Retraite
Pour les retraités agricoles, le combat continue au Sénat
La proposition de loi Chassaigne 3 a été adoptée par l'Assemblée, et doit désormais être validée par le Sénat.
La proposition de loi Chassaigne 3 a été adoptée par l'Assemblée, et doit désormais être validée par le Sénat.
Depuis de nombreuses années, les retraités agricoles attendent une véritable reconnaissance de leur travail et de leur engagement au service de notre agriculture et de notre souveraineté alimentaire. Malgré plusieurs avancées obtenues ces dernières années, trop d'anciens exploitants perçoivent encore aujourd'hui des pensions qui ne reflètent ni les efforts ni les responsabilités assumées tout au long de leur carrière. La promesse d'une retraite minimale équivalente à 85 % du SMIC pour l'ensemble des retraités agricoles constitue une mesure de justice sociale attendue depuis longtemps. Voilà maintenant près d'un an que nous espérons l'ouverture d'une fenêtre législative permettant d'aboutir concrètement sur ce dossier essentiel. Dans ce contexte, la proposition de loi dite «Brugerolles – Chassaigne 3» a été très largement adoptée le 4 juin dernier à l'Assemblée nationale, recueillant 82 voix favorables sur 83 suffrages exprimés.
Ce texte vise à corriger plusieurs situations qui demeurent injustes malgré les avancées obtenues ces dernières années. La première mesure importante concerne la suppression du mécanisme d'écrêtement. Aujourd'hui, de nombreux retraités agricoles ayant cotisé à plusieurs régimes de retraite voient leur revalorisation réduite, voire supprimée. Selon les estimations, plus de 100 000 personnes pourraient être concernées par cette correction. Les conjoints collaborateurs et les aides familiaux figureraient parmi les principaux bénéficiaires de cette réforme. Jusqu'à présent, les dispositifs de revalorisation ont principalement concerné les chefs d'exploitation. Or, de nombreuses femmes ont travaillé toute leur vie sur les exploitations agricoles sans pouvoir prétendre à une retraite décente. La proposition de loi vise à mieux prendre en compte leur contribution essentielle à l'activité agricole.
Le texte entend également remédier à une situation pénalisante pour de nombreux veufs et veuves d'exploitants agricoles. La prise en compte de la pension de réversion dans le calcul des plafonds actuels limite en effet l'accès à certaines revalorisations. Une telle situation ne peut plus être ignorée. Le texte doit désormais être examiné par le Sénat avant de poursuivre son parcours législatif. La section des anciens exploitants du Tarn reste pleinement mobilisée et a d'ores et déjà sensibilisé les sénateurs tarnais à l'importance de ce vote. Au-delà des chiffres, il s'agit de rendre davantage de justice et de dignité à celles et ceux qui ont consacré leur vie à nourrir notre pays.