Aller au contenu principal

Viticulture
Gaillac : le vignoble passe sous les 5 200 hectares

Le préfet du Tarn a fait le point sur les primes à l’arrachage et les différents accompagnements mobilisables en cette période difficile.

Jeudi dernier, à la Maison des vins de Gaillac, le préfet du Tarn, Simon Bertoux, a tenu à faire le point sur les accompagnements prévus “pour accompagner les évolutions de la filière, soutenir les exploitations face aux difficultés que rencontre le monde agricole, et préserver le potentiel viticole du territoire.” Revenant sur les primes à l’arrachage, celles-ci ont débouché sur l’arrachage de près d’un millier d’hectares l’an passé et 600 cette année. La surface viticole du département va ainsi passer de 6 700 à moins de 5 200 ha. Les services de l’Etat ont rappelé leur vigilance quant à la mise en œuvre effective de l’arrachage et ce, afin de lutter contre la flavescence dorée. La préfecture est en discussion avec huit propriétaires qui ne sont pas encore passés à l’action. En cas de non respect, les contrevenants peuvent se voir infliger une amende. “Le but n’est pas de sanctionner mais que la vigne soit arrachée”, a souligné le préfet.

26 demandes pour le fonds d'urgence

Le représentant de l’Etat est ensuite revenu sur le fonds d’urgence du plan CASI. A ce jour, 26 demandes ont été faites dans le secteur viticole pour en bénéficier. Elles seront étudiées et pourraient aboutir à une aide en trésorerie de 5 000 euros, majorée de 20% pour les jeunes installés, “qui arrivera très vite”, a précisé Simon Bertoux. Ce dernier a également rappelé le report du paiement de la TFNB (taxe foncière sur la propriété non bâtie), dont le taux de dégrèvement s’élève à 40% pour la filière viticole. “Un geste financier fort”, commente Simon Bertoux. “Cela permet en effet d’avoir reçu l’avis de dégrèvement avant la date de paiement de l’impôt pour faciliter la trésorerie des agriculteurs et viticulteurs” a précisé Anne-Marie-Audureau, directrice de la DGFIP du Tarn.

Demande de soutien financier à l'irrigation

Toutes ces mesures ne sont pas de trop pour le secteur viticole. D’autant que, comme l’a rappelé le préfet, “la dernière bonne année remonte à 2020” et que depuis, la trésorerie de chaque exploitant s’est “asséchée”. “On est face à une crise profonde à la fois conjoncturelle, économique et climatique”, confirme Cédric Carcenac, président de la Maison des vins. Et de nombreux défis attendent les viticulteurs, à commencer par la gestion de l’eau pour la “conserver le plus longtemps sur le territoire, pour l’environnement et la vigne”. Un travail de longue haleine est en cours pour autour des haies, des arbres et du sol, “mais il faudra aussi stocker de l’eau”. Aujourd’hui, il y a un décret de l’AOP qui donne la possibilité d’irriguer depuis 2022. Dans l’avenir, les vignerons pourront s’équiper de systèmes en goutte à goutte. “Il faudra un accompagnement pour mobiliser des fonds”, prévient le président de la Maison des vins. A ce titre, le préfet a rappelé le triplement du fonds de soutien aux équipements hydrauliques agricoles “donc il y aura de quoi financer”. Cet été en IGP, l’irrigation en goutte à goutte a consommé en moyenne 200 mètres cubes par hectare et jusqu’à 500 au pic.

L'agrivoltaïsme à l'étude

L’enjeu humain est aussi de taille puisque plus de la moitié des viticulteurs ont plus de 55 ans et qu’un problème de renouvellement se pose. Tout comme le défi du foncier. Par quoi remplacer les vignes arrachées ? “Il ne s’agit pas de faire n’importe quoi. L’agrivoltaïsme revient souvent dans la discussion. On n'y est pas défavorable mais il ne faut pas détruire nos paysages et il faut y trouver un intérêt agronomique”, explique Cédric Carcenac. La Maison des vins a sollicité l’avis éclairé des services de l’Etat à ce sujet. Enfin autre défi, le rayonnement du vignoble, notamment à travers l’oenotourisme, aspect sur lequel “il s’agit de garder notre avance” par rapport à d’autres régions viticoles, mais aussi au travers des événements phares comme la Fête des vins. “On y est très attachés”. Un travail est aussi mené auprès des restaurateurs pour mieux mettre en avant les vins locaux. Et pourquoi pas ouvrir l’Abbatiale aux vignerons sans IG (indication géographique) ? “Qui dit crise, dit se renouveler” conclut Cédric Carcenac.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout le Paysan Tarnais

Les plus lus

Avance PAC 2026 : montants connus, versements à partir du 16 octobre

Les premiers versements doivent arriver à partir du 16 octobre. Pensez à vérifier les montants sur TéléPac.

Sécheresse : la FDSEA du Tarn face à un été destructeur

Pertes de récoltes jusqu'à 80 %, prairies détruites et décapitalisation en vue : le conseil d'administration formule de fortes…

30 à 50% de pertes dans les vergers tarnais

Les pommiers ont souffert de la chaleur et du manque d’eau, entraînant une récolte décevante. Entre 30 et 50% de pertes sont…

Excès de pluie : les demandes sont ouvertes jusqu'au 19 octobre

Les agriculteurs ayant subi des dégâts liés aux fortes pluies de janvier et février 2026 peuvent déposer leur demande d…

Évènementiel/élevage : baisse des exposants, érosion de la fréquentation au Space

Pour sa quarantième édition, qui s’est achevée le 17 septembre, à Rennes, le Space a enregistré une nette baisse de son nombre…

TFNB 2026 : combien allez-vous réellement payer après le dégrèvement sécheresse ?

Le paiement est reporté au 15 novembre : vérifiez le montant de votre dégrèvement avant de régler. Ce dégrèvement doit être…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site le Paysan Tarnais
Consultez le journal le Paysan Tarnais au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal le Paysan Tarnais