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Ail
Des conseils pour bien évaluer la maturité à la récolte

La date de récolte est déterminante pour rentrer une production de qualité. Voici quelques conseils pour vous aider dans la conduite de vos chantiers.

© CA81

La date de récolte est déterminante pour une production d’ail de qualité : aspect, couleur, qualité sanitaire et aptitude à la conservation.

A quoi correspond la maturité à la récolte ?

La maturité à la récolte correspond à la fin de la mise en réserve des glucides dans le bulbe. Si le début de la récolte dépend bien entendu de nombreux facteurs (météo, disponibilité de la machine, surface à arracher...), il est néanmoins indispensable de prendre en compte cette maturité.

Choisir sa date de récolte

Pas trop tôt... ...Ni trop tard...
Une récolte trop précoce peut entraîner des bulbes spongieux, un manque de calibre, des pertes de poids importantes lors du séchage, voire une détérioration totale du bulbe s’il n’est pas complètement formé. Une récolte trop tardive peut entraîner une décomposition partielle des tuniques et ainsi impacter la conservation des bulbes, tout en pénalisant la qualité visuelle. Cela peut également compliquer les chantiers de récolte par préhension des fanes.

Comment déterminer la maturité à la récolte ?

1. Le nombre de feuilles encore vertes et le nombre de peaux recouvrant le bulbe
Le stade de récolte est atteint lorsque les bulbes ne sont plus couverts que par trois ou quatre peaux.
Comment faire ? Prélever 30 pieds sains répartis sur la parcelle et compter le nombre de peaux ou de feuilles encore vertes («une feuille verte» = «une peau sur les caïeux»).
2. Le rapport poids des bulbes/poids des feuilles
La maturité à la récolte est jugée suffisante lorsque le rapport poids des bulbes / poids des feuilles est supérieur à 1,8.
Comment faire ? Prélever 30 pieds sains répartis sur la parcelle, couper les tiges à 2 cm au-dessus du bulbe, débarrasser les racines de la terre et peser séparément les bulbes puis les feuilles.
3. La mesure de l’indice réfractométrique
L’arrêt de l’accumulation des sucres dans le bulbe correspond à la maturité physiologique de l’ail.
Comment faire ? Prélever 10 pieds sains répartis sur la parcelle et mesurer l’indice réfractométrique grâce à un réfractomètre. La mesure doit être effectuée pour chacun des bulbes, après avoir réalisé une coupe transversale et prélevé avec un couteau de la «pulpe». La moyenne des 10 mesures permet d’évaluer l’indice réfractomètrique.
Plus précisément, pour chacune des têtes :
• La couper transversalement
• Gratter avec un couteau pour recueillir de la pulpe et du jus
• Soulever le clapet du réfractomètre, disposer la pulpe et le jus sur tout le rectangle de mesure du réfractomètre et refermer le clapet
• Lire la valeur de la mesure (pour adapter à votre vue, tourner la molette du réfractomètre)
• Noter la valeur 
• Avec un papier humide, nettoyer le rectangle de mesure du réfractomètre et recommencer avec la tête suivante.

Attention : ce n’est pas une valeur cible qui détermine la maturité, mais bien l’arrêt de l’évolution de l’indice réfractométrique. Il faut donc réaliser plusieurs séries de mesures (espacées de quelques jours), en débutant les analyses avant la date de récolte théorique. De nombreux réfractomètres avec une plage de mesure adéquate (pouvant atteindre les 45 degrés-Brix) sont disponibles à des prix abordables.

