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Les vautours de plus en plus présents sur les monts de Lacaune

La présence des vautours fauves sur les monts de Lacaune est de plus en plus remarquée. La découverte d'animaux morts et les scènes de curées amplifient les craintes des éleveurs. Un groupe de pilotage est en cours de constitution.

Au vol, le vautour fauve se reconnaît à ses ailes longues, larges, arrondies à l'arrière, aux extrémités digitées et relevées vers le haut. Sa queue est très courte.
Au vol, le vautour fauve se reconnaît à ses ailes longues, larges, arrondies à l'arrière, aux extrémités digitées et relevées vers le haut. Sa queue est très courte.
© Le Paysan Tarnais

observent l'un des plus grands rapaces de France au dessus des monts de Lacaune depuis longtemps. Christophe Morel, de la Ligue de protection des oiseaux le confirme. " Pour le département du Tarn, les premiers vautours ont été remarqués il y a 12 ou 15 ans, mais de façon anecdotique. On pouvait les observer en altitude. "
Depuis quelques années, le nombre de cadavres d'animaux ayant servi de repas à ces oiseaux nécrophages augmente dans le Tarn. " La population des vautours s'est développée petit à petit dans le département. Il s'agit d'oiseaux venus des Grands Causses de l'Aveyron. Depuis près de 25 ans, dans le cadre des programmes de réintroduction des vautours et afin de permettre l'accès à la nourriture pour ces oiseaux nécrophages, une collecte d'équarrissage est assurée en Aveyron. " Mais la maturité sexuelle des vautours fauves n'intervient pas avant 3 à 5 ans et les jeunes individus ont un territoire plus vaste que les nicheurs. Ils peuvent parcourir de grandes distances sans se fatiguer en profitant à la belle saison des courants ascendants qui les portent. Le sud-est du Tarn est en effet distant d'une cinquantaine de kilomètres des Grands Causses... à vol d'oiseau...
L'accentuation de la présence des vautours au dessus de Murat, Barre ou Lacaune date d'environ 5 ans. "Nos observations ont montré qu'à partir du mois de mars-avril, les vautours survolaient ce territoire tous les jours ou presque. Auparavant, les habitants ne s'en apercevaient pas. " Les oiseaux peuvent en effet voler très haut.
Même en altitude, ils peuvent déceler la présence d'un animal mort. "On peut imaginer qu'ils ont découvert le territoire comme cela. Ils y ont trouvé de quoi se nourrir et l'ont intégré dans leur zone de prospection " explique Christophe Morel.

L'inquiétude des éleveurs

La dernière manifestation de la présence des vautours fauves date d'une dizaine de jours. Une curée qui a eu lieu sur une vache et dont ont été témoins les gendarmes qui ont immédiatement prévenus l'éleveur. Reste à savoir si l'animal était encore vivant au moment où les volatiles s'en sont pris à lui. Pour Christophe Morel, de la LPO, si le ruminant était vivant, il avait forcément un problème. " Nous comprenons tout à fait que les éleveurs puissent s'inquiéter et qu'une scène de curée par plusieurs dizaines de vautours puisse heurter la sensibilité de l'éleveur. Mais le vautour est nécrophage. Il ne s'attaque pas à des proies vivantes et en bonne santé. D'ailleurs de part la morphologie de ses pattes, il n'a pas assez de forces comme l'aigle peut en avoir avec des serres acérées. " Pour le spécialiste, impossible donc qu'un vautour puisse contraindre une vache ou un mouton en bonne santé à se coucher puis le tuer.
Joël Théron est éleveur à Moulin-Mage. Il a l'habitude de voir les vautours au dessus de son exploitation. " On les voit souvent, moi, mon fils et même les voisins. Plusieurs éleveurs les ont vus autour d'une vache qui venait de vêler... Ce qui me chagrine, c'est qu'une fois de plus nous allons être dépendants d'une réintroduction que nous n'avons pas voulu et que nous ne maîtrisons pas. " Joël Théron se souvient que les anciens n'avaient jamais parlé de vautours. " Qu'il y ait des vautours, je veux bien, mais il ne doit pas y avoir de contraintes pour les éleveurs. " Il s'inquiète de la question de la régulation des populations. Comment celles-ci sont-elles prises en compte et comment sont-elles gérées ? " J'aime mon travail et je veux vivre de l'élevage. Nous n'avons pas besoin de cela en ce moment."
Certains demandent aujourd'hui que l'état communique sur le sujet ce qui devrait être le cas rapidement (lire ci-contre). En plus d'une communication par voie de presse, il serait semble-t-il bon d'inviter les éleveurs à une réunion d'informations en présence des différents acteurs et spécialistes de ce dossier. Ce serait sans doute l'occasion de dédramatiser ces images de curées et, pour le monde de l'élevage, d'exprimer ses craintes et ses attentes.

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