Grains/engrais : les marchés agricoles « spectateurs » du conflit au Moyen-Orient (expert)
Après avoir connu une poussée le 27 février face à l'imminence de la guerre au Moyen-Orient, les marchés des céréales et oléagineux sont désormais dans l'expectative face au conflit, fluctuant moins que leurs boussoles du dollar et du pétrole. « Le marché des grains a vécu la tension au Moyen-Orient un peu en avance vendredi 27 février », résume Gautier Le Molgat, p.-d.g. d'Argus Media France. Les rachats de précaution par les fonds d'investissements ont contribué à soutenir les cours des céréales, tant à la Bourse de Chicago que sur Euronext, face aux signes avant-coureurs de la guerre. « Le blocage du détroit d'Ormuz est problématique pour le trafic global, il y a de l'import, de l'export, avec aussi beaucoup d'engrais qui en sortent », ajoute Gautier Le Molgat. Mais depuis le déclenchement du conflit le 28 février, « on fait des allers-retours et on est un petit peu spectateur dans notre filière », poursuit Damien Vercambre, du cabinet Inter-Courtage. Les stocks, notamment de céréales, restent très importants et les conditions climatiques plutôt favorables, avec des pluies salutaires sur les blés aux États-Unis et le retour du beau temps en France qui fait refluer les excès d'eau. De quoi limiter l'ampleur des mouvements sur les marchés agricoles mondiaux. La question du comportement des acheteurs des pays du Golfe en céréales n’est pas tranchée : vont-ils moins importer, ou au contraire s’activer davantage afin de faire des réserves ?