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La Chambre d'agriculture du Tarn grandement impliquée dans le changement climatique

Par le biais de plusieurs actions, l’organisme n’entend pas baisser les bras face au changement climatique pour accompagner les agriculteurs tarnais. 

Le dérèglement climatique se traduit principalement par un réchauffement de notre planète. Aujourd’hui, les saisons sont de moins en moins marquées, et l'inquiétude se fait de plus en plus insistante pour tout le monde. Comme une majorité de secteurs, l’agriculture est impactée. Mais la résilience et l’adaptation doivent prendre le pas sur le découragement. Pérenniser la durabilité des exploitations tarnaises est une priorité, et la Chambre d’agriculture s’y emploie activement. Annie Tizon, directrice de la Chambre d'agriculture du Tarn, n’avait pas hésité à en faire part lors de l’assemblée générale de Groupama il y a quelques semaines : “Nous sommes en train de déployer un diagnostic de vulnérabilité par rapport au changement climatique.” Irrigation, bâtiments d’élevage, fourrages… les zones de travail sont diverses.

“Adapteau”, pour adapter les systèmes d’irrigation face au dérèglement climatique 

“Renforcer la résilience au changement climatique des exploitations irriguées par des pratiques agroécologiques et économes en eau.” C’est l’intitulé, plus détaillé, du projet Adapteau. “On ne peut pas parler du changement climatique sans parler d’eau. Optimiser la gestion de l’eau quantitative et accompagner les irrigants est un objectif”, introduit Julien Nedellec, qui pilote le dossier pour le département du Tarn avec Cécile Fraysse. L’initiative est régionale, et l’action est découpée en trois étapes distinctes. Tout d’abord, prendre en compte le climat présent, et futur, afin d'en évaluer les conséquences en lien avec chaque production. “L’idée, c’est d’échanger avec les agriculteurs pour voir ce qui les attend par rapport à leur production et leur territoire”, présente le chargé de mission. Ensuite, un échantillon de 25 exploitations sera choisi dans le Tarn. Le but étant de réaliser un diagnostic de vulnérabilité au changement climatique, tout en prenant en compte l’approche économique du coût de l’irrigation. Enfin, dans un troisième temps, un plan d’action sera établi, afin de créer des outils de réflexion et mettre en place des pratiques concrètes pour les agriculteurs. À ce jour, le projet est en cours, et la diffusion des premiers résultats est prévue pour 2024.

“Batcool”, pour adapter les bâtiments d’élevage chez les petits ruminants

“Bâtiments adaptés aux températures élevées pour les caprins ovin viande et ovins lait”, soit Batcool. Le constat est le même pour tous les animaux, il fait chaud. Très chaud. Et peut-être même trop chaud. Pour les petits ruminants, le stress thermique intervient lorsque l’environnement dans lequel ils se trouvent dépasse les 30 degrés environ (voir schéma 1).

Il serait alors intéressant d'être en capacité d'identifier les zones de stress pour les animaux dans les bâtiments. Pour cela, les Chambres d’agriculture régionales de Nouvelle-Aquitaine, Paca, et Occitanie ont mis en place le projet Batcool. Julien Nedellec est chargé du pilotage du projet pour le département tarnais : “Pour recenser les solutions innovantes, on a diffusé une enquête auprès de tous les éleveurs de petits ruminants des régions concernées. Sur tous les éléments qu’on a reçus, nous avons sélectionné 50 exploitations, dont 6 dans le Tarn. L'idée était de réaliser des questionnaires précis sur ces exploitations. Comment est l’état de l’isolation ? Utilisent-ils la brumisation ? La ventilation ? Possèdent-ils des systèmes innovants pour faire face aux fortes chaleurs ?...” Ont été intégrées aux bâtiments d’élevage des sondes thermiques et hygrométriques, afin d’analyser les niveaux de température et d’humidité. À partir de là, l’idée est de suivre durant deux ans ces 50 exploitations (et 6 sites de recherche avec l’Inrae), en portant plus particulièrement l’attention sur les périodes de fortes chaleurs : “Lorsque la température dépasse les 27 degrés environ, on mesure quatre indicateurs : la température réelle, la température ressentie, l’hygrométrie et la vitesse de l’air. Ce sont ces quatre critères qui permettent de définir l’ambiance et le confort des animaux à l’intérieur du bâtiment”, explique le spécialiste. Ensuite, ces différents critères sont croisés, et les zones de stress sont identifiées grâce à des cartographies (voir schéma 2). Julien Nedellec vente le potentiel de l'initiative : “L’échantillon nous permettra de mesurer l’efficacité ou les améliorations à apporter avec des éléments techniques. Les résultats nous permettront notamment de mesurer l'efficacité des ventilateurs et autres systèmes, mais l’idée principale, c’est de retenir les meilleures solutions pour améliorer les bâtiments existants ou, pour les futurs bâtiments, corriger leurs plans de construction ou leur orientation par exemple.” La première année du projet et de mesure s’est terminée en 2022. Août 2023 marquera la fin de la deuxième année de mesure, et viendra conforter ou réfuter les résultats obtenus l’année précédente. À partir des conclusions qui seront tirées au “cas par cas”, l’intérêt sera de construire une conclusion générale, afin d’apporter des solutions concrètes au bien-être animal face au réchauffement climatique.

“Qualiprat”, pour améliorer la qualité des systèmes fourragers

à la recherche de fourrages de qualité, parfois sans produits fermentés, les exploitations de la montagne tarnaise, les industriels et agriculteurs en vente directe avec l'appui de la Chambre d'agriculture, ont créé le collectif "GIEE Qualiprat". Dès 2014, des groupes d'agriculteurs locaux (GDA/GVA) ont mis en place des essais de prairies à flore variée. Ils ont souhaité dès 2015 passer de l'échelle de la parcelle à celle du système. Grâce à la création d'un GIEE, d'autres agriculteurs et partenaires (Inra, Capflore) ont pu les rejoindre. Aujourd’hui, 25 agriculteurs tarnais sont impliqués dans le projet. L’objectif de ce dernier ? “Chercher à avoir des prairies résistantes à la sécheresse qui offrent un rendement et une valeur alimentaire longue durée”, explique Caroline Auguy, conseillère fourrages à la Chambre d’agriculture du Tarn, qui pilote et anime le projet. Les thématiques de travail sont diverses d’après la conseillère : “Les agriculteurs sont particulièrement intéressés par la manière de mettre en place les différentes plantations, ou la façon dont cela doit être pâturé également. Il y a un suivi et un accompagnement par rapport à tout ça.” Depuis sa création, le GIEE Qualiprat a mené de nombreuses actions pour aider les éleveurs à implanter et maîtriser la conduite des prairies à flore variée, par le biais d’essais, de suivis et de commandes groupées notamment.

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