Climat
Canicule : l'agriculture tarnaise continue de souffrir
Les ensilages de maïs ont déjà démarré dans certaines exploitations, une précocité inédite. La vigne résiste encore, mais le manque de pluie inquiète.
Les ensilages de maïs ont déjà démarré dans certaines exploitations, une précocité inédite. La vigne résiste encore, mais le manque de pluie inquiète.
Après plusieurs jours de fortes chaleurs, les conséquences de la canicule continuent de se préciser dans les exploitations agricoles. Si la semaine dernière nous évoquions les difficultés rencontrées par les cultures de maïs, de tournesol et les animaux, la vigne montre pour l'instant une certaine résistance, tout en restant particulièrement vulnérable si la sécheresse se prolonge. À Rabastens, le viticulteur Roland Legrand constate “qu’étonnament, il n’y a pas encore de brûlures comme on avait eu en août dernier. Ceux qui souffrent le plus, ce sont les plantiers et les jeunes plants, dont le système racinaire n’est pas encore assez développé pour aller chercher l’eau en profondeur”. Pour lui, le principal danger réside aujourd'hui davantage dans l'excès de chaleur que dans le manque d'eau. Les épisodes de températures très élevées accompagnées de vent provoquent un véritable “effet sèche-cheveux”, pouvant brûler les grappes malgré l'irrigation. Afin de limiter les dégâts, “on écime large pour garder de l’épaisseur au feuillage et éviter les grappes à la fenêtre. On applique aussi une solution à base d’argile pour blanchir la vigne et renvoyer les rayons du soleil. Mais ça ne fait pas tout”. La vigilance reste de mise pour les semaines à venir, “il faudrait rapidement de l’eau d’ici les vendanges pour qu’on ne perde pas les récoltes. S’il ne pleut pas, le risque c’est que la maturité se bloque et qu’on perde en qualité”. Les vendanges s’annoncent d'ailleurs particulièrement précoces, “d’ici un mois et demi” selon le producteur tarnais.
Dans les élevages, la canicule accélère également les décisions de récolte. À Castres, Lionel Aussenac, éleveur bovin lait, a commencé l’ensilage le 2 juillet, “du jamais vu” sur son exploitation. “Nous avons pris la décision de sauver le maïs pour nourrir nos vaches laitières. Ce sont des maïs semés fin mars en indice tardif et non irrigués”, précise l’éleveur. Cette récolte anticipée aura toutefois un coût : les épis n'ayant pas achevé leur développement, il devra acheter du maïs grain pour compenser le déficit énergétique de la ration. Après ces vagues de chaleur successives, les regards se tournent plus que jamais vers le ciel. Sans précipitations suffisantes et avec des températures toujours aussi élevées, les conséquences de la canicule pourraient encore plus s’aggraver dans les semaines à venir.