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Autonomie
La ferme de Frédéric Joucla, un exemple de changement

Frédéric Joucla a présenté le 22 septembre, dans le cadre d’innov’action, son système de pâturage tournant dynamique et de prairies à flore variée et les avantages de ce système.

Cette année particulière a été la preuve que son système de fourrage est un succès. Décidant de suivre une approche plus agroécologique, Frédéric Joucla avait pour objectif l’élimination des produits phytosanitaires, la réduction du temps de travail et la sécurisation de l’autonomie fourragère. Pour ces raisons, il a décidé d’arrêter la production de céréales en 2018. “L’avantage que l’on trouve dans l’arrêt des céréales est la simplification du travail” explique l’éleveur. 

Présentation de l’exploitation 

Aujourd’hui, l’exploitation de Frédéric Joucla compte 97 ha de SAU avec 315 brebis laitières. La SAU est présentée avec 35 % de prairies temporaires de moins de 5 ans, 25 % de prairies permanentes, 9 % de prairies temporaires de plus de 5 ans, 2 % de luzerne, 3 % de méteil fourrager, 3 % de méteil grain et 23 % constitué de landes et de parcours. L’éleveur adopte depuis 2017 le système de pâturage tournant dynamique. Dans la bergerie, Frédéric Joucla remplace la paille par du bois non brûlé et du sable calcaire. L’épandage du mélange augmente la diversité du sol et sa matière organique et augmente le PH du sol favorisant ainsi les plantes comme la luzerne. De plus, cette substitution améliore l’état sanitaire de la bergerie. L’agriculteur achète tout son besoin de céréales mais cela reste plus rentable. «Le fait d’avoir des ressources différenciées comme le méteil qui peut être utilisé en complément de la prairie, nous fait gagner sur le plan économique“. 

Une année particulière 

La météo de cette année était difficile sur le plan départemental comme sur le plan national. Les cultures ont commencé à souffrir à partir du mois de mai. «C’était de pire en pire, nous n’avons eu que deux averses» explique l’éleveur. Le Tarn est caractérisé par des sols sablonneux très filtrants et très secs en été. Cela aggrave la situation. «Normalement les sols s’assèchent à partir de début juillet, cette année nous avons eu des problèmes presque deux mois à l’avance» affirme Frédéric Joucla. De plus, les précipitations d’automne n’ont pas été significatives en raison de l’évaporation causée par les températures supérieures à 30 degrés et le vent fort ressenti par les agriculteurs. «Nous étions en autonomie fourragère depuis 2019, cette année nous avons eu un manque de 10 tonnes de fourrage.»

Intégration des prairies à flore variée 

En 2014, Frédéric Joucla a décidé d’intégrer des prairies de flore variée. C’est un mélange prairial de généralement 7 ou 8 plantes, de plus de 3 ans, qui comporte des graminées, des légumineuses et souvent de diverses cultures choisies pour leur adaptation à la parcelle et à l’utilisation voulue par l’éleveur. L’objectif de ces parcelles est de prolonger la vie des prairies afin de maximiser le pâturage et aussi d’améliorer la qualité de la ration de base. Cinq types de prairies ont été implantées à des fins différentes : 
• 12 ha de prairies de pâturage précoce. Ce dernier est un moyen intéressant d’avoir des fourrages de qualité. Le fait de pâturer tôt après l’hiver améliore la qualité de la repousse en favorisant le tallage. Il permet également d’économiser sur les stocks de fin d’hiver en faisant sortir les animaux tôt pour les faire pâturer. 
• 11,4 ha de prairies mixtes précoces typées pâturage. Elle consiste à réaliser un déprimage puis une fauche et enfin un pâturage. Le déprimage favorise une repousse homogène et de qualité des graminées. Dans ce cas, les épis ne sortent pas tardivement mais plutôt à un niveau inférieur avec un feuillage abondant qui favorise l’appétit des animaux et limite les refus.
• 1,4 ha de prairies mixtes précoce sole d’été. «Sur ces parcelles, nous réalisons une fauche précoce au printemps ensilée de manière générale pour ensuite faire un stock sur pied exploitable durant l’été» explique Frédéric Joucla. Ce sont des parcelles très intéressantes pour des années comme 2022. Il y a beaucoup de légumineuses comme la luzerne et le laurier, des espèces ayant une grande résistance et perdent peu de valeur en évolution de stade. Les agriculteurs possédant ce type de parcelles ont pu augmenter le temps de pâturage pendant la période estivale en utilisant le repart sur pied. 
• 8 ha de parcelles de fauche précoce : elles ne sont pas censées être pâturées et sont fauchées 2 à 3 fois. 
• 4 ha de parcelles mixtes intermédiaires fauche ou pâture. Celles-ci sont souvent utilisées plus tard en raison de leur éloignement de l’exploitation, de leur orientation ou de leur type de sol. Le mélange d’espèces tardives planté sur ces terres permettra d’utiliser ces zones plus tard sans perdre de valeur.

