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"Il ne peut y avoir d'autre vision de l'agriculture qu'alimentaire"

L’adaptation des filières et des territoires au changement climatique sera le thème de l’assemblée générale de la FDSEA, ce vendredi. Pour en parler, Anne-Claire Vial, présidente de l’Acta, sera présente.

Anne-Claire Vial, présidente de l’Acta, sera l'invitée de l'AG de la FDSEA ce vendredi.
© CA26

Anne-Claire Vial, agricultrice dans la Drôme, est la présidente de l’Acta, l’association qui regroupe l’ensemble des instituts techniques agricoles de France. Elle a également présidé la thématique 2 du Varenne de l’eau : «Renforcer la résilience de l’agriculture dans une approche globale en agissant notamment sur les sols, les variétés, les pratiques culturales, les infrastructures agroécologiques et l’efficience de l’eau d’irrigation». Elle interviendra ce vendredi dans le cadre de l’assemblée générale de la FDSEA du Tarn pour faire un état des lieux de la recherche et montrer que des solutions arrivent pour faire face au changement climatique.
 
> Votre intervention portera sur l’adaptation des filières et des territoires au changement climatique. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Je vais profiter de mon intervention pour rappeler quelque chose que le monde agricole n’a pas forcément en tête : c’est l’organisation de la recherche agronomique de notre pays. Nous avons une recherche fondamentale et appliquée reconnue dans le monde entier. Je vais rappeler ce que sont les instituts techniques agricoles, le rôle de l’Inrae, etc. Et enfin je présenterai sous forme de spot les travaux qui sont en route, sur la thématique du changement climatique, avec les résultats qui existent dès maintenant et aussi ceux que l’on peut attendre d’ici cinq, dix ou quinze ans, aussi bien dans les filières animales que végétales.

L’assemblée générale de la FDSEA 81 se tiendra ce vendredi 11 février à 9h30 à la Maison des agriculteurs à Albi sur le thème de l’adaptation des filières et des territoires au changement climatique.

> Vous dites que le monde agricole n’a pas forcément en tête l’organisation de la recherche agronomique. Cela veut-il dire que les agriculteurs sous-utilisent les outils à leur disposition ?
Non, car dans notre pays tout est fait pour assurer le transfert, c’est-à-dire faire appliquer les innovations dans les cours de ferme. La moitié des financements du Casdar sont d’ailleurs utilisés pour assurer ce transfert, qui est une grande préoccupation française. Mais, souvent, les agriculteurs s’imaginent qu’ils sont livrés à eux-mêmes et laissés seuls face à leurs problèmes. Certains pensent même qu’ils sont foutus et qu’on ne pourra bientôt plus cultiver de la vigne ou élever des vaches dans notre pays. Il est donc utile de rappeler tout ce qui existe, surtout aux jeunes générations qui n’ont pas forcément la vision de tout ce que nos prédécesseurs ont construit. La “vista” qu’ont eu ces prédécesseurs a permis de bâtir une véritable spécificité française enviée de tous nos voisins, et même aux États-Unis. Là-bas, la recherche se fait uniquement sur des financements publics ou privés. Alors que chez nous, les 18 instituts techniques sont financés à 70% par les agriculteurs eux-mêmes. À l’échelle européenne nous sommes très enviés et beaucoup de nos voisins viennent nous chercher. Car nous, quand nous faisons une découverte en laboratoire, nous savons comment la faire appliquer dans les cours de ferme, grâce à tous nos réseaux. Il faut donc avoir conscience de cette spécificité et la préserver car rien n’est jamais acquis.

> Les évolutions de la recherche concernant le changement climatique vous rendent-elles résolument optimiste ?
Oui, je le suis par nature. Il y a beaucoup de sujets pour lesquels nous travaillons à l’international, avec plusieurs nations et sous différentes latitudes, avec des agriculteurs et des start-ups. Mais ce qui interroge dans le changement climatique, c’est aussi l’occupation des sols et l’urbanisation. Le sujet, c’est : quel territoire est-on en capacité de réserver à l’agriculture et comment, là où on urbanise, est-on capable d’avoir suffisamment d’eau pour traiter l’eau potable, préserver les milieux, et assurer l’alimentation ?

> La pandémie de Covid-19 a replacé la question de la souveraineté alimentaire au cœur des priorités. Cela a-t-il permis de donner davantage de poids à la recherche ?
Le rapport de France stratégie rendu cet automne a montré que notre souveraineté alimentaire diminuait. Nous avons eu trop tendance à laisser croire qu’il n’y avait qu’à ouvrir une grande surface quelque part pour trouver tout ce dont nous avions besoin à l’intérieur. L’organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) montre aussi que nous assistons à une dégradation de la sécurité alimentaire mondiale. Pour que chacun mange à sa faim, il faut avoir des agriculteurs dans son pays et à proximité.
Donc oui, cette crise nous a redonné du poids et de la légitimité. L’Acta est de plus en plus sollicitée par les parlementaires pour des commissions en lien avec l’agriculture et l’alimentation. Le Salon de l’agriculture sera également une formidable vitrine pour montrer que l’agriculture évolue, qu’il n’y a pas de retour en arrière, et que nous allons de l’avant en permanence. Cet enjeu de la souveraineté alimentaire doit être partagé avec nos concitoyens car il ne peut pas y avoir d’autre vision de l’agriculture qu’alimentaire.

En terrain connu
“Je connais bien le Tarn car mon frère a vécu près d’Albi et la cousine germaine de mon mari y réside. Nous avons donc souvent l’occasion de nous y arrêter”, indique Anne-Claire Vial.
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