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Fermages 2026
Face à la hausse, fermiers et propriétaires ruraux appellent au bon sens

L’indice national des fermages augmente de 3,23 % en 2026. Une hausse qui intervient dans un contexte agricole particulièrement difficile.

Pour la section des fermiers de la FDSEA du Tarn, cette nouvelle augmentation pose une nouvelle fois la question de l’adaptation de la méthode de calcul aux réalités économiques et climatiques vécues par les exploitants. En attendant une évolution du système, la Section des fermiers appelle au dialogue entre bailleurs et fermiers.

Une hausse qui tombe au mauvais moment

L’indice national des fermages pour 2026 est fixé à 127,04, soit une progression de 3,23 % par rapport à l’année précédente. Cette hausse s’applique aux fermages selon les modalités prévues dans les baux. Si l’indexation permet de faire évoluer les fermages selon une méthode nationale et commune à tous, la section des fermiers s’interroge depuis plusieurs années sur la pertinence de cette méthode au regard de la réalité économique des exploitations. Le calcul de l’indice repose notamment sur l’évolution du revenu brut d’entreprise agricole et sur celle du prix du PIB. Il s’appuie sur des données et des moyennes qui permettent de lisser les variations, mais qui ont aussi pour conséquence de créer un décalage avec la situation vécue par les agriculteurs au moment où le fermage est effectivement révisé. C’est tout le paradoxe de la situation actuelle. Les dernières campagnes ont été marquées par une succession d’aléas : sécheresse, fortes chaleurs, excès d’eau, maladies, ravageurs, mais aussi volatilité des prix et augmentation des charges. Pour de nombreuses exploitations, les conséquences sont bien réelles et pèsent directement sur les trésoreries.

Une méthode qui doit évoluer

La section des fermiers de la FDSEA du Tarn, avec la section des fermiers de la FRSEA Occitanie, a fait remonter cette problématique au niveau national. La méthode actuelle de calcul doit aujourd’hui être réinterrogée afin de mieux prendre en compte les réalités économiques et climatiques auxquelles sont confrontées les exploitations. La question est d’autant plus importante pour notre région que l’Occitanie est particulièrement exposée aux conséquences du changement climatique. Si rien ne change, nous risquons de nous retrouver régulièrement confrontés au même problème : des indices calculés à partir de données qui ne correspondent pas nécessairement à la situation économique des exploitations au moment où la hausse est appliquée. Une demande de gel de l’indice avait été portée pour cette année afin de tenir compte du contexte exceptionnel. La publication de l’arrêté au Journal officiel avec une hausse de 3,23 % montre malheureusement que cette demande n’a pas abouti pour 2026.

Le fermage, ce n'est pas qu'un contrat

Face à cette situation, il est bon de rappeler que le bail rural est aussi une relation humaine. Un propriétaire et un fermier sont liés par un contrat, certes, mais souvent aussi par une relation de confiance qui s’inscrit dans la durée. Certains propriétaires ont été agriculteurs eux-mêmes, d’autres ont des parents ou des proches qui l’ont été. Ils savent ce qu’est une mauvaise récolte, une année climatique catastrophique, une baisse des cours ou une trésorerie qui devient difficile à gérer. Ils savent surtout qu’en agriculture, on ne maîtrise pas tout. Une exploitation peut être fragilisée par des événements sur lesquels l’agriculteur n’a aucune prise. C’est pourquoi la section des fermiers en appelle aujourd’hui au bon sens et au dialogue entre les deux parties.

La section des propriétaires ruraux incite au dialogue

L’augmentation de l’indice est fixée nationalement. Pour autant, un propriétaire reste libre, s’il le souhaite et si son fermier est d’accord, de ne pas répercuter cette hausse ou de la minorer pour une campagne donnée. Ce choix peut constituer un véritable coup de pouce pour une exploitation qui traverse une période difficile. Il peut être limité à cette campagne et ne crée pas de droit supplémentaire, ni pour le fermier ni pour le bailleur, pour les années suivantes. Bien entendu, le bail reste un contrat. Toute modification du montant du fermage doit donc être discutée et acceptée par les deux parties.

Faire preuve de solidarité face aux difficultés

La section des fermiers et la section des propriétaires ruraux ne souhaitent pas opposer les propriétaires aux agriculteurs. Bien au contraire. Bailleurs et fermiers ont un intérêt commun : maintenir des exploitations agricoles viables et des terres correctement entretenues et valorisées. Dans une période où les agriculteurs doivent faire face à des aléas de plus en plus nombreux, la relation de confiance entre un propriétaire et son fermier peut prendre tout son sens. Un propriétaire qui accepte de limiter temporairement la hausse de son fermage ne renonce pas à ses droits. Il fait simplement le choix de tenir compte de la situation de son fermier et de l’aider à franchir une année difficile. D’ailleurs, c’est en ce sens que la section nationale des propriétaires ruraux a adressé un courrier à tous les présidents départementaux d’associations de bailleurs ruraux afin qu’ils encouragent leurs membres à rencontrer leurs fermiers.

En attendant qu’une réflexion nationale permette de faire évoluer une méthode de calcul qui apparaît de moins en moins adaptée aux réalités de notre agriculture, la section des fermiers de la FDSEA du Tarn et la section des propriétaires ruraux font le choix de la voie du dialogue, de la confiance et du bon sens. Parce que derrière un bail, il y a avant tout deux parties qui ont besoin l’une de l’autre pour faire vivre nos territoires agricoles.

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