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Montredon-Labessonnié : du service de remplacement à l'installation

Depuis le mois d’avril, Cédric Cancian a rejoint Marie-Claude Rolland au Gaec les Belles de la Sabatarié à Montredon-Labessonnié. Ensemble, ils se chargent de l’exploitation de 110 hectares qui compte 700 brebis viande.

Après un BEP à Fonlabour et un Bac Pro à Touscayrats, Cédric Cancian accepte un premier emploi dans un élevage de brebis laitières. Deux ans plus tard, sa curiosité le pousse à entreprendre de nouvelles expériences. Il rejoint le service de remplacement du Tarn où il passe douze années. Elles lui apportent une expérience dans tous les types d’élevage, excepté peut-être les volailles qu’il pratique moins.

De nomade à sédentaire

Il sillonne le sud du Tarn jusqu’à Saint-Amans-Soult et il travaille au total dans une vingtaine d’entreprises chaque année. Mais il y a un lieu où il se sent particulièrement bien : l’exploitation de Marie-Claude Rolland. Cette dernière a perdu son mari, Marc, et se retrouve seule à assumer les travaux de la ferme. Après avoir recours au service de remplacement pendant quelques années, elle recherche un associé. Si cela ne fait pas partie initialement des projets de Cédric, il décide pourtant de la rejoindre. «C’est le cadre que j’adore et qui m’a convaincu de m’installer» affirme-t-il. D’ailleurs, ce qu’il aime le plus dans son métier, c’est l’immense liberté qu’il lui procure. «J’organise mon temps comme je le souhaite, je vis dehors, j’observe le changement des saisons. Bref, je suis proche de la terre» affirme-t-il. Se lever tôt et finir tard font partie intégrante du job, il ne s’en plaint pas. Il partage son amour des animaux avec son fils Lucas, 12 ans, dont il a la garde une semaine sur deux et qui vient régulièrement à la Sabatarié. «C’est un passionné», affirme son père, heureux de partager avec le jeune homme des moments privilégiés au grand air.

Le calme, un pré-requis essentiel pour les brebis

Selon l’éleveur, bien remplir sa mission au quotidien requiert un œil attentif, du calme et une capacité à écouter les animaux. «La brebis est un animal un peu fuyant qui a besoin de tranquillité et pas d’explosivité», explique-t-il. À l’exploitation, le travail quotidien repose sur une répartition des rôles. Les deux associés s’occupent de l’alimentation et du soin des bêtes, Cédric se charge des cultures, Marie-Claude de l’administratif. Éloigné de la bureaucratie pendant plusieurs années, l’agriculteur se forme au fur et à mesure notamment aux côtés de son binôme, ancienne employée administrative à la Chambre d’Agriculture. «Il faut connaître les lois qui évoluent très vite. Chaque année, il y a des nouveautés, des normes qui changent. Il convient d’être pointilleux", reconnaît-il. Tous les trois mois environ se déroule un agnelage, une période de travail chargée. Le prochain aura lieu le 15 décembre. En attendant, le jeune homme prépare les sols pour semer l’orge et le triticale qui assurent l’autonomie alimentaire des bêtes. Les 110 hectares comportent des parcelles avec du pâturage permettant aux animaux de sortir régulièrement. Pour la commercialisation, les associés gardent les habitudes prises du temps de Marc Rolland. La coopérative Arterris achète l’ensemble de la production, ce qui leur assure un prix constant toute l’année.

Un chalet pour mieux séparer travail et vie personnelle

Pour l’installation de Cédric, les associés ont décidé de construire un chalet de 32 m2 doté d’une salle de repos, d’une petite cuisine et d’une salle de bains. «Nous avons été conseillés par l’ATAG (association tarnaise pour l’agriculture de groupe) car Marie-Claude habite au-dessus de la bergerie. C’était important de bien séparer les lieux d’habitation et de travail». Le chalet permet à Marie-Claude d’avoir un bureau pour gérer tout l’administratif et à Cédric de se reposer au moment de l’agnelage voire de rester dormir sur place. Car originaire de Roquecourbe, il vit encore à Labruguière même s’il espère déménager rapidement pour se rapprocher de la ferme. Trop occupé par son travail, il a abandonné le volley-ball qu’il pratiquait auparavant. Désormais, il se concentre sur un seul loisir, la chasse. Les balades dans la nature lui procurent la même sensation de liberté que son travail au grand air. «Et puis cela me permet de voir les dégâts que font les sangliers, par ici ils ont ravagé tout ce que j’avais semé. Je dois recommencer», se désole-t-il. Des vacances, il en prend rarement car il n’aime pas s’éloigner de sa terre. Cette année, au mois d’août avec Élodie sa compagne d’origine portugaise, ils ont mis le cap sur Porto. Une véritable découverte. «Il me tardait de revenir. Dix jours c’est vraiment le maximum pour moi», explique-t-il. Résolument optimiste, il imagine l’avenir avec sérénité. Pour l’heure, le marché se maintient. Les deux associés ont d'autres idées pour la suite si le contexte venait à se dégrader comme par exemple se tourner vers l'élevage de brebis laitières.

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