Sanitaire
DNC : le retour à la normale se fait attendre
Malgré un calendrier de sortie de crise dévoilé, les éleveurs tarnais restent soumis à d'importantes contraintes sanitaires et économiques en attendant le 1er juin 2027.
Malgré un calendrier de sortie de crise dévoilé, les éleveurs tarnais restent soumis à d'importantes contraintes sanitaires et économiques en attendant le 1er juin 2027.
Le 25 juillet 2025, la Chambre d’agriculture et le GDS du Tarn réunissaient les éleveurs du département pour les informer sur une maladie alors jugée “inquiétante, mais encore éloignée de notre région”. Un an plus tard, la situation a profondément évolué. La DNC a progressé jusqu’à l’Aude, entraînant une vaste campagne de vaccination. D’abord rendue obligatoire dans les 38 communes du sud du Tarn situées à proximité du foyer audois, elle a ensuite été étendue à l’ensemble des cheptels tarnais, à la suite du choix de la profession agricole d’engager une vaccination préventive. Cette décision volontaire, prise au nom de la solidarité et de la protection collective, n’a pas été sans conséquences. Elle a engendré d’importantes contraintes économiques et logistiques, notamment pour les échanges commerciaux. Un an après les premières alertes, une question demeure dans tous les esprits : quand le Tarn retrouvera-t-il un statut indemne et un retour à la normale ? Le vendredi 10 juillet, la Chambre d’agriculture, le GDS du Tarn et la DDETSPP conviaient à nouveau les éleveurs pour tenter d’apporter quelques réponses aux nombreuses inquiétudes, en présence du préfet du Tarn Simon Bertoux. “On est déçus de la manière dont on nous traite. On a l’impression de ne pas être écoutés et les contraintes demeurent pour nos éleveurs”, ont réaffirmé ensemble le président de la Chambre d’agriculture, Sébastien Bruyère, et le président du GDS, Patrick Gayrard, en ouverture de la séance. Parmi les contraintes citées, le Laissez-passer sanitaire (LPS), qui permet aux éleveurs de sortir de leur zone vaccinale, reste toujours très contesté. Du 10 avril au 1er juin, 678 LPS ont été délivrés par les services de l’État, pour 6 210 bovins, “c’est un travail conséquent pour nos équipes”, a tenu à souligner Christian Mulato de la DDETSPP. Plusieurs demandes de suppression du LPS ont déjà été formulées à l’État, pour l’instant toutes refusées. Le préfet du Tarn a lui aussi rappelé son intention de “faire le maximum pour obtenir la suppression du Laissez-Passer Sanitaire.” Pour la circulation des animaux, certains éleveurs dans la salle ont également pointé la visite vétérinaire, obligatoire avant de pouvoir obtenir le LPS, qui représente “un coût très important”. L’interdiction de mélange des animaux de zones vaccinales et de zone indemne complique également le commerce, notamment pour les marchés aux bestiaux, dont ceux d’Albi et de Valence. Malgré un léger rebond depuis juin, les marchés tarnais s’inquiètent logiquement de cette situation pénalisante et durable, “l’impact économique est trop important pour nous. Si ça continue comme ça, il n’y aura bientôt plus de vaches dans le Tarn”, ont ajouté plusieurs éleveurs présents dans l’assemblée.
En attendant le 1er juin 2027
Pour entrevoir le bout du tunnel, les éleveurs attendaient depuis longtemps un retour du Ministère quant à la date d’arrêt de la vaccination pour la ZV1. La décision est tombée pendant la réunion et annoncée par le préfet : cela sera le 30 septembre 2026 (à défaut du 31 juillet, comme espéré par la Profession ou du 31 décembre). À compter de cette date débutera une période de surveillance de 8 mois. Si la situation sanitaire reste favorable, le Tarn retrouvera son statut indemne le 1er juin 2027. Pour la ZV2 (38 communes du sud du Tarn), le CNOPSAV (Conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale) avait pris la décision en février 2026 d’une poursuite de la vaccination jusqu’au 31 décembre 2026. D’ici là, les animaux à vacciner sont les bovins introduits non vaccinés qui arrivent de zone indemne, les veaux nés sous immunité maternelle (à faire entre l’âge de 3 et 6 mois, si au delà, délai de 28 jours à respecter avant mouvement) et les veaux qui ont été vaccinés cet hiver avant l’âge de 3 mois. Pour ponctuer la réunion, les présidents de la Chambre d’agriculture et du GDS ont rappelé leur pleine mobilisation pour faire entendre la voix des agriculteurs tarnais, face à des contraintes qui pèsent lourd dans la santé des exploitations.
FCO 3 : 5 foyers dans le Tarn
La circulation virale FCO 3 a repris en France avec déjà plus de 40 foyers en ce début juillet. A ce jour, les départements de l’Aveyron, du Lot, des Pyrénées Atlantiques, des Landes et le Tarn comptent de nouveaux foyers depuis fin juin. Pour le département du Tarn, un foyer a été détecté fin juin et 4 nouveaux foyers début juillet (au total 3 foyers ovins et 2 foyers bovins). La FCO 3 a fortement touché le Nord Est de la France en 2024, et le Nord-Ouest en 2025. La maladie continue sa progression sur le territoire français vers le Sud et commence à toucher nos élevages tarnais. Il est donc important de protéger son troupeau, notamment en vaccinant les animaux. Pour cela, prenez contact avec votre vétérinaire. Il ne faut pas oublier non plus de renforcer l’immunité en complémentant en minéraux et oligo-éléments. Avec cette période de canicule, les animaux doivent faire face à un stress thermique très important, les disponibilités en eau, sel, minéraux, vitamines et oligo-éléments sont primordiales et essentielles.