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Le veau fermier du Lauragais doit surveiller sa couleur

Trop peu de veaux blancs qui correspondent à la demande du marché sont produits par la coopérative, estime son président, Didier Codeco.

© Coopérative du veau du Lauragais

Pour voir l’avenir en rose, le veau fermier du Lauragais doit être plus blanc. C’est, en substance, le message que le président, Didier Codecco, a voulu faire passer lors de l’assemblée générale de la coopérative du veau fermier du Lauragais, le mardi 13 mars à la halle aux grains de Puylaurens.

Car c’est peu dire que les chiffres d’activité 2017 ne le réjouissent pas. Le nombre de veaux livrés a baissé de 14% en un an pour s’établir à 1 504 veaux. Plusieurs facteurs expliquent cette chute : érosion de la consommation de viande, fins de mois tendues dans nombre de ménages «qui impactent très fortement les commandes de nos clients à partir du 20 de chaque mois». Ces éléments restent cependant mineurs aux yeux du président pour qui, la principale raison de cette baisse, est «l’arrêt des livraisons auprès de la Sobeval, du mois de mai à l’automne, qui représente plus de 200 veaux». C’est d’autant plus regrettable que cette situation «nous est imputable assez directement, pointe Didier Codecco. Notre incapacité à faire respecter à quelques éleveurs les règles pourtant assez simples édictées par notre client l’a poussé à arrêter de travailler avec nous.» Le redémarrage de ces livraisons a pu reprendre en novembre sur des volumes plus faibles et des règles plus strictes. «Une implication réelle de tous est primordiale», insiste Didier Codecco.

Car dans le même temps, le nombre de veaux labellisables a lui aussi baissé de 14 % et n’atteint plus les 50 % de l’ensemble des livraisons. C’est l’âge qui pose problème, avec un abattage moyen à 176 jours contre 168 pour la limite du label. Or le manque à gagner de ces veaux plus vieux, entre la baisse de prix à la vente et les coûts de production supplémentaire qu’ils engendrent, représente 550 € par tête. «Des solutions existent mais nécessitent toujours un peu de remise en question», indique Didier Codecco (lire également ci-contre).

«Pour nos clients, le bon veau est clair et gras, un point c’est tout, souligne le président. Il n’y a de place pour les veaux classés 3 que pour 15 à 20 % du marché et nous en produisons près de 50 % chez nous, ce qui explique notre difficulté à conserver nos propres marchés et notre quasi incapacité à aller en chercher de nouveaux. (…) La priorité est d’améliorer de façon importante la qualité de notre production, c’est-à-dire son homogénéité dans la couleur et de l’état d’engraissement. Seuls les respects de ces critères nous garantirons une reconnaissance de notre production, synonyme de rémunération en tant qu’éleveur et donc de pérennité pour notre coopérative.»

D. MO

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Dépistage

La coopérative a investi en fin d’année dans un appareil de mesure des taux d’hémoglobine des veaux. L’objectif est double : repérer les veaux rouges dès le plus jeune âge car ils ne seront jamais blancs et ne justifient pas des heures de tétées assidues, et repérer les veaux anémiés le plus tôt possible afin de les complémenter en fer pour qu’ils n’aient pas de troubles de croissance qui finiraient par les rendre rouges. Ce dépistage, à réaliser entre deux et trois semaine, est un service proposé depuis l’automne. «N’hésitez pas !», a encouragé Didier Codecco.

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