Jeunes
Lever les freins à l'installation en agriculture
Malgré la complexité de la démarche, les Jeunes Agriculteurs du Tarn vont au contact des futurs porteurs de projet et veulent rendre l’installation plus accessible.
Malgré la complexité de la démarche, les Jeunes Agriculteurs du Tarn vont au contact des futurs porteurs de projet et veulent rendre l’installation plus accessible.
Selon un baromètre Eloi (start-up qui met en relation porteurs de projets agricoles et cédants), publié à l’occasion du Salon de l’Agriculture à Paris, plus de 80% des porteurs de projets agricoles voient le parcours d’installation comme une épreuve. Une réalité qui en dit long sur la complexité de la démarche aujourd’hui en France pour arriver à reprendre une ferme. Pour répondre à cette problématique, les Jeunes Agriculteurs du Tarn prennent les devants et vont régulièrement au contact des futurs porteurs de projets du département pour éclaircir le sujet. Comme ce lundi 23 mars, où le syndicat tarnais a organisé un nouveau forum de l’installation, au CFPPA du Tarn à Albi, en présence de plus d’une centaine de jeunes étudiants des établissements agricoles du département.
Un premier contact avec les partenaires
En partenariat avec l’établissement et les OPA, l’événement permet chaque année aux jeunes de se familiariser avec toutes les spécificités d’une reprise d'exploitation. Dans le détail des ateliers, chaque participant a pu découvrir les démarches à l’installation (par le Point Accueil Installation 81), les risques professionnels (par la MSA), les financements (par le Crédit Agricole), la gestion d’entreprise et sa trésorerie (par le CER France), le travail en commun (par la Cuma et l’ATAG), le foncier et son exploitation (par la Safer), se faire de l’expérience avant de s’installer (par le SR et l’ASAT) et l’assurance (par Groupama). “C’est un forum qui nous tient à cœur et qui nous permet de promouvoir ce renouvellement des générations, essentiel à la pérennité de notre métier”, a souligné Enzo Pontello, responsable installation chez JA81, aux côtés de son président Lionel Aussenac et des élus du bureau, qui étaient mobilisés dans les ateliers pour parler de leur parcours personnel. Les responsables JA81 ont également salué et mis en avant le nouveau Bachelor Agro, créé dans la cadre de la loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations, et dont les premières formations ouvriront à la rentrée 2026. De niveau bac +3, le bachelor a pour vocation de devenir une référence en matière d’installation et de conseils agricoles, en créant un pont entre le BTS agricole et les écoles d’ingénieurs agronomes. “C’est une nouvelle opportunité pour renforcer les compétences de nos jeunes en matière d’installation”, ont souligné les élus. De son côté, la directrice de l’EPL du Tarn, Sylvie Dolet, a salué l’utilité d’un tel événement, pour “permettre aux élèves d’avoir toutes les clés en main pour s’installer en agriculture”.
Enzo Pontello, responsable installation chez JA81 : l'installation, "notre cheval de bataille"
> Quel est le bilan de l’installation dans le Tarn en 2025 ?
“Nous avons eu 76 DJA (dotation jeune agriculteur) et 18 DNA (dotation nouvel agriculteur) en 2025. Dans ces installations, 36% concernent des femmes, 47% des hors cadre familial et un âge moyen de 31 ans. Le Point Accueil Installation, qui est la première étape obligatoire pour quelqu’un qui souhaite s’installer, a reçu 400 candidats, porteurs de projets et cédants d’exploitations. Nous sommes un département assez dynamique, avec la hausse du nombre d’installations la plus importante d’Occitanie entre 2024 et 2025. On espère que cela va continuer en 2026.”
> Quelles sont les filières les plus privilégiées ?
“Globalement, il y a aujourd’hui un fort attrait pour l’élevage, que ce soit en bovins, en ovins ou en volailles. Les prix sont plutôt attractifs dans ces filières-là donc ça pousse les jeunes à passer le cap et s’installer. En revanche, la filière viticole est celle qui souffre le plus du manque de candidats, le marché qui va mal ne les motive pas à porter un projet.”
> Quels peuvent être les freins à l’installation ?
“Le principal frein reste le coût de reprise d’une exploitation. Le prix du matériel ou des animaux ne cessent d’augmenter ces dernières années, le coût de reprise devient alors plus élevé et dissuade certains projets. Le manque de visibilité dans certaines filières peut être également considéré comme un frein à l’installation.”
> Comment le syndicat travaille pour défendre ce renouvellement des générations ?
“C’est notre cheval de bataille et nous continuerons à porter ce message. Au niveau local, nous faisons de la promotion du métier, comme via ce forum installation, pour permettre aux jeunes d’avoir un premier contact avec tous les partenaires et avec tous les aspects d’une installation. Au niveau national, notre syndicat a défendu sa position sur le sujet, à travers les discussions sur la loi d’orientation agricole. Cette loi va notamment permettre l’ouverture d’un bachelor agro à la rentrée 2026, qui doit former nos futurs agriculteurs aux enjeux de demain, et la mise en place en 2027 d’un guichet unique pour l’installation.”