Engrais/cadmium : l’Anses affirme que la décadmiation a un coût « raisonnable »
Parmi les leviers identifiés par l’Anses pour réduire la surexposition de la population au cadmium figure la décadmiation des engrais. «Il existe des brevets pour la décadmiation des matières phosphatées qui ont été déposés déjà depuis plusieurs dizaines d’années (…) Nous n'avons pas été en mesure de vérifier dans quelle mesure elles sont mises en place concrètement en France, à l'échelle industrielle. Mais des travaux montrent que ce sont des techniques maîtrisées. (…) Il en existe différents types (…) qui reposent sur des technologies soit de cristallisation ou d’absorption qui permettent de retirer le cadmium de la matière» a expliqué Yann Le Bodo, chargé de projet à la direction sciences sociales et économie, en conférence de presse le 24 mars. Ces techniques existent à un coût « raisonnable », selon l’agence sanitaire au regard du surcoût agricole et du «fardeau» pour le système de santé. Selon une étude de la Commission européenne de 2016, «le surcoût de la décadmiation est généralement estimé entre 10 et 30 € / tonne éq. P2O5 d’engrais fini», indique l’expertise. Une autre étude de l’université de Lorraine (Steckerman et al, 2018) estime qu’une augmentation du prix de l’engrais phosphaté de 100€ par tonne de P2O5 (estimation haute), due à la décadmiation, entraînerait un surcoût de fertilisation de 2€/ha pour le blé. Dans un communiqué le 25 mars, l'association France Fertilisants assure que ces procédés restent «complexes et coûteux et ne peuvent constituer l’unique réponse».