Fonctionnement du pâturage 

La mise en place du pâturage tournant a commencé en 2017. Ce système repose sur deux principes essentiels : 
• Un temps de repos à respecter entre deux pâturages pour assurer une bonne régénération des plantes. 
• La durée du pâturage doit être courte et avec une charge adaptée à la quantité d’herbe disponible pour éviter le surpâturage. 
• La mise à l’herbe idéale sera à 250° jours. Le principe c’est de mettre les animaux là-dessus pendant qu’ils sont en transition alimentaire tant qu’il y a peu d’herbe sur la parcelle. Frédéric Joucla avait débuté le pâturage au 269° jours. «Frédéric Joucla a sorti ses animaux exactement quand il fallait» explique la technicienne de la Chambre d’agriculture. 
Pour les surfaces de fauche, le déprimage doit être terminé avant les 500° jours. Sur les parcelles destinées au rendement, il est demandé d’arrêter le passage des animaux avant cette date. L’agriculteur avait respecté ces délais en arrêtant le pâturage à 439° jours. Pour les surfaces de printemps (19,3 ha dont 12,25 ha de PFV, 6,46 ha de PP et 6,46 ha de PT) il a pu passer entre 4 et 5 tours entre mars et juillet voire 6 cette année. Cette année 10 ha supplémentaires réservés normalement à de la seconde coupe ont été pâturés. 
La particularité de son exploitation, c’est bien l’hétérogénéité des parcelles. On trouve des parcelles qui sont un peu plus productives et d’autres un peu moins. Celles qui sont en plaine, bénéficient un peu plus de l’eau et produisent un peu plus longtemps et celles qui sont sur les pentes sèchent vraiment très vite et sont difficilement exploitables en fin de saison.
Pour le pâturage tournant, ses paddocks mesurent 0,9 ha. Les animaux restent 1 à 2 jours sur le même paddock, puis changent. Lorsque l’herbe cesse de pousser, ce qui devait normalement arriver fin juin mais qui s’est produit un peu plus tôt, l’augmentation de la surface de pâturage est une nécessité en été pour avoir un temps de retour plus long et pour permettre à l’herbe de repousser avant de revenir.
19 ha ont été utilisés au printemps pour le pâturage et nous ajoutons 12 ha qui ont été fauchés en 1ère coupe et qui rejoignent les parcelles de pâturages sur la période estivale.

Résultats positifs

Au niveau du plan fourrager, l’éleveur est en totale autonomie fourragère depuis 2019, avec 50 tonnes de foin en plus. Au niveau de l’autonomie fourragère il achète 55 T / an dont 29 T de céréales ; son lait est autonome à 83% en protéines nous constatons également l’évolution de sa production laitière entre 2015 et 2021. Sa production laitière est compensée par les coûts d’alimentation.

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