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Le groupement de défense sanitaire du Tarn déclare la guerre à la BVD

Le groupement de défense sanitaire du Tarn (ex-Alma) a insisté lors de son assemblée générale, le mercredi 4 mars, sur le combat à mener contre la maladie des muqueuses.

© Le Paysan Tarnais

La BVD (diarrhée virale bovine), autrement connue sous le nom de maladie des muqueuses, a été au cœur de l’assemblée générale du groupement de défense sanitaire (GDS) du Tarn, mercredi 4 avril. Et pour cause : cette maladie souvent difficile à repérer peut être dévastatrice dans les troupeaux. «C’est un sujet de préoccupation, annonce Christian Galzin, président de la Maison de l’élevage. Lors d’un prochain conseil d’administration, nous allons définir une stratégie» pour stopper cette maladie, qui fait l’objet d’un projet d’éradication au niveau national.

Des analyses sérologiques con-duites dans des élevages tarnais lors de la campagne 2016/2017 permettent d’estimer que 71 % des cheptels allaitants et 66 % des cheptels laitiers sont indemnes. Difficile à l’heure actuelle d’avoir un état des lieux plus précis de la présence de la BVD dans les élevages du département. «On souhaite faire une cartographie mais pour cela il faut mettre en place un dépistage global et pas uniquement sur la base du volontariat», commente Adélaïde Pellat, conseillère en santé animale au GDS du Tarn.

Un coût important

Pour approfondir les connaissances sur cette maladie, le GDS a invité le vétérinaire tarnais Olivier Valles à venir la présenter en détail (lire ci-dessous). Sylvain Fraysse, éleveur aveyronnais dont les élevages allaitants et laitiers ont été contaminés par ce virus très contagieux, est également venu partager son expérience. Un bon moyen de comprendre que cette maladie n’est pas une fatalité, mais que le chemin pour s’en sortir est long, voire «très long», comme il l’explique. Sept années lui ont en effet été nécessaires pour venir à bout du virus. Des recherches systématiques condui-tes sur les génisses de renouvellement, à l’aide de boucles auriculaires, lui ont permis d’éliminer au fur et à mesure les IPI (lire ci-contre) pour stopper la propagation du virus au sein du cheptel. Et aujourd’hui Sylvain Fraysse continue les recherches à chaque naissance pour éviter que la maladie ne revienne. Cela lui coûte environ 150 € par an en boucles auriculaires. Mais c’est bien peu au regard des conséquences économiques importantes que la maladie engendrait sur son exploitation : près de 8 000 € par an pour les coûts indirects (retards de croissance, diarrhées récurrentes, mortalité, etc.) et environ 1 000 € par an pour les coûts directs.

À l’échelle de la France, on estime le coût de la BVD à 30 millions d’euros chaque année. On comprend aisément pourquoi l’État a décidé d’emboîter le pas de ses voisins européens qui, à commencer par la Suisse, ont déjà mené de grandes campagnes pour éradiquer la BVD.

D. Monnery

Tout savoir sur la BVD

> Quels sont les symptômes ?

Ils sont souvent peu visibles. Parmi ceux rencontrés : diarrhées néonatales, problèmes respiratoires avec forte mortalité, troubles de la reproduction, malformations, retards de croissances.

> Comment se propage-t-elle ?

Elle est très contagieuse, quel que soit l’âge des animaux. Elle se transmet par contact rapproché (voie respiratoire, ingestion de matière contaminée) en quelques minutes seulement.

Elle se transmet également par voie transplacentaire, de la mère au fœtus.

> Quels sont les facteurs de contamination ?

Achat d’IPI ; contact avec un cheptel voisin contaminé ; mélange d’animaux (concours, pensions...) ; matériel infecté (bottes souillées, bétaillères, etc.)

> Comment protéger un cheptel sain ?

Faire un dépistage virologique sur chaque animal acheté ; dépister les veaux nés de femelles gestantes achetées ; limiter les contacts avec les troupeaux voisins (double clotûre, organisation du patûrage…) ; vacciner les animaux avant de les présenter à un concours ou les isoler durant 21 jours à leur retour et les contrôler ; nettoyer et désinfecter le matériel.

> Que faire en cas d’infection ?

Dépister en priorité les animaux de la même génération que le premier IPI ; dépister l’ensemble des moins de 3 ans ; isoler et éliminer rapidement les IPI ; contrôler par prélèvement sanguin les bovins introduits ; vacciner les femelles avant la mise en reproduction.

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