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"Notre assemblée générale, c’est la métaphore de l’agriculture qui continue"

L’assemblée générale de la FDSEA du Tarn se tient ce vendredi 12 février à Albi, en présentiel mais en mode restreint pour respecter le protocole sanitaire. PAC, loi Egalim seront parmi les sujets abordés.

© Le Paysan Tarnais

L’assemblée générale de la FDSEA du Tarn se tiendra en physique, mais en mode restreint, à cause du contexte sanitaire, ce vendredi 12 février dans les locaux de la Chambre d’agriculture. Invité cette année, Yannick Fialip, administrateur FNSEA et président de la Chambre d’agriculture de la Haute-Loire, parlera notamment de la réforme de la PAC et de la nécessité de mieux rémunérer les agriculteurs dans le cadre de la loi Egalim. Le président de la FDSEA d u Tarn, Philippe Jougla, nous explique pourquoi ce rendez-vous est important.

> Cette assemblée générale sera bien différente des précédentes en raison du contexte sanitaire qui impose une audience restreinte. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Oui, cette assemblée générale sera forcément différente. Mais nous avons fait le choix de la maintenir en physique parce que nous en avons le droit, et parce que c’est une preuve que la vie et que l’activité doivent continuer malgré les contraintes que nous impose la Covid-19. La tenue de notre assemblée générale, c’est un peu la métaphore de l’agriculture qui continue malgré tout.

> Depuis votre réélection à la tête du syndicat l’an dernier, la Covid-19 a bouleversé bien des choses pour la ferme tarnaise. Quel bilan tirez-vous de cette année hors du commun ?

On est revenu sur nos fondamentaux : produire. En ce sens, c’est positif. Le deuxième constat, c’est que les agriculteurs se sont renfermés sur eux-mêmes, ce qui pose des soucis sur la dynamique collective, et des inquiétudes sur l’état de santé ou de bien-être de nos collègues. C’est un des enjeux de notre assemblée générale. La tenir en physique rappelle que cette situation ne va pas durer éternellement, et qu’il faut se préparer à nous remobiliser sur les enjeux de demain pour la profession.

> Le rôle central des agriculteurs pour nourrir la population a été salué durant le confinement. Y voyez-vous matière à apaiser sur le long terme les relations avec le grand public ?

Oui et non. Non, car on a fait le constat amer que, dès la fin du confinement, cette proximité avait perdu de son intérêt. L’alimentation de proximité prend du temps. Nous devons régler la question de la praticité pour l'inscrire dans la durée. Par ailleurs, une des conséquences à moyen terme de cette situation de crise va être une nouvelle dynamique pour nos territoires agricoles et ruraux. Dans cette nouvelle dynamique, on va devoir accueillir des nouveaux résidents avec des questions de voisinage qui seront davantage prégnantes. Mais oui, il y a du positif. Nos dirigeants et les citoyens ont pris la mesure de la question de la souveraineté alimentaire et ont compris que la question de la proximité est au coeur de l’approvisionnement.

> La réforme de la PAC est le gros dossier du moment. Comment se profile-t-elle pour la ferme tarnaise ?

Je voudrais éviter les querelles entre régions et filières. Ce qui me paraît important, et ce à quoi on a travaillé à la FNSEA, c’est l’intégration des mesures voulues par la Commission Européenne, même si on y est hostile. Bruxelles n’est pas favorable au maintien des références historiques et au couplage des aides. Il faut l’intégrer dans notre réflexion. L’argent public de la PAC doit aussi répondre aux attentes de la société que sont l’environnement et le bien-être animal. Enfin, il faut aussi intégrer la question du changement climatique. Il faut à la fois permettre aux exploitations de s’y adapter, et orienter l’agriculture vers des pratiques qui permettront d'atténuer ce changement.

Alors oui, on peut regarder si on va gagner ou perdre de l’argent avec cette nouvelle PAC et s’énerver la-dessus. Mais c’est stupide si on perd de vue les tendances lourdes. Tout le monde est libre de se faire son opinion. Moi, je chercherai à expliquer les choses plutôt qu’à les dénoncer.

Par ailleurs, on porte aussi une attente forte sur la PAC, qui est de la réserver aux agriculteurs qui mettent en valeur leur outil. On veut absolument dénoncer une PAC qui sert de rente foncière. Cela témoigne en filigrane du niveau scandaleusement bas des retraites, qui oblige les agriculteurs à continuer d’exploiter après l’âge de la retraite.

> Alors que la FDSEA a gagné un combat de longue haleine contre la cartographie de la zone vulnérable à l’automne 2020, un nouveau zonage est à l’étude ? Faudra-t-il de nouveau se mobiliser pour éviter des classements abusifs ?

Sans doute. Et, en parallèle, il faudra faire attention au programme d’action lié aux communes classées. Il faut absolument qu’on avance sur la période d’interdiction d’épandage. Aujourd’hui, elle commence le 15 janvier à Nancy comme à Castres. Or il faut des mesures de subsidiarité locales. On a commencé à le dénoncer et des échos favorables nous permettent d’espérer des avancées sur le sujet.

> 2021 sera-t-elle l’année qui verra aboutir le projet de territoire de la vallée du Tescou ?

Bien sûr, on l’espère tous ! La parole de l’État se fait attendre, et ce n'est pas normal. Le processus du projet de territoire a avancé et arrive à sa conclusion avec le consentement de tous les participants, ce qui est une bonne chose. Dans le cas contraire, il aurait fallu procéder à un vote. Je n’ai aucun doute sur le fait que la position de consensus aurait été majoritaire, mais un compromis est largement préférable pour l’acceptation collective.

L'État s'était engagé à reprendre à son compte les conclusions. On a attendu six semaines, il ne faudrait pas attendre six semaines de plus.

Propos recueillis par D. Monnery

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