les produits. «Avant tout, c’est une relation de confiance. Lorsque nous sommes allés chez Didier avec mon épouse et des amis, il nous a ouvert ses portes. On a visité, on a posé toutes les questions qu’on voulait et il a toujours répondu. Et on a dégusté aussi !» se souvient le retraité malicieux… Didier, de son côté est entièrement d’accord. «Cette relation de confiance est primordiale. Il faut savoir présenter son métier, vulgariser mais tout en montrant que nous sommes professionnels, qu’être vigneron, ce n’est pas simplement mettre du jus de raisin fermenté en bouteille… On prend le parti de tout expliquer, et autant que possible de faire visiter l’exploitation. Du coup, certains clients se sentent tellement bien que ce sont devenus des amis.»

Propos recueillis par A. Renault


Retrouvez les différents témoignages dans l'édition en ligne

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