Dossier Territoire Monts d'Alban et Villefranchois
Agriculture / Rugby : là où le "don de soi" va de soi
Joueur de rugby à l’USC Alban depuis son plus jeune âge, Antoine Bermond est également salarié agricole sur une exploitation bovine à Fraissines. Il prévoit d’ailleurs de s’y installer en 2027.
Joueur de rugby à l’USC Alban depuis son plus jeune âge, Antoine Bermond est également salarié agricole sur une exploitation bovine à Fraissines. Il prévoit d’ailleurs de s’y installer en 2027.
“Notre club a toujours été le petit poucet. Le village qui vit pour le rugby.” Depuis ses 10 ans, Antoine Bermond n’a jamais mis de côté sa passion pour la ballon ovale. “C'est le sport qui me fait du bien et que j’aime”, présente-t-il. Hors des terrains, le natif de Villeneuve-sur-Tarn travaille sur une exploitation bovine en tant que salarié et envisage l’avenir avec ambition.
L'installation, la suite logique
Fils d’éleveur, Antoine a grandi en campagne et a été bercé par la rigueur du monde agricole : “Mon père élève des vaches. J’ai grandi dans ce milieu et j’ai toujours eu envie d’en faire mon métier.” Aujourd’hui à 27 ans, le Tarnais s’occupe d’un élevage de Veau d'Aveyron et du Ségala en label (80 mères) ainsi que d’un atelier de canards prêts à gaver (entre 30 et 40 000 animaux par an). Il est conquis par le rythme que lui impose cette activité et prévoit de s’associer à Jérémy, son employeur, dès l’année prochaine : ”J’apprécie beaucoup de travailler en extérieur auprès des bêtes. C’est aussi très plaisant de ne pas avoir de réelle routine et de devoir toujours faire face à des imprévus.” Son projet va entraîner un regroupement d’exploitations et donc une augmentation de SAU et du nombre de bêtes. Simplement salarié pour le moment, il n’en est pas moins impliqué par le devenir de la ferme et de sa production : “Les prix de vente ? Nous avons passé une période très correcte mais actuellement, ça recommence un poil à chuter. La consommation humaine évolue continuellement mais je ne suis pas trop inquiet car je pense qu'il manquera de la viande dans les années à venir. De plus, notre label protège le produit. C’est la récompense d’une astreinte importante, notamment matin et soir pour la tétée.” S’il passe une majeure partie de sa semaine dans la stabulation ou dans les champs, Antoine Bermond trouve néanmoins le temps de chausser les crampons et filer au rugby, coupure indispensable à son équilibre de vie.
"Ne rien lâcher, c'est dans notre ADN"
Avec en moyenne deux entraînements et un match par semaine, l’éleveur accorde une place important au rugby. Numéro 7 depuis quelques années, ce supporter du Castres Olympique a pourtant démarré à l’arrière, puis à l’aile et au centre. “Je suis assez polyvalent”, sourit-il. Une qualité qu’il doit quotidiennement mettre en application sur la ferme. “Depuis que je suis au club je joue avec les mêmes coéquipiers même si, lorsqu’on est montés (en Fédérale 2), on a dû se renforcer pour amener de la concurrence”, commente le troisième ligne aile. À l’issue de cette saison, l’équipe première ainsi que sa réserve se sont inclinées en barrage au terme d’une année réussie. Les plusieurs centaines de spectateurs assidus chaque week-end auront bien vibré au Stade Puech Sabatié : “Avoir une équipe en fédérale 2, pour un village de moins de 1 000 habitants, c’est génial. On sait que nous sommes sur un territoire rugbystiquement fort. Notre ADN, c’est de ne rien lâcher, et de faire vivre le ballon au maximum durant les matchs. Tout cela fait notre force”, décrit le rugbyman.
Comme lui, une poignée de joueurs de son équipe exercent dans l’agriculture. Deux environnements bien différents qui affichent cependant plusieurs valeurs communes. L’entraide, bien sûr, comme dans les rucks ou entre voisins pendant l’ensilage, mais aussi et surtout un profond engagement personnel qui va bien au-delà du simple plaisir : “Le sport collectif, c’est selon moi très important dans le développement d’un jeune. On apprend à vivre avec les autres. Le rapprochement que je pourrais faire entre l’agriculture et le rugby ? Le don de soi. On y met du cœur, et parfois même aux dépens de notre santé !”