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Gérard Gélabert a fondu pour le dernier atelier de chaudronnerie de Durfort

La cité d’artisans réputés pour leur savoir-faire a longtemps rayonné grâce au travail du cuivre. Cette époque glorieuse est désormais révolue. Mais un dernier atelier entretient toujours la flamme et attire même les designers parisiens.

Il y en a qui craquent pour l’art contemporain. Gérard Gélabert, lui, a fondu pour le dernier atelier de chaudronnerie de Durfort. Parce que sa passion, c’est le travail. Le garagiste de Sorèze a racheté les établissements Vergnes il y a un an et leur a redonné vie après quelques années de fermeture. Cet atelier, avec son lot de matrices «unique au monde», a contribué à faire les beaux jours de la commune connue bien au-delà des limites du Tarn pour le travail du cuivre.

Jusqu’à 80 ouvriers ont travaillé dans cet atelier à l’apogée, il y a une quarantaine d’années. Au-jourd’hui, il n’en reste plus qu’un. Antoine Millet, chaudronnier d’art formé ici-même en regardant les anciens œuvrer, est le dernier à taper sur le tas ou à forcer sur le tour à repousser pour donner forme aux pastels de cuivre. Un savoir-faire précieux, reconnu même par des designers parisiens qui se pressent à l’atelier pour faire réaliser des pièces uniques. Deux luminaires sortis récemment de l’atelier doivent d’ailleurs être exposés dans le cadre prestigieux de la «Paris Design Week». Mais l’atelier rebaptisé Metal Concept One, ne donne pas que dans cet élitisme.

Antoine Millet produit aussi des pièces forcément uniques destinées à être vendues dans la boutique de l’atelier, sur la place du village (casseroles, poêles, lam-pes, etc.). Ce savoir-faire à un coût. Compter environ 450 € pour une batterie de casseroles. L’époque a beau être au jetable et à l’éphémère, il existe toujours une clientèle d’épicuriens prêt à mettre la main au porte-monnaie pour s’offrir du beau. Et quand il ne crée pas Antoine Millet, restaure. Des ustensiles pour les professionnels de l’hôtellerie qui ont besoin d’être étamés par exem-ple. Dernièrement, il a même réalisé un petit miracle pour un client. D’anciens lampadaires en cuivre complètement vermoulus qui bordaient jadis le canal du Midi ont retrouvé une seconde vie étincelante grâce à son action. «Quand ils sont venus les chercher finis, ils en avaient presque les larmes aux yeux», savoure Gérard Gélabert. Son vœu le plus cher serait de parvenir à faire travailler quatre ou cinq chaudronniers dans l’atelier. Pas que dans le cuivre d’ailleurs. «On travaille tous les métaux et on réalise tout type de chantier à la demande», assure le patron aux multiples casquettes. À 57ans, ce garagiste aux mille casquettes, fils de paysan, est aussi collectionneur de vieilles motos, bricoleur à toute heure et artiste le reste du temps. Pour lui, tout a commencé ici, à Durfort, quand à 14 ans, il s’exerçait chez Thevenot en tant… qu’apprenti chaudronnier. Il n’y a pas de hasard.

D. MONNERY

Retrouvez la vidéo de la fabrication d'une poêle en cuivre (© Le Paysan Tarnais 2017)



Retrouvez Le dossier complet consacré au territoire Lauragais-Revel-Sorèze dans notre édition papier.

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