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Des équipements pour plus de performance au séchage des fourrages en grange

Comme dans beaucoup de secteurs de l'agriculture, l'automatisation se fait une place dans le domaine du séchage du foin en grange pour plus d'efficacité. Entretien avec Lionel Dalmont, commercial chez Bories Équipement.

Comme dans de nombreux secteurs de l'agriculture, les équipements pour le séchage du foin en grange évoluent et permettent d'automatiser les installations. Quels sont, d'après vous, les éléments aujourd'hui incontournables ?

Lionel Dalmont : Dorénavant, nous installons systématiquement des sondes hygrométrique et de température de l'air entrant qui vont déclencher l'alimentation du ventilateur. Avant, la mise en route et l'arrêt du ou des ventilateur(s) se faisaient par horloge ou manuellement. Si l'exploitant n'est pas sur place pour le(s) stopper, cela peut générer de grosses consommations d'électricité inutiles. Avec les sondes, la surveillance du séchage est largement simplifiée et les économies d'énergie sont immédiates : on observe en moyenne une réduction de 25% de la consommation électrique ! A ce système, on peut également combiner un variateur de fréquences. Ce dernier fait osciller le régime de rotation du ventilateur en fonction du taux d’humidité extérieur et aussi du niveau de séchage du foin (4 niveaux de réglage). Il permet d'optimiser encore le séchage avec une baisse de 15% supplémentaire de la consommation d'électricité. Il présente aussi l'avantage de ne jamais couper la ventilation.

 

Peut-on réaliser ce genre d'aménagements sur une installation traditionnelle ?

Lionel Dalmont : Oui, tout à fait, nous reconditionnons régulièrement des installations existantes. Il faut enlever l'ancien boîtier d'alimentation, mettre en place les sondes et le nouveau boîtier électrique. Inutile de toucher au(x) ventilateur(s). Il faut compter un peu plus de 2 000 € pour l'automatisation simple de l'alimentation et près de 4 500 € avec le variateur pour un ventilateur de 20 cv. Il se peut parfois qu’on ait aussi à changer le moteur électrique pour avoir davantage de puissance. En effet, il faut avoir de la réserve au niveau du dédit d’air ainsi que de la pression pour pouvoir installer ce système.

 

Une vingtaine d'installations de séchage en grange en France sont équipées de déshumidificateurs. Pouvez-vous nous en expliquer le fonctionnement?

Lionel Dalmont : C'est un gros échangeur, placé entre l'entrée d'air extérieur et le ventilateur. Le principe est simple : l'air chaud et humide traverse une batterie froide (12°C), qui lui permet d'atteindre le point de rosé et donc d'extraire l'humidité de l'air. Comme tout groupe de froid, la compression du gaz produit de la chaleur. Celle-ci est injectée à la deuxième batterie d'échange où l'air déshumidifié est réchauffé. Cela permet donc de sécher le foin même s'il pleut. Le rendement du déshumidificateur est d'autant meilleur que l'air qui y entre est humide et chaud. D'où l'intérêt de travailler avec le capteur solaire. Aujourd'hui, les installations les plus performantes sont en fait en «circuit fermé» lorsque l'air capté dans le récupérateur sous le toit est à la même température que l'air qui sort de la cellule de foin. L'air humide qui sort du tas de foin est récupéré et passe dans le déshumidificateur pour y être déshumidifié puis réchauffé. Ce recyclage de l'air permet d'envoyer de l'air toujours en dessous de 45% d'humidité. Pour une bonne rentabilité économique, il faut rentrer du foin pré fané avec un taux d'humidité entre 40 et 45%, sur une hauteur d'environ 2,5 mètres par cellule. Plus on rentre le foin humide, moins il faut en mettre épais sur les caillebotis. On travaille avec un seul ventilateur par installation et ceci jusqu'à 2000 tonnes de fourrage. Le séchage se fait sur deux cellules en alternance 1h / 1h. Dans ces installations, tout le pilotage est entièrement automatisé. C'est un peu comme un robot de traite en vaches laitières. Il suffit de renseigner la hauteur d'herbe rentrée et vous pouvez suivre en temps réel l'humidité du foin et le temps de séchage qu'il reste. Par contre, comme pour les robots de traite, il faut un peu de surveillance. Ce type d'installation se calibre en fonction du tonnage du parcellaire, de leur distance du bâtiment ainsi que la main d'oeuvre disponible pour les chantiers. Il est donc très compliqué d'avancer des prix .Une chose est sûre, c'est que ce système garantit de pouvoir engranger du fourrage sur des fenêtres météo très courtes, entre 30 et 48 heures après la fauche. Ce genre d'installations commence tout juste à apparaitre dans les régions où le climat est vraiment difficile... Mais pour moi, l'avenir du séchage est là !


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