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Dossier médiation : prévenir les situations conflictuelles liées au groupe

Les formes sociétaires sont fréquentes en agriculture. Quelles soient créées au sein ou en dehors du cadre familial, elles peuvent rencontrer des difficultés relationnelles. En prévention, l’Atag propose plusieurs types d’accompagnement.

Plus le groupe est grand, plus il y aura de points de vigilance.
Plus le groupe est grand, plus il y aura de points de vigilance.
© J-C. Gutner

«Travailler à plusieurs amène beaucoup d’atouts, beaucoup de forces, mais cela amène forcément du «risque relationnel», explique Chantal Tressarra, conseillère-médiatrice à l’Atag*. «Ce risque augmente forcément avec la taille du groupe mais aussi lorsque son équilibre est perturbé. L’arrivée ou la sortie d’un associé est par exemple une étape souvent sensible.» Chantal Tresserra et sa collègue, Virginie Rousselin, sont formées à la médiation et ont une longue expérience à la pratique de la médiation, qui fait partie des activités de l’association. Depuis quelques années, elles ont également développé le volet «prévention» afin de pren-dre les problèmes en amont. «Il s’agit en fait de donner aux agriculteurs des outils simples de communication pour qu’ils puissent bien fonctionner et bien «relationner». Je reprends souvent cette image : ces outils peuvent servir en cas de panne bien-sûr, mais aussi pour de l’entretien courant !»

Ces outils posent de bonnes bases et permettent de prévenir efficacement les conflits. Mais encore faut-il savoir qu’ils existent ! C’est pourquoi l’Atag s’attache à sensibiliser, dès le parcours à l’installation, les agriculteurs qui ont un projet de groupe. «Plus on va intervenir tôt dans une situation conflictuelle, mieux on va pouvoir résoudre les tensions. Dès qu’il y a des non-dits, des dysfonctionnements, il faut agir ! Plus on attend, plus il va y avoir de nœuds et plus ce sera compliqué de trouver des solutions. Au moment du parcours à l’installation, on les amène donc à réfléchir sur les 3 axes fondamentaux de travail : la cohérence entre le projet personnel et le projet de groupe, le fonctionnement (financier, organisation…) et le relationnel. De nombreux sujets interpellent les jeunes : temps de travail, vision du travail, difficultés de communication entre générations… Souvent, dans les premières années qui suivent l’installation en socié-té, les jeunes nous recontactent.»

L’accompagnement de l’Atag peut alors prendre différentes formes : suivi personnalisé, formation/ action, ateliers d’échanges et d’information… «On essaie souvent de suivre les groupes dans la durée, quelques demi-journées dans l’année par exemple. Comme l’association est gérée par des agriculteurs, nous sommes attentifs bien-entendu à nous adapter aux horaires de travail imposés par le métier. L’aspect financier ne doit pas être un frein non plus. Notre connaissance du milieu nous permet également de pouvoir bien cerner les problématiques. Et puis, nous sommes formés à l’écoute active, à la reformulation, au questionnement… Quand nous intervenons, nous savons faciliter la parole. Les gens que nous accompagnons nous le disent souvent : «avec vous, nous arrivons à parler de tout !». Ce ne sont pas des discussions informelles, ce sont de vraies séances de travail !»

Consolider après une médiation

Quand la situation le nécessite, les conseillères de l’Atag interviennent en tant que médiatrice. «Dans ces cas là, nous avons pris pour habitude de faire signer par les parties un contrat d’entrée en médiation afin de bien établir le cadre de la démarche. Le but est d’aboutir à un accord. Il arrive souvent que cela se fasse en plusieurs étapes, qu’on passe par des accords intermédiaires. Ces accords de médiation sont rédigés et signés par les parties prenantes.» Pour Chantal Tresserra, là encore, l’accompagnement dans la durée est incontournable. «Après une médiation, il nous semble essentiel de suivre les personnes qui sont passées par cette situation conflictuelles. Les axes restent les mêmes : objectifs personnels et de groupe, fonctionnement, relationnel… Notre accompagnement permet de consolider le travail amorcé lors la médiation !»

S. Lenoble


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