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Philippe Jougla réélu à la tête de la FRSEA Occitanie

Philippe Jougla a été largement réélu pour un deuxième mandat à la tête de la FRSEA, lors d’une assemblée générale en visioconférence, lundi 25 mai. Interview.

© Le Paysan Tarnais

> Vous avez été très largement réélu à la tête de la FRSEA avec un score de 92%. On peut dire que c’est un plébiscite. C’est important d’asseoir une telle légitimité ?

“La FRSEA est une structure de deuxième niveau, les choses se préparent en amont avec les treize FDSEA. Ce score est le fruit de tout le travail qui a été mené ces dernières années et montre que nous travaillons très bien ensemble.”

> Justement, quel bilan dressez-vous de votre premier mandat régional ?

“Nous avons réussi à donner vie à une nouvelle région. Pour deux régions qui avaient quarante ans d’existence et qui fonctionnaient l’une sans l’autre, puisque Languedoc-Roussillon avait des habitudes avec Paca et Midi-Pyrénées avec l’Aquitaine, le défi était de se penser comme une nouvelle et même région. C’est ce à quoi nous sommes arrivés. Bien sûr, il faut continuer à entretenir ce sentiment d’appartenance, mais il est aujourd’hui acquis. Même si c’est forcément plus compliqué pour les extrémités est et ouest, nous avons un centre régional avec lequel il est assez facile de penser de façon unitaire car on n’y trouve pas de frontière naturelle.”

> La mobilisation pour défendre la zone défavorisée a également été un temps fort pour cette cohésion régionale…

“Effectivement, ce combat pour la zone défavorisée, tout comme le séminaire sur la Pac à Bruxelles, resteront comme les premiers pas d’un syndicalisme constructif à l’accent d’Occitanie. Pour la zone défavorisée, nous sommes descendus dans la rue, à treize départements, de façon très musclée. Le Tarn-et-Garonne a bloqué le noeud autoroutier de Montauban durant quinze jours, il y a eu aussi le périphérique de Toulouse, le blocage d’un convoi Airbus… Bref, on a poussé très fort à ce moment-là en termes de manifestations. En parallèle, notre argumentaire très solide et sérieux auprès de la Draaf nous a permis de faire valider 80% de ce que nous demandions. Ce n’est pas une victoire totale car malheureusement il y a quelques secteurs que nous n'avons pas pu sauver, mais nous avons démontré une fois de plus à cette occasion que nous sommes un syndicat de solution.

Les trois jours que le conseil d’administration a passé à Bruxelles ont également été très importants. Dans le timing de la réforme de la Pac qui se discute aujourd’hui, nous avons pu nous placer en amont, alors que les premières ébauches arrivaient sur la table, pour faire avancer les six axes sur lesquels on avait choisi de travailler (le budget, l’éligibilité des personnes, l’éligibilité des surfaces, le recouplage, l’echoscheme et l’assurance récolte). Tout cela ne se voit pas sur le terrain mais la région, avec le national, travaille et avance régulièrement.”

> Au sein d’un réseau très structuré qui part de l’échelon communal pour atteindre la FNSEA, quel est le rôle de l’échelon régional ?

“C’est d’être l’interlocuteur des instances régionales. C’est d’autant plus important dans la perspective du renforcement de leurs compétences. Le conseil régional est l’organe de gestion du second pilier de la Pac, c’est donc vraiment la raison d’êtres de FRSEA. Nous intervenons aussi auprès des Draaf qui sont les lieux de réelles décisions sur un paquet de dossiers agricoles. À côté de ces fonctions essentielles, nous avons également deux autres rôles : être un appui et un soutien au développement des fédérations départementales, et organiser la parole au niveau national.”

> Quels sont donc les enjeux et vos ambitions pour ce nouveau mandat qui débute ?

“La réforme de la Pac va être un sujet important. C’est un dossier épineux avec toutes nos problématiques territoriales, mais nous pouvons en sortir confortés. L’enjeu dépasse le milliard d'euros par an pour les agriculteurs de la région, ça pose les choses. Cela va vraiment nous prendre du temps. La deuxième priorité de ce mandat, durant lequel il n’y aura pas d’élections chambres d’agriculture, va consister à faire un effort de développement de nos FDSEA. Le Tarn dispose d’une FD solide, mais dans onze départements de la région la situation est plus compliquée. Cinq ou six départements ont même besoin d’un soutien pour atteindre un seuil d’autonomie et renforcer leur réseau. Nous mettrons en partage des outils, sans s'appuyer sur un modèle quelconque qui n’est pas transposable d’un département à l’autre.”

Propos recueillis par D. Monnery

Le nouveau bureau

Trois postes à responsabilité sont occupés par des femmes, contre un seul auparavant.

• Président : Philippe Jougla (81)

• Secrétaire général : Laurent Saint-Affre (12)

• Vice-présidents : Karen Serres (CRA) et Christian Fourcade (65)

• Secrétaires généraux adjoints : Christian Mazas (31) et Sophie Maniago (11)

Trésorière : Sophie Nogues (34)

Membres : Yves Aaris (66), Christian Cardona (32), Jean-Marie Dirat (82), Jacques Hato (09), Alain Lafragette (46), Jean-François Maurin (48), David Seve (30).

 

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