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Les appels à l'aide agricoles germent devant le préfet
À Garrigues, Simon Bertoux a pu constater les dégâts causés par les intempéries de février et a échangé avec les élus de la FDSEA et des JA sur les problématiques de toutes les filières.
À Garrigues, Simon Bertoux a pu constater les dégâts causés par les intempéries de février et a échangé avec les élus de la FDSEA et des JA sur les problématiques de toutes les filières.
À l’invitation de la FDSEA du Tarn et des Jeunes Agriculteurs, le préfet du Tarn, Simon Bertoux, s’est rendu jeudi 9 avril sur une exploitation céréalière à Garrigues. Cette visite de terrain a permis de dresser un état des lieux sans détour de la situation des grandes cultures et, plus largement, des difficultés qui touchent l’ensemble de l’agriculture tarnaise.
Une filière grandes cultures sous forte pression
Les responsables professionnels ont rappelé que la légère amélioration technique pour certaines cultures d’hiver observée en 2025 ne doit pas masquer la réalité économique. Les cultures de printemps, notamment le maïs et le tournesol, cumulent rendements insuffisants et prix de vente trop bas, entraînant dans de nombreux cas une absence de rentabilité. Dans le même temps, les charges continuent de progresser fortement : hausse du GNR, impact du MACF sur les engrais, et incertitudes réglementaires persistantes. Cette accumulation fragilise directement la viabilité des exploitations de grandes cultures dans le département.
Des intempéries qui aggravent la situation
Les intempéries de février ont également été au cœur des échanges. Sur le terrain, les dégâts sont visibles : sols dégradés, éboulements et glissements de terrain que nous avons pu constater sur l’exploitation. Au-delà de ces constats, les excès d’eau ont entraîné retards de travaux, pertes de cultures et difficultés d’implantation, compromettant déjà le potentiel de production pour la campagne 2026.
L'eau : un enjeu central pour l'avenir
Dans un contexte de dérèglement climatique, la FDSEA du Tarn a rappelé la nécessité urgente de développer le stockage de l’eau. L’irrigation est un levier indispensable pour sécuriser les productions, mais les projets restent aujourd’hui freinés par des lourdeurs administratives et des coûts élevés.
Une agriculture tarnaise fragilisée dans son ensemble
Au-delà des grandes cultures, plusieurs filières ont été évoquées. La viticulture, notamment dans le Gaillacois, reste en crise avec une baisse de production et des arrachages importants. La dermatose nodulaire contagieuse (DNC) continue également de peser sur les élevages, malgré la mobilisation des professionnels. Enfin, la question de l’installation des jeunes agriculteurs reste un enjeu majeur dans un contexte de crise durable.
Des demandes claires portées à l'État
Face à cette situation, la FDSEA du Tarn a porté plusieurs demandes prioritaires :
• un soutien économique d’urgence pour les exploitations en difficulté,
• des mesures sur les charges, notamment GNR et engrais,
• la reconnaissance des pertes liées aux intempéries,
• la simplification des démarches administratives,
• et l’accélération des projets de stockage de l’eau.
Cette visite a permis un échange direct avec le préfet du Tarn et une nouvelle mise en lumière des difficultés du terrain. Si les discussions ont été jugées constructives, la profession attend désormais des réponses rapides et concrètes. Sans mesures fortes, c’est la pérennité des exploitations et l’équilibre de l’agriculture tarnaise qui sont aujourd’hui en jeu.