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Événement
Innov'action : s'adapter par le biais de la robotique

Dans l’après-midi du 15 décembre à Cuq-Toulza s’est tenue la rencontre Innov’action, qui présentait une solution de désherbage robotique en production de semences potagères.

Organisée par la Chambre d’agriculture du Tarn et animée par Camille Bourgois, la rencontre avait pour but de trouver des solutions à trois problématiques de plus en plus souvent évoquées : limiter l’utilisation de produits phytosanitaires, faire face au manque de main d'œuvre, et continuer à produire en optimisant les semences. Pour cela, la question de l’avenir se pose, et celle de la robotique aussi. Christopher Régis était présent, puisque le robot Farmdroid FD 20 de Stecomat intervient actuellement sur ses parcelles. Retour sur la présentation de cette innovation technologique, qui était au centre de toutes les attentions.

"Impressionné par cette routine de travail"

La Farmdroid FD20 est un robot autonome de semis et de désherbage mécanique, alimenté par panneaux solaires et qui utilise des signaux GPS. Dirk Den Bakker, qui représentait Stecomat (entreprise qui commercialise le robot) ce jour-là, présente l’activité que le robot exerce : “Il positionne les graines, parfaitement alignées, en retenant leur position exacte dans le sol. Ensuite, il est capable de venir biner entre les rangs et entre les plants, puisque les graines sont géolocalisées.” Le mode binage s’active dès lors que le semis est implanté : “Il fait du préventif et non du curatif, puisqu’il vient biner avant même que la culture n’ait levé. L’objectif est d’anticiper, et de s’accorder un gain de temps non négligeable”, poursuit Dirk, qui voit Christopher Régis ajouter : “Je suis vraiment impressionné par cette routine de travail, la précision du robot est formidable.” En outre, le Farmdroid est également capable de faire du traitement localisé sur un emplacement de graine.

Une bonne préparation pour laisser place à l'autonomie

Le robot est homologué pour travailler seul dans les champs. Néanmoins, en amont, une préparation rigoureuse et une bonne connaissance de ses aptitudes sont indispensables. Dirk Den Bakker apporte des explications sur la manière de travailler et de fonctionner du Farmdroid : “C’est un robot particulier. Afi n de le laisser en totale autonomie durant son travail, il faut tout d’abord procéder à l’enregistrement des parcelles. Pour cela, on l'amène dans le champ attelé au tracteur, pour qu’il analyse et calcule la surface et les limites du champ.” Un engin robotisé certes, mais que l’humain est évidemment capable de maîtriser, puisque le robot communique avec une interface gérable depuis un smartphone. La surface de travail est également à préparer : “Il est nécessaire qu’il y ait le moins de résidus possibles en surface. Il faut que ce soit enfoui au maximum”, précise Christopher Régis. La pente doit être la plus légère possible, le robot ne pouvant en accepter plus de 15% de face, et 8% de côté. Ensuite, d’autres points de vigilance entrent en jeu, comme notamment la date de semis et la composition du sol. En effet, sa teneur en argile ne doit pas être importante, et il doit préalablement être préparé pour que les capacités du robot soient utilisées de manière optimale.

Un robot déjà commercialisé...

Cela fait maintenant deux ans que la phase du prototype est terminée et que le robot est commercialisé. Aujourd’hui, ils sont 70 à parcourir les champs sur le territoire français. Christopher Régis s’est proposé pour mettre en place des semences de chicorée hybride, et voit donc le Farmdroid travailler sur ses parcelles, ce qui lui a permis de témoigner durant la journée. L’engin est également testé par la Fnams dans le cadre du projet “agro-fnams”. Ce type de robot est en général vendu entre 80 000 et 120 000 €, et possède la capacité pour produire 20 ha de culture à haute valeur ajoutée.

...qui présente de nombreux atouts

Le Farmdroid est un robot léger, qui tasse donc très peu les sols. Pour un débit de chantier d’environ 5-6 ha par jour, il n’attend pas que les mauvaises herbes soient présentes pour procéder au désherbage. Le semis n’étant pas toujours évident en semence potagère, sa vitesse relativement lente permet au robot d’être précis. Les graines ne doivent pas être implantées avec un espace de plus de 10 cm entre elles. L’agriculteur n’est pas obligé de rester à côté de son engin, puisqu’il est totalement autonome, et qu’il s'arrête lorsqu’il rencontre un problème de réception. Il peut également travailler la nuit, et grâce à un pluviomètre, il tient compte de la météo pour adapter son activité. Afi n de donner un ordre d’idée, Dirk Den Bakker indique que “le travail fourni par le robot permet d’abaisser le temps total de main d'œuvre de 300 heures à 20 heures/ha environ”.

Cette innovation s’inscrit dans le projet d’utiliser l’agriculture de précision comme outil d’amélioration de désherbage mécanique. “Aujourd’hui, l’objectif est de mettre en œuvre les premiers robots sur la culture de semence de maïs doux. Ce sont des évolutions qui vont arriver, et la capacité de surface du robot sera logiquement revue à la baisse. L’idée est d’améliorer la polyvalence et le débit de chantier”, indique Dirk Den Bakker. Christopher Régis est attentif à ce que va donner l’essai du robot sur ses parcelles, et n’hésite pas à rappeler le point de départ de ces innovations : “Il n’y a pas de main d'œuvre, donc nous sommes obligés de s’adapter”, regrette-t-il. Pour clôturer cette rencontre, Camille Bourgois a tenu à saluer le projet : “Sur notre territoire en zone de coteaux ces robots ne sont peut-être pas encore totalement adaptés, mais nul doute qu’il y a un bel avenir à travailler avec ces outils-là !”

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