Moissons
Rendements contrastés et bonne qualité en 2026
Très précoces cette année, les récoltes se terminent cette semaine dans le Tarn, hors secteur montagne. Premiers bilans avec les collecteurs et entrepreneurs du territoire.
Très précoces cette année, les récoltes se terminent cette semaine dans le Tarn, hors secteur montagne. Premiers bilans avec les collecteurs et entrepreneurs du territoire.
Après un hiver très humide, suivi d'un printemps marqué par le manque d'eau puis des épisodes de fortes chaleurs, les cultures ont traversé une succession de conditions climatiques contrastées. Conséquence : les moissonneuses sont entrées dans les parcelles avec plusieurs jours d’avance.
Quels enseignements pour les acteurs de la collecte ?
Chez Arterris, “nous sommes à plus de 80% de chantiers réalisés (ndlr. : au 2 juillet), le Tarn est légèrement en retard, je dirais plutôt 75%. La spécificité de la campagne est assurément sa précocité, reconnaît Clément Roux, directeur du commerce du grain, on a gagné 5 jours par rapport à 2025, qui était déjà une année précoce. Les excès d’eau à l’hiver ont été importants, ce qui a perturbé les travaux et l’apport d’azote. S’en sont suivis des périodes sèches en avril et le coup de chaud de mai. Avec ces conditions, on aurait pu penser que le bilan serait très mauvais. Au final, c’est plutôt contrasté. La quantité n’est globalement pas au rendez-vous mais la qualité est bien là, avec de l’hétérogénéité. Dans le détail des variétés, le blé dur a beaucoup souffert des conditions climatiques. Les rendements seront autour des 35 qt/ha, avec des PS aléatoires. En blé tendre, les rendements se situeront vers les 60 qt/ha, plus proche de la norme, avec une qualité dans la moyenne et des taux de protéines élevées. Le colza est la variété qui a le plus souffert de ces conditions, elle n’aime pas avoir les pieds dans l’eau et elle a ensuite pris un coup de sec à la floraison. Les rendements seront très inférieurs à la moyenne, on estime une baisse de 30% par rapport à une année habituelle. La crainte est désormais portée vers la récolte d’automne, au vu de l’état des maïs et des tournesols actuellement. Le prix des céréales, qui ne couvrent toujours pas les coûts de production, est aussi une source d’inquiétude pour les exploitations et leur santé.”
De "l'inquiétude pour la collecte d'automne"
Du côté de RAGT, Serge Moncet, directeur du pôle végétal, retient aussi la précocité de la campagne et la baisse des rendements : “la saison de la collecte a démarré très tôt cette année. On est à plus d’une semaine d’avance par rapport aux années précédentes. Cette fin de semaine, les chantiers seront quasiment tous terminés, pour la partie sud du Tarn. En remontant vers le Lautrécois ou plus au nord, ce ne sera pas forcément encore le cas. Les semis se sont plutôt réalisés dans de bonnes conditions fin octobre, il y a eu beaucoup d’eau ensuite jusqu’en février, qui a pu impacter les rendements dans certaines zones de plaine, et des températures douces. Ce qu’on peut dire, c’est que les rendements seront légèrement inférieurs à l’année dernière, mais avec des PS très bons. Je pense que les excès d'eau à l'hiver ont eu plus d'impact sur les rendements que le coup de chaud de mai. En revanche, le colza a un peu plus souffert de la chaleur. Ce qui nous inquiète davantage, c’est la collecte d’automne, avec notamment des maïs et des tournesols qui souffrent de la chaleur.”
Pierre-André Marc est entrepreneur de travaux agricoles et agriculteur à Lautrec. Au mois de juin, il doit jongler entre les moissons et le ramassage de l’ail, qu’il produit également sur son exploitation, “ça devient une vraie question d'adaptation”. Cette saison, il retient lui aussi “une campagne très particulière”. “On a 15 jours d’avance. Il y a quelques années encore, on commençait les premières orges autour du 20-25 juin. Depuis trois ou quatre ans, dès le 10 juin, on reçoit déