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Pour Jean-Baptise Kérusec : «Faire des essais pour définir des stratégies adaptées»

Jean-Baptiste Kérusec, éleveur laitier à Saint-Martin Laguépie cultive et récolte des méteils en grain qu’il intègre dans sa ration après avoir aplati le mélange céréales-protéagineux. Son exploitation accueille des essais culturaux.

«Mon objectif est d’avoir, de toute façon, un équilibre dans le fourrage de base. Le méteil vient apporter un complément intéressant.»
«Mon objectif est d’avoir, de toute façon, un équilibre dans le fourrage de base. Le méteil vient apporter un complément intéressant.»
© A. Renault

Jean-Baptiste Kérusec est installé en Gaec avec son épouse à Saint-Martin-Laguépie. Il élève une quarantaine de vaches laitières de race Abondance (la race était déjà implantée sur l’exploitation lorsqu’il l’a reprise), plus le renouvellement du troupeau. Le tout en agriculture biologique, avec une livraison de lait à Lactalis. Côté SAU, l’exploitation compte 110 hectares dont 17 en céréales (2 en blé et 15 en méteils grain), le reste se partageant équitablement entre les prairies temporaires et les prairies permanentes. «La rotation est organisée de la manière suivante : 5 années de prairie temporaire et deux ans de méteils».

L’hiver, la ration est composée pour moitie d’enrubannée et de foin. «Le matin, de la première coupe de prairies multi-espèces et le soir de la seconde coupe, souvent du foin avec plus de luzerne. Je ne me sers pas du méteil grain comme d’un complément azoté. Pour moi ce doit être un complément équilibré qui vient apporter des protéines.» Un élément important pour cet éleveur bio qui n’utilise pas d’ensilage de maïs. «Mon objectif est d’avoir, de toute façon, un équilibre dans le fourrage de base. Le méteil vient apporter un complément intéressant.»

4 années d’expériences

Il y a quatre ans que Jean-Baptiste a repris cette exploitation de Saint-Martin-Laguépie. Les méteils étaient déjà présents sur l’exploitation. «En terme de fumure, j’utilise le fumier à hauteur de 10 tonnes/hectare que ce soit sur les prairies permanentes, les prairies temporaires ou les méteils. L’implantation est réalisée avec une semoir combiné après un labour d’une profondeur d’environ 17 cm. Cela permet de contenir l’enherbement, surtout en agriculture biologique. Cette année, c’est plus compliqué avec la présence de coquelicots et de ravenelles parfois en grande quantité. Je ne pratique pas le désherbage mécanique mais je pense le tester l’année prochaine avec une herse étrille. La difficulté pourrait venir des risques du passage de la herse sur les protéagineux.»

Deux types de méteils

Jean-Baptiste Kérusec cultive deux types de mélanges :

• un mélange orge, blé, féverole, avec un peu d’avoine (5%) ;

• un mélange triticale, blé, féverole.

«Ces deux mélanges permettent d’avoir des périodes de récolte assez homogènes pour éviter d’avoir de la perte au moment de la moisson. Côté rendement, on est chaque année, aux alentours de 40 quintaux/hectare, même en année sèche. D’ailleurs, les années humides sont les pires à cause du salissement qui est plus important et augmente la concurrence avec le mélange implanté.»

Sur son exploitation, des essais sont implantés en lien avec la Chambre d’agriculture et l’Inra. L’objectif de ces implantations : définir les types de mélanges céréales-protéagineux qu’il faut mettre en place dans les conditions pédoclimatiques spécifiques au Tarn, pour produire un aliment de qualité, à la fois équilibré et riche en protéines. «Ces essais sont très intéressants car ils permettront de définir des stratégies adaptées en matière de mélan-ges : faut-il adopter des mélanges binaires, plus complexes et très complexes et quelles sont les teneurs en protéines ?»

L’autre question importante pour Jean-Baptiste Kérusec, ce sont les techniques d’implantation, notamment de la féverole.

A.RENAULT

Retrouvez l'intégralité du dossier "quelle place pour les protéagineux dans les rations des animaux ?" dans l'édition en ligne

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