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Ovins lait : le séchage en grange pour réduire les coûts alimentaires

Au Gaec de la Jasse à Cadix, les Roques gèrent un troupeau de 450 brebis sur environ 80 ha de SAU. Ils viennent de monter un séchage en grange afin d’améliorer la qualité des fourrages et diminuer les achats de complémentaires. Reportage.

Séverin Roques s’est installé en 2010 en Gaec avec ses parents, Francis et Bernadette. Il a eu l’opportunité de reprendre l’exploitation de son oncle pour compléter la ferme familiale. Ils sont ainsi passés de 250 à 450 brebis et de 55 à 80 ha de SAU. La construction d’un nouveau bâtiment d’élevage a permis de re-grouper les deux troupeaux sur un seul et même site. Rapidement, le jeune éleveur a souhaité passer en «contrôle laitier officiel» (CLO). «Nous avons franchi le pas il y a deux ans» détaille Séverin Roques. «Pour moi, c’était important d’avoir un meilleur suivi du troupeau et des résultats technico-économiques de l’exploitation, avec l’appui de notre technicien de contrôle laitier. Rapidement, nous avons identifié les coûts alimentaires comme un des axes de travail prioritaires.» La ration des brebis était, jusque là, basée sur des foins traditionnels de graminées et de légumineuses. «Nous avons pensé au séchage en grange pour sécuriser la réalisation de nos fourrages et améliorer leur qualité. J’étais déjà convaincu par le système puisque j’avais travaillé sur des exploitations qui fonctionnaient sur ces systèmes. En parallèle, nous avons modifié l’assolement avec l’introduction de luzerne pure. Jusqu’ici, nous avions surtout des mélanges luzerne / dactyle. Depuis quelques années maintenant, dès qu’on renouvelle ces prairies au bout de 4 ans, on ressème avec la luzerne seule. L’idée est d’arriver à vraiment réduire nos achats de complémentaires. L’année dernière, nous manquions de stocks et nous avons dû rationner le foin à 2,5 kg par brebis et par jour. En complément, nous étions à 400 g de tourteaux tannés (40% de protéines), 400 g d’orge aplatie et 300 g de luzerne déshydratée par brebis et par jour. Avec le séchage et le nouvel assolement, notre objectif est de diminuer fortement la quantité de tourteaux et de supprimer la luzerne déshydratée.»

Et voilà le projet lancé. Une partie du nouveau bâtiment est dédiée à la mise en place du séchage. «Nous avons fait 2 cellules de 15 m par 12. Il a fallu pas mal creuser pour réussir à avoir les 7 à 8 m de hauteur nécessaires ! Nous récupérons la chaleur sous la toiture de la bergerie pour plus de performance au séchage. Avec beaucoup d’autoconstruction, nous arrivons à 130 000 € d’investissement pour les cellules, la griffe et la remorque distributrice. Il faut rajouter à cela l’autochargeuse que nous avons prise en 65 m3 déchargés. Nous tenions à avoir cette capacité importante pour ne pas perdre trop de temps dans les déplacements. Nous avons des parcelles assez éloignées, de petites routes… Certains tours entre le champ et le bâtiment prennent plus d’une heure et demie !»

S. LENOBLE

Retrouvez l'intégralité de l'article et le bilan technico-économique 2015 en ovin lait dans l'édition en ligne

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