Prix des engrais : peu d'inquiétude en céréales à paille, incertitude en maïs (centrale d'achat)
«En dix jours, le prix de l’urée a augmenté de 200 $ pour dépasser les 700 $ la tonne, constate Pascal Ramondenc, directeur de la centrale d’achat Axso, spécialisée dans les engrais (550 000 tonnes par an, 210 M€ de chiffre d’affaires). Aujourd’hui, l’inquiétude de nos adhérents diffère selon l’assolement de leurs clients. Les agriculteurs spécialisés en céréales en paille sont déjà couverts. Beaucoup avaient d’ailleurs anticipé leurs achats en octobre et novembre, avant la mise en place de la taxe carbone. Dans les zones très maïs en revanche, l’incertitude domine. Même si les achats d’azote peuvent, pour cette culture, se faire jusqu’en juin, deux cas de figure se présentent. Soit les agriculteurs sont capables d’assurer un rendement et donc de rentabiliser le coût des intrants, et seront, dans les semaines à venir, aux achats. Soit ils ne le peuvent pas et pensent déjà à se tourner vers une autre culture – soja, tournesol -, voire à ne rien semer du tout au printemps.» Pascal Ramondenc constate qu’au sein d’Axso, à date, «il n’y a pas de retard par rapport aux ventes de l’an passé» mais il reconnaît aussi qu’il est encore un peu tôt pour dresser un bilan. Alors que les achats pour la campagne en cours ne sont pas encore terminés, il doit déjà se positionner pour celle de 2026-2027. Et de constater que le Maghreb, Égypte et Algérie notamment, pourrait devenir la roue de secours pour l’azote.