Feux
La saison des incendies bat son plein
Avec les travaux de récolte, depuis le 20 juin le nombre d’incendies et d’hectares brûlés ont grimpé en flèche et dépassent déjà les chiffres de 2025. Le Sdis reconnaît toutefois les bons réflexes adoptés par les agriculteurs.
Avec les travaux de récolte, depuis le 20 juin le nombre d’incendies et d’hectares brûlés ont grimpé en flèche et dépassent déjà les chiffres de 2025. Le Sdis reconnaît toutefois les bons réflexes adoptés par les agriculteurs.
Mercredi dernier, 5 hectares de chaume sont parties en fumée à Cambon après qu’une presse à paille a pris feu. Voilà l’un des tous derniers incendies liés aux activités agricoles du département. Et heureusement, grâce à l’intervention rapide d’une cinquantaine de pompiers et l’aide du voisinage, les flammes ne se sont pas propagées aux habitations et aux bosquets environnants. Depuis le 20 juin, le nombre d’incendies et d’hectares brûlés est en forte hausse par rapport à 2025, selon les données fournies par le Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) du Tarn. 105 feux d’espaces naturels se sont déclarés depuis l’été (+228% en un an) et 103 hectares ont brûlé (en hausse de 415% par rapport à 2025). Les canicules à répétition et la sécheresse en sont la cause.
Communication renforcée depuis 2022
La période des moissons est particulièrement critique : la moindre étincelle provoquée par le raclement d’un engin sur une pierre, le moindre frottement de pièces pas assez graissées sur une machine peuvent enflammer la végétation desséchée au quart de tour. Depuis les gros incendies de 2022, les pompiers communiquent davantage avec les agriculteurs pour améliorer la prévention et limiter la propagation des flammes. “La majeure partie du temps, les agriculteurs ont les bons réflexes. La situation pourrait être pire”, reconnaît le commandant Philippe Siguier. Depuis le début de l’été, plusieurs départs de feu ont pu être stoppés grâce à des tonnes à lisiers remplies d’eau, présentes au bord du champ où le travail est en cours. D’autres ont été éteints à l'aide d'extincteurs. “Ils utilisent aussi les déchaumeurs pour racler le sol et créer un coupe-feu”, relate le commandant. L’accès aux engins des soldats du feu est également facilité.
"On est tous gagnants"
Tous ces réflexes “commencent à prendre” : “on a conscience que ça demande une préparation, qu’il faut être à 2 ou 3 sur les moissons, mais à la fin on est tous gagnants. C’est leur gagne pain qui est en jeu”, poursuit le commandant. Les pompiers sont aussi en étroite collaboration avec les propriétaires forestiers du département. “On essaye de faire valoir l’importance du débroussaillage à proximité des maisons mais ce n’est pas appliqué à 100%”, relève-t-il. Agriculteur, propriétaire forestier, particulier : “c’est toute une chaîne de responsabilités sur laquelle il faut travailler”, résume le commandant. Car chaque geste compte et peut faire gagner un temps précieux aux sapeurs pompiers. Pour le moment, les surfaces parcourues par les feux de chaume sont “modestes”, une dizaine d’hectares tout au plus par feu, et la forêt n’est pas aussi sèche que dans l’Aude ou les Pyrénées-Orientales, deux départements où de gros incendies ont déjà ravagé des milliers d’hectares. Mais la saison estivale n’est pas terminée. “Après les moissons, il y a les vacances et les particuliers sont particulièrement inconscients”, prévient le capitaine Siguier.