Prophylaxie à la récolte et pourriture blanche

Des symptômes de pourriture blanche sont désormais observés sur la quasi-totalité des parcelles du Tarn, mais aussi des autres bassins de production d’Occitanie. La présence de pourriture blanche s’annonce déjà comme un fait marquant de cette campagne et préoccupant pour les années à venir, compte-tenu des caractéristiques de la maladie (persistance dans les sols). 
Si les conditions climatiques de cette campagne ont été favorables à la maladie, avec un niveau de pression élevé, l’absence de méthode de lutte en enrobage des caïeux n’a pas été sans impact sur son installation et son développement. 
Pour rappel, il n’existe plus aucune spécialité homologuée en enrobage depuis 2017, et la dérogation 120 jours pour le Signum, qui était obtenue depuis quatre ans en traitement de semence, n’a pas été accordée cette année au niveau national (le produit restant par ailleurs homologué sur la culture en traitement des parties aériennes, usage rouille). Si la progression de la maladie est plus lente actuellement comparée aux dernières semaines, celle-ci se poursuit néanmoins. Pour les parcelles les plus touchées, c’est désormais près de 50% de la surface qui est impactée. Sur les parcelles les moins impactées, il s’agit encore de pieds isolés et dispersés. À noter que des symptômes sont observés y compris sur des parcelles sans historique et n’ayant pas reçu d’ail depuis plus de 20 ans.
La récolte approchant, la mise en œuvre de mesures prophylactiques reste indispensable. Toutes les mesures permettant de limiter l’expansion de la zone de contamination de la parcelle ainsi que l’augmentation du stock de sclérotes doivent être prises.
• Retirer les plants attaqués du champ
• Porter une grande attention à la gestion de ces plantes : les retirer du champ et ne pas les entreposer en bordure de parcelle / ne pas les stocker dans un contenant exposé aux intempéries à proximité des parcelles pour éviter tout risque de contamination des parcelles via l’eau de ruissellement
• Veiller à limiter les déplacements de terre depuis les zones contaminées pour ne pas propager les sclérotes lors des passages de machines (récolte notamment)
• Veiller à bien nettoyer le matériel de récolte (encore plus dans le cas d’utilisation de matériel d’arrachage en commun)
• Pensez également à cartographier précisément les zones de présence de la maladie afin d’éviter cette zone dans plusieurs années en cas de retour de l’ail sur la parcelle. Pour en savoir + : contactez Anne-Laure Fuscien – Animatrice réseau Dephy Ail du Lautrécois et réseau BSV Ail Occitanie - Chambre d’agriculture du Tarn – al.fuscien@tarn.chambagri.fr – 07 69 72 33 47

Action réalisée dans le cadre de l’animation du groupe Dephy – Ecophyto

Rappel concernant le recours à l’anti-germinatif

Une seule substance active est à ce jour homologuée sur ail en tant qu’anti-germinatif : l’hydrazide maléique. Deux formulations sont disponibles : sous forme de granulés solubles (ex : Fazor Star) et sous forme de concentré soluble (ex : Itcan SL 270).
DH : dose homologuée / Nb max : nombre d’applications maximum par hectare et par an / ZNT : zone non traitée, en mètres / DAR : délai avant récolte en jours / DRE : délai de ré-entrée plein champ en heures
Si elle est réalisée, l’application doit être réalisée dans de bonnes conditions afin d’en garantir la meilleure efficacité :
• encore suffisamment de feuillage vert ;
• hygrométrie supérieure à 70% ;
• température inférieure à 25°C ;
• aucune pluie dans les 24 heures suivant l’application ;
• pas d’ajout d’adjuvant.
Le Délai avant récolte (DAR) de la spécialité Itcan SL270 est fixé à 4 jours. Attention néanmoins, l’application doit être réalisée entre 10 et 15 jours avant récolte, et ce afin que les plantes disposent toujours de suffisamment de feuillage vert pour absorber. Pour cette spécialité, la firme préconise une application du produit :
• le matin ;
• en un seul passage (un aller seulement, et non un aller/retour) ;
• avec un volume de bouillie équivalent à 30L de bouillie pour 1L de produit  (soit 270L de bouillie à dose pleine).
Le recours à ces produits phytosanitaires doit s’effectuer dans le plus strict respect des bonnes pratiques agricoles.
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