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Essais
Quelle orge brassicole bio pour le Tarn ?

Les premiers résultats d’expérimentation au champ de plusieurs variétés destinées à la bière. Couverture du sol, réaction aux maladies foliaires, précocités et stades : tout a été scruté à la loupe. 

© M. Colombet

La filière brassicole est en pleine expansion au niveau national et régional, néanmoins le malt provient encore souvent d’orge brassicole cultivée dans le nord de la France. La présence d’une malterie artisanale dans le Tarn et la création d’une seconde permettent un vrai dynamisme de la filière et une valorisation locale pour les agriculteurs. Aujourd’hui la malterie du Vieux Silo à Salvagnac travaille avec AgriBioUnion pour proposer aux brasseurs du malt bio issu des orges de la région. La malterie Occitane proposera, elle, du malt bio et conventionnel, toujours à partir d’approvisionnements locaux.

Créer des références locales

Cette tendance de relocalisation de la production d’orge brassicole à l’échelle de la région Occitanie nous a conduit à nous interroger sur les variétés les plus adaptées à notre terroir. Les références sont en effet souvent issues de contextes pédo-climatiques du nord de la France et/ou menées en conventionnel. C’est pourquoi, la Chambre d’Agriculture du Tarn, en partenariat avec la Chambre d’Agriculture du Gers, le GABB32 et le BIOCIVAM11, ont mené des essais variétaux d’orge brassicole en agriculture biologique. L’objectif étant d’identifier les variétés qui répondent aux exigences agricoles de la région en AB (résistance aux maladies, rendement, couverture du sol…), mais aussi aux exigences technologiques des malteurs et brasseurs (taux de protéines, calibre, friabilité…).
L’expérimentation a été menée dans le Tarn à Mézens chez la famille TANIS, paysans-brasseurs bio. Le sol est de type limono-argilo-sableux, sol lourd à ressuyage lent et risque d’asphyxie important (plaine alluviale du Tarn). Huit variétés d’orge ont été retenues, en incluant à la fois des orges d’hiver et de printemps, des 2 ou 6 rangs, et des variétés récentes ou anciennes.
Différents comptages/observations ont été réalisés durant tout le cycle afin de caractériser au mieux le comportement de chaque variété dans un même contexte. 
Les maladies sont arrivées tardivement grâce au printemps sec. Malgré tout, l’oïdium a particulièrement touché les variétés sensibles (humidité en bord de Tarn), de même que la rouille naine. La rynchosporiose et l’helminthosporiose se sont vraiment faites présentes qu’au moment de la floraison. Calypso, Etincel et Maltesse sont les variétés qui ont le moins été touchées par les maladies. A l’inverse, RGT Planet, Arturio et Chevalier semblent les plus sensibles aux maladies du feuillage.

Précocité et stades

Les 3 variétés de printemps (Chevalier, Aurore et RGT Planet) sont les plus précoces à montaison. Maltesse et Etincel sont les plus tardives à épiaison. L’épiaison s’est déroulée dans des conditions relativement stressantes (sec), ce qui a pu déclencher la sortie des étamines dès l’épiaison.
Le site a malheureusement été fortement touché par la présence d’adventices (ronds de chardons, rumex, matricaires). Ce terrain hydromorphe a également subit les excès d’eau hivernaux ce qui a pénalisé la levée et le tallage par ronds. Ces 2 facteurs nous ont poussés à abandonner la récolte de l’essai, faute de pouvoir interpréter statistiquement les résultats issus des différentes modalités. Nous n’avons donc pas de résultats concernant la productivité et les qualités technologiques des différentes variétés pour cette première année d’essai.
Néanmoins, ces premières observations nous permettent de tirer quelques tendances sur les caractères agronomiques :
• Les variétés de printemps ce sont très bien comportées malgré un semis en novembre (pas de dégâts liés au froid malgré les gelées de janvier et d’avril)
• Il n’y a pas eu de dégâts de JNO (semis «tardif»)
• Les variétés «anciennes» (Aurore et Chevalier) sont très touchées par les maladies du feuillage. Le progrès génétique a donc permis de gagner en tolérance aux maladies sur les variétés plus modernes.
• Chevalier est la variété la plus haute, mais aussi la seule qui ait versé (malgré l’absence de fertilisation et un reliquat de 46 U).
Ces premiers résultats tarnais sont bien sûr à confrontés aux résultats des essais menés dans d’autres contextes pédo-climatiques (Aude et Gers). Ils sont également spécifiques à une année donnée (météo), et sont donc à renouveler pour étudier le comportement des variétés en pluriannuel. Enfin, des résultats de rendement et d’analyses technologiques nous permettront d’avoir plus d’informations pour discriminer les variétés selon leur productivité et leur capacité à être maltée puis brassée.

Itinéraire technique

• Précédent : tournesol, fertilisé avec 2,8 T/ha de fientes de poules (les conditions climatiques n’ont pas rendu possible le semis de blé initialement prévu à l’automne 2019). 
• Travail du sol avec déchaumeur à disques le 19/10/2020 puis avec le cultivateur le 8/11/2020.
• Semis de l’orge brassicole le 23/11/2020 au semoir combiné à 3 cm de profondeur, en conditions motteuses et fraîches.
• La météo n’a pas permis de passage de désherbage mécanique (beaucoup de pluies en décembre et janvier, puis sols pris en masse).
• Récolte le 01/07/2021 : 14 q/ha en moyenne sur la parcelle totale (8,5 ha), variété Calypso (problème de salissement et d’hydromorphie).

Pour plus d’informations sur l’orge brassicole, n’hésitez pas à contacter : Maëva Colombet – Chambre d’agriculture 81 - 06 52 45 83 01 - m.colombet@tarn.chambagri.fr

Avec la participation financière du CasDar

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