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Semis
Colza en manque d’eau : est-il encore temps de semer ?

© Terres Inovia

Le manque de pluie est responsable des difficultés d’implantation du colza et la majorité des secteurs sont dans l’attente d’une pluie suffisante permettant d’assurer la levée et un début de croissance. Dans les quelques secteurs qui ont bénéficié de pluies localisées suffisantes (Dordogne, Lot-et-Garonne, Sud Haute-Garonne), les semis réalisés en août démarrent bien ; ces situations sont malheureusement très minoritaires.

De nombreuses parcelles non levées ou non semées au 15 septembre

Parmi les secteurs les plus pénalisés on citera le Gers, l’Aude, le Tarn, le Tarn-et-Garonne et le secteur du Lauragais à l’Est de Toulouse. Des pluies sont espérées pour faire lever les graines semées et/ou de réaliser les semis dans ces secteurs, on estime qu’environ plus de 80 à 60% des surfaces ne sont pas semées à ce jour. Si la période optimale de semis est maintenant dépassée, il est envisageable de semer sous certaines conditions. La dynamique de développement de la plante avant l’hiver et la gestion du risque lié aux insectes d’automne sont les deux contraintes à considérer. En effet, à partir d’aujourd’hui, la levée du colza puis le développement des jeunes plantes va se dérouler sur une période où les températures et la longueur du jour sont de moins en moins favorables à la croissance.

Est-il encore envisageable de semer et jusqu’à quand ?

Trois questions pour savoir si vous pouvez encore semer : selon votre situation pédoclimatique (question 1) et si vous répondez oui aux questions 2 et 3, alors un semis est encore possible. Attention, chaque jour compte et dans tous les cas, les chantiers de semis devront être terminés avant fin septembre.

1/ Quel est mon type de sol, mon secteur ?
Si vous êtes dans un secteur avec un risque de froid précoce à l’automne (comme le piémont pyrénéen, zones d’altitude en Aveyron), qui pénaliserait fortement la biomasse entrée hiver, le semis est déconseillé. Globalement, un semis sur des terres froides, boulbènes ou hydromorphes sur l’ensemble du territoire est également déconseillé.
Dans les autres situations, un semis est envisageable.
2/ Est-ce que mon sol est prêt, affiné en surface et bien structuré ?
Si votre sol n’est pas prêt et qu’un passage d’outil est nécessaire, il est déconseillé de semer. Dans cette situation, vous êtes en attente d’une pluie pour passer votre outil : passage qui asséchera le premier horizon du sol et repoussera d’autant plus le semis de la culture.
Si votre sol est prêt et la structure adéquate, il est possible de semer : les prochaines pluies vont permettre au colza de lever.  Attention, dans ces situations, un impact probable sur le potentiel de rendement est à prévoir et le colza sera au stade le plus sensible en plein pic de vol altise. Une prise de risque et un suivi accru de la culture à prévoir.
3/ Est-ce que je suis en capacité de suivre la culture quotidiennement une fois levée ?
Avec un semis tardif la levée va se dérouler sur la période de vol de la grosse altise adulte, ravageur le plus fréquent à l’automne sur notre territoire.
Pour toutes les levées tardives, a fortiori celles qui auront lieu à partir du 20 septembre, il faut d’ores et déjà s’attendre à faire face à des attaques d’adultes de grosses altises dès la levée et potentiellement importantes, avec un risque de perte de la culture sur les secteurs historiquement les plus concernés.
Dans ces situations, un suivi journalier est primordial jusqu’à 4 feuilles du colza.
Lorsque la culture n’est pas suivie et que le seuil d’intervention insecticide est dépassé, il n’est pas rare qu’une attaque par ce ravageur entraîne une perte de la culture.
www.terresinovia.fr

Pour les semis à réaliser d’ici fin septembre

Objectif : faire face aux pertes éventuelles de pieds à la levée, aux attaques d’altises adultes début octobre. Des modalités de semis adaptées pourront permettre de limiter les dégâts
Semis : mettre tous les atouts de son côté
• Augmenter les densités de semis, de l’ordre de 15-20% par rapport à un semis à date optimale : soit 40 à 45 graines /m² avec un semoir monograine.
• Appliquer un engrais starter (à base de phosphore et d’azote) dans la ligne de semis pour améliorer la vigueur de départ de la culture et permettra aux jeunes plantes de mieux tolérer les attaques de grosses altises. Attention à respecter la réglementation dans les zones vulnérables : à partir du 1er septembre, l’apport d’azote devra être dans tous les cas, localisé dans la ligne de semis et inférieur à 10 unités.
• Pratiquer un roulage : le roulage, de préférence après le semis (hors terres battantes : boulbènes …) provoque un effet de perturbation de l’habitat de la grosse altise et de ce fait en limite les attaques. Cette technique offre des résultats positifs exceptés en sols trop motteux, après un labour par exemple.
• Protéger la levée des attaques de limaces dès le semis en cas de pluie significative.
Vérifier la faculté germinative de vos graines semées (risque de graines «chauffées» ou de perte par prédation). Pour ce faire, arroser généreusement plusieurs placettes d’1m² dans vos parcelles :
• Si aucun colza ne lève : remplacement de la culture obligatoire
• Si les colzas lèvent avec une densité de 10-15 pieds/m² : tout n’est pas perdu. La survie de la parcelle dépendra du retour des pluies et de la date de levée.
Surveillance quotidienne de la parcelle de la levée au stade 4 feuilles
Tout l’enjeu sera de limiter les attaques de la grosse altise entre la levée et le stade 4 feuilles du colza. A partir de 4 feuilles, le colza peut faire face à ces attaques sans perdre de vigueur et ne nécessite plus de protection insecticide vis-à-vis de cet insecte. Deux outils sont à votre disposition :  
• le bulletin de santé du végétal pour vous alerter, 
• l’outil d’aide à la décision “ Risque altise adulte” pour évaluer le risque et proposer une recommandation.
Comment gérer le désherbage ?
Face aux incertitudes climatiques auxquelles vont venir s’ajouter les risques liés aux adultes de la grosse altise, la probabilité de réussite du colza est moins élevée qu’en condition optimale avec des levées d’août ou début septembre. Il est donc préférable de limiter les frais à l’implantation notamment sur le poste désherbage. Les applications de post semis prélevée à base de métazachlore, napropamide, quinmérac ou encore pendiméthaline (liste non exhaustive) seront contraignantes dans le cas du remplacement du colza, en particulier avec les céréales et protéagineux d’hiver. Par ailleurs, avec des levées tardives de ray-grass (flore habituellement pratiquée sur des levées précoces), les conditions d’applications de la propyzamide à l’automne/hiver, sur des populations moins développées devraient se montrer satisfaisantes. Une application de pré-levée étant bien entendu possible dans les cas les plus difficiles. Attention aux applications de post levée précoce, qui certes garantissent d’intervenir sur une culture en place, mais vont présenter sur graminées des efficacités en retrait par rapport à celles attendues en pré-levée.
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