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Technique
Conservation des sols : testez vous-mêmes ce qui peut marcher chez vous !

Le 18 septembre, la chambre d’agriculture et la FDCuma du Tarn organisaient une journée intitulée «Un sol vivant pour une agriculture performante» à Viviers-les-Montagnes. Le Paysan tarnais a préparé un dossier sur le sujet. Extrait.

 

300 personnes ont participé à la journée «Un sol vivant pour une agriculture performante» organisée par la chambre d’agriculture et la FDCuma du Tarn le 18 septembre dernier à Viviers-les-Montagnes. Frédéric Thomas, agronome et spécialiste des TCS, a apporté son expérience et celles des agriculteurs qu’il rencontre, un peu partout en France et ailleurs. Plusieurs points sont revenus dans son discours. Déjà, l’importance pour les agriculteurs de reprendre en main la conduite technique de leurs cultures. «Si vous êtes convaincus par l’intérêt de travailler avec un sol vivant et les techniques culturales simplifiées, n’attendez pas qu’on vous donne une recette miracle ! C’est à vous de tester et de comprendre, petit à petit, ce qui marche ou pas, sur votre exploitation. Il y aura des accidents, mais c’est comme ça qu’on apprend ! Allez-y ! Explorez ! Et échangez vos idées ! Avec vos voisins ou au sein des Cuma, cette partie «recherche et développement» indispensable à notre métier retrouve peu à peu sa place dans les fermes !»

 

Tout au long de la journée, Frédéric Thomas est également régulièrement revenu sur l’importance de la localisation de la fertilisation. En effet, la simplification du travail du sol, et notamment le semis direct dans des repousses ou des couverts, limite fortement les disponibilités en azote voire en phosphore. Cela pénalise souvent la levée et le démarrage des cultures. «Dans les associations de graminées et de légumineuses, c’est la légumineuse qui se développera aux dépens de l’autre culture lorsque la fertilité disponible est limitante. La localisation de la fertilisation est un très bon moyen d’éviter cela. Pour les cultures de printemps, elle est quasiment obligatoire. Il faut penser à apporter de l’azote mais aussi du phosphore. C’est aussi stratégique pour les semis de céréales dans les prairies. Il est également très intéressant de fertiliser les couverts. La reprise de la fertilité est ainsi plus rapide au printemps !» Aujourd’hui de nombreux semoirs sont équipés de plusieurs trémies avec différentes solutions pour positionner une fertilisation «starter» proche ou dans la ligne de semis.

 

Des témoignages

Au cours de la matinée, des agriculteurs tarnais ont témoigné de leur expérience sur les techniques culturales simplifiées. Eric Mazars par exemple, qui a repris avec son épouse, Valérie, une exploitation de 50 ha à Montans en 1998. Toujours conduites en labour, les boulbènes étaient très battantes et humides avec des taux de matière organique qui pouvaient descendre jusqu’à 0,8% de MO. «Nous avons décidé de poser la charrue. Les CTE nous ont donné l’opportunité de nous lancer dans les couverts végétaux. Ce n’était pas évident parce qu’à l’époque, le système était très peu répandu et nous manquions de références. Aujourd’hui, nous implantons chaque année 20 ha d’une association navette fourragère / féverole. Entre 5 et 7 tonnes de matière sèche sont ainsi restituées au sol. Derrière les cultures sont plus jolies, avec des levées vigoureuses et des économies réalisées en azote et en eau. Nous n’utilisons plus d’anti-limaces sur maïs, blé et féverole et nous n’observons plus de nématodes sur blé ni de sclérotinia sur le soja. Je fais aussi des essais de semis direct de soja. Ces techniques culturales simplifiées nous font gagner du fioul et du temps de travail. Tout cela va dans le même sens : transmettre un «patrimoine sol» de meilleure qualité !»



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