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Sécheresse
La cellule de crise réunie pour préparer des réponses

À la demande du gouvernement, le préfet du Tarn a réuni, le 11 août, la cellule sécheresse départementale afin de faire le point sur la situation hydrologique et agricole.

© Préfecture du Tarn

Après un hiver et un début de printemps exceptionnellement arrosés, la situation s'est rapidement dégradée dans le Tarn avec la succession des vagues de chaleur, des épisodes caniculaires et des incendies. Cette évolution climatique met désormais les exploitations agricoles sous pression, dans un département où les conséquences sont très variables selon les productions et les territoires. C'est dans ce contexte que le préfet du Tarn a réuni, le 11 août, la cellule sécheresse départementale. Une réunion organisée à la demande du gouvernement, avec un double objectif : dresser un état des lieux de la situation et coordonner les réponses à apporter au monde agricole.

Faire le point et coordonner les acteurs

La première partie de la réunion était consacrée à l'évolution de la situation hydrologique et agricole dans le département ainsi qu'aux premières mesures d'accompagnement déjà mises en œuvre. La seconde devait permettre d'identifier les difficultés qui émergent sur le terrain et les besoins prioritaires des exploitants agricoles. Services de l'État, Chambre d'agriculture, organisations professionnelles, Mutualité sociale agricole, assureurs, établissements bancaires et collectivités territoriales étaient notamment réunis autour de la table. L'objectif est également de faire remonter des propositions aux autorités régionales et au gouvernement afin de préparer le plan d'accompagnement global «Canicule, Sécheresse, Incendies».

La FDSEA demande des mesures d'urgence

À l'occasion de cette cellule sécheresse, la FDSEA 81 a présenté une liste de demandes particulièrement large. Le syndicat estime que la situation nécessite des réponses rapides pour éviter que les difficultés climatiques ne se transforment en crise économique et sociale dans les exploitations. La première demande concerne l'accompagnement individuel des agriculteurs. La FDSEA souhaite la réactivation de la cellule départementale de crise et un renforcement du dispositif «Réagir», piloté par la MSA, afin d'identifier les exploitations les plus fragilisées. L'enjeu est notamment d'accélérer l'accès aux dispositifs de soutien et de mieux accompagner les agriculteurs confrontés à des situations financières ou personnelles difficiles.

Assurances : accélérer les indemnisations

Les assurances constituent un autre point de tension. La FDSEA demande une reconnaissance au titre de l'indemnisation de solidarité nationale (ISN) couvrant l'ensemble des cultures concernées dans le Tarn. Elle réclame également la reconnaissance de calamités agricoles pour les pertes de fonds liées aux ressemis de prairies et aux pertes de plants de vigne. Une procédure jugée urgente alors que les premiers semis de prairies en montagne doivent commencer autour du 15 septembre. Le syndicat souhaite par ailleurs revoir les modalités de l'assurance prairies, notamment lorsque les estimations reposent sur l'indice satellitaire. Pour la FDSEA, les données issues des observations satellitaires ne reflètent pas toujours la réalité constatée sur le terrain. Elle demande donc qu'une expertise puisse être réalisée en cas de contestation. Autre revendication : accélérer le versement des indemnisations et permettre davantage le paiement d'acomptes lorsque les délais de règlement s'allongent.

Des aides pour les charges, l'alimentation et la trésorerie

Face à l'augmentation des coûts de production, la FDSEA demande également des mesures fiscales et sociales. Parmi ses revendications figure un dégrèvement de 100 % de la taxe sur le foncier non bâti (TFNB) ainsi qu'un crédit d'impôt pour l'achat d'aliments et de fourrages. Le syndicat réclame aussi une prise en charge renforcée des cotisations sociales pour les exploitants en difficulté. La question des charges et de la trésorerie est également au cœur des demandes. La FDSEA souhaite prolonger le remboursement de 15 centimes sur le GNR et maintenir le plan engrais jusqu'au 31 décembre 2026. Elle demande également que les banques soient davantage accompagnées par des garanties de l'État ou de Bpifrance afin de faciliter les prêts de trésorerie et de consolidation. La prise en charge de certains intérêts d'emprunts et des coûts liés au report des annuités exigibles en 2026 est également demandée.

Le fourrage, une préoccupation majeure pour les éleveurs

Avec la dégradation des conditions de pâturage et les difficultés d'alimentation du bétail, la question du fourrage devient centrale pour les élevages. La FDSEA demande ainsi une aide au transport du fourrage et de l'ensilage, en complément du crédit d'impôt souhaité pour les achats d'aliments et de fourrages. Elle réclame également un traitement rapide des demandes de dérogation liées à l'agriculture biologique et aux signes officiels de qualité, ainsi que des adaptations concernant l'entretien des haies lorsque celles-ci peuvent contribuer à l'alimentation animale.

Plus de souplesse pour la PAC et les contrôles

Le syndicat demande aussi que la sécheresse de 2026 puisse être reconnue comme un cas de force majeure dans le cadre de la PAC. Cette reconnaissance permettrait d'obtenir des dérogations à certaines obligations liées à la couverture hivernale des sols, à la rotation des cultures ou encore à la diversité des surfaces agricoles nécessaire à l'écorégime. Les MAEC, les aides à l'agriculture biologique, les aides animales, l'ICHN et certaines aides couplées sont également concernées. La FDSEA souhaite en parallèle un versement anticipé des aides PAC, avec un objectif d'acompte dès le 16 octobre. Pendant cette période de crise, elle demande également davantage de proportionnalité et de discernement dans les contrôles administratifs, notamment sur les contrôles PAC liés à la disposition du foncier.

L'eau, enjeu majeur pour l'avenir

Mais au-delà des mesures d'urgence, la question de l'eau reste au centre des revendications de la FDSEA 81. Le syndicat réclame une politique claire de stockage de l'eau hivernale pour pouvoir la mobiliser durant l'été. Il demande notamment d'augmenter les moyens du fonds hydraulique et de les sécuriser jusqu'en 2035, conformément à l'objectif de doublement des capacités de stockage inscrit dans la loi d'urgence agricole. La FDSEA souhaite également accélérer les projets de retenues et de stockage, simplifier les procédures et sécuriser juridiquement les projets. Elle demande parallèlement un soutien aux équipements d'irrigation performants et économes en eau. Pour les élevages, l'organisation syndicale souhaite que l'abreuvement des animaux soit reconnu comme prioritaire dans la gestion de la ressource. Elle demande également que les arrêtés sécheresse garantissent un minimum d'accès à l'eau pour l'irrigation, y compris en situation de crise.

Préparer l'agriculture tarnaise aux prochaines années

Toutefois, la cellule sécheresse ne doit pas seulement répondre à l'urgence. Le syndicat souhaite renforcer les investissements permettant aux exploitations de s'adapter au changement climatique. Les bâtiments d'élevage sont notamment concernés, avec des demandes d'aides pour améliorer leur adaptation aux fortes chaleurs. La FDSEA souhaite également faire évoluer certaines règles d'urbanisme afin de faciliter l'utilisation de matériaux réfléchissants, de couleurs claires ou encore l'aménagement des abords des bâtiments. La réunion du 11 août constitue ainsi une première étape dans la construction des réponses à apporter à la crise. Les propositions remontées depuis le terrain doivent désormais contribuer à alimenter le plan d'accompagnement global «Canicule, Sécheresse, Incendies» attendu au niveau régional et national. Pour les agriculteurs tarnais, l'enjeu est double : obtenir rapidement des mesures pour passer le cap de 2026, mais aussi préparer les exploitations à des épisodes climatiques appelés à se répéter.

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