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Christiane Lambert : «La loi nous armera pour aller chercher du prix et de la valeur»

Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, est venue à la Chambre d’agriculture pour parler des États généraux de l’alimentation. Elle a aussi dialogué avec les représentants de la FDSEA du Tarn. Extraits.

© Le Paysan Tarnais

Visite express, mais intense. La présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, a passé quelques heures à Albi, lundi 11 décembre, pour parler des États généraux de l’alimentation (EGA) en marge de la session de la chambre d’agriculture. «C’est un sujet important pour nous, producteurs, qui n’arrivons plus à couvrir nos coûts de production, mais que pouvons nous en attendre ?», a introduit en substance le président de la Chambre d’agriculture du Tarn, Jean-Claude Huc, en présence des élus parlementaires et du président du Conseil départemental.

L’occasion pour Christiane Lambert de rappeler devant une salle comble que ces EGA «ne sont pas tombés de nulle part». Ils sont «le fruit d’un travail que nous menons depuis plusieurs années», revendique la représentante du premier syndicat d’agriculteurs. Une alimentation plus «sûre et plus qualitative mais toujours moins chère, ça ne peut pas durer, on touche le fond», déplore-t-elle. Et de pointer la grande distribution comme principal responsable de ces difficultés économiques. «Les clés du camion à quiestlemoinscher.com, c’est le désastre économique auquel on assiste. (…) Un prix ne se décrète pas, il se construit.» C’est pourquoi la FNSEA a milité pour aboutir à une loi qui encadre les pratiques.

«C’est maintenant ou jamais»

La première victoire a sonné «quand le Président de la République, Emmanuel Macron, a déclaré que la guerre des prix ne fait que des perdants. Notre loi est sur la table pour début janvier», se félicite Christiane Lambert. Ce texte doit permettre d’agir sur trois points. D’abord l’encadrement des promotions car «quand on propose du porc à 1,98€/kg, plus personne ne veut l’acheter à 6€/kg», souligne la chef de file de la FNSEA. Ensuite le relèvement du seuil de revente à pertes : «Quand un distributeur achète un stylo ou un yaourt à un euro, il ne doit pas pouvoir le revendre au même prix. Il doit répercuter ses coûts de fonctionnement. C’est ça qui crée de la valeur». Et enfin le droit de la concurrence : «Quand des associations de producteurs s’entendent pour faire monter les prix, elles se font taper sur les doigts, alors que quand la grande distribution se concentre pour faire baisser les prix on laisse faire...»

Cette loi «nous armera pour aller chercher du prix et de la valeur». Mais «Emmanuel Macron, c’est le champion du donnant-donnant», commente Christiane Lambert. En contrepartie, il demande donc «d’organiser nos filières pour mieux répondre aux attentes des consommateurs. Cela aura du bon pour booster nos interprofessions, positive-t-elle. On n’a pas le droit d’échouer sur cette loi et sur les contrats de filière, c’est maintenant ou jamais !»

Glyphosate

Christiane Lambert a également évoqué le deuxième chantier des EGA, centré sur le sanitaire, la transition écologique, le gaspillage alimentaire et l’éducation à l’alimentation. Elle a ainsi pu revenir sur la cacophonie qui a accompagné la reconduction de l’autorisation d’utiliser le glyphosate pour cinq ans par l’union européenne. «Il y a eu beaucoup d’idéologie sur ce point, alors qu’il nécessite qu’on en parle avec finesse et discernement. On ne peut pas ignorer l’opinion publique, mais ce qu’il faut au final c’est une décision scientifique.» C’est pour cela qu’elle se dit «déçue» de la position d’Emmanuel Macron et de son «déni d’Europe» quand il a tweeté vouloir interdire le glyphosate en France d’ici trois ans, malgré l’avis de Bruxelles. Ce n’était qu’une posture électoraliste «pour satisfaire l’opinion», déplore Christiane Lambert. Pour elle, l’essentiel est dans la déclaration du ministre de l’Agriculture et de l’alimentation, Stéphane Travert, qui a précisé que ces trois ans sont l’horizon que la France se donne pour trouver des alternatives et que, faute de solution l’engagement européen prévaudra. «Cela veut dire qu’on continue avec le glyphosate mais qu’on cherche plus vite», conclut Christiane Lambert.

D. MONNERY

 

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