Technique
Irrigation des céréales : tout va dépendre de l'évolution du climat
Dans la majorité des parcelles, les céréales se situent à des stades sensibles au stress hydrique. En cas de retour d’une sécheresse prolongée, un tour d’eau peut être justifié.
Dans la majorité des parcelles, les céréales se situent à des stades sensibles au stress hydrique. En cas de retour d’une sécheresse prolongée, un tour d’eau peut être justifié.
Durant toute la durée du cycle, la consommation en eau des blés et de l’orge est d’environ 400 mm. Les besoins du blé augmentent rapidement du début montaison à sortie dernière feuille et diminuent progressivement à partir du stade pâteux. Un blé à montaison consomme entre 3 et 4 mm d’eau par jour. Tant que la demande évaporative reste modérée (températures fraîches, pas trop d’ensoleillement, ni de vent), le stress ressenti par les cultures n’engendre pas de gros accidents (seulement une réduction progressive du métabolisme).
Quels effets du stress hydrique suivant le stade de la céréale ?
Les blés sont actuellement entre les stades dernière feuille étalée et épiaison suivant les dates de semis et précocité des variétés. Il s’agit d’une période où la sensibilité de la céréale au manque d’eau est à son apogée, et ce, jusqu’au stade floraison.
Quelques rappels :
• Tallage à début montaison : diminution du nombre de talles puis du nombre d’épis, baisse de l’indice foliaire et limitation de l’enracinement, diminution du nombre d’épillets.
• Fin montaison à floraison : réduction du nombre de fleurs fertiles, altération de la fécondation, réduction de la taille des enveloppes, avortement des embryons.
• Remplissage : altération de la vitesse et la durée de remplissage, sénescence précoce des feuilles.
Irriguer pour accompagner le remplissage et préserver le potentiel
Les pluies de ces derniers jours ont permis d’alimenter en eau les réserves hydriques mais un retour du sec de manière prolongée pourrait impliquer le besoin d’irriguer certaines parcelles, notamment celles avec des sols moyennement profonds à superficiels. Si la situation évoluait dans ce sens, le dernier créneau d’irrigation sur céréales se situerait avant floraison (pour éviter de favoriser les contaminations fongiques types fusarioses) et avant grain laiteux. Cette irrigation permettrait d’accompagner le remplissage et de préserver le potentiel.
Lors de la phase de remplissage, le nombre de grains/m² est pratiquement fixé, à l’exception de possibles avortements de grains juste après floraison. En revanche, le poids de mille grains (PMG) est totalement dépendant des conditions d’alimentation hydrique postfloraison. De la floraison au stade grain laiteux, les cellules composant les grains se multiplient et s’allongent. Cette phase est donc particulièrement sensible au stress hydrique. Dans nos essais, les pertes ont atteint jusqu’à 20 % du PMG en cas de déficit hydrique postfloraison prolongé.
Pour rappel, irriguer les céréales est sécurisant pour le rendement et la qualité mais attention toutefois au risque de verse, notamment après l’épiaison, en raison de la retenue d’eau par les barbes des épis. De plus, l’intensité d’irrigation des canons enrouleur étant très élevée (10 à 20 mm/h), il est conseillé de réduire la dose d’irrigation à 20-30 mm plutôt que 35-40 mm pour éviter la verse. Il est également conseillé d’utiliser de petites buses pour réduire la taille des gouttes. Irriguer en présence de vent augmente considérablement le risque de verse.
Plus d'informations dans l'édition du 30 avril du Paysan Tarnais.