Engrais : danger si les prix ne baissent pas d'ici le 15 mai, avertissent les coops
À l'occasion de la Matinée export organisée par Intercéréales et Agro Paris Bourse le 25 mars, le président de la Coopération agricole - Métiers du grain a alerté sur les effets d'une hausse prolongée des prix des engrais sur la récolte de céréales 2027. «Les coopératives françaises achètent leurs engrais à partir du mois de mai. S'il ne se passe rien d'ici au 15 mai, nous allons mettre en forte tension notre capacité de production», a déclaré Antoine Hacard. Et de prévenir : «Compte tenu du prix de la tonne de blé, il n'y aura pas d'achats d'engrais». Interrogé en marge du congrès, le président de l'interprofession, Benoît Piétrement, confirme que, pour des raisons logistiques, les coopératives françaises doivent acheter leurs engrais au printemps, et que de nombreux agriculteurs, notamment dans les zones intermédiaires, pourraient être tentés de faire l'impasse sur les céréales cette année. De son côté, le directeur général de Timac Agro France (10 % du marché français des engrais), Maxime Godart, a indiqué qu'il avait subi une hausse des prix de 20 à 30 % au cours des dernières semaines. «Au-delà du prix, l'inquiétude porte sur l'accessibilité aux matières premières», a-t-il expliqué. «C'est un jeu de vase communicant ; quand l'Inde ou le Brésil ne sont pas approvisionnés, il vont aller se battre sur nos places de sourcing historique, en Afrique du nord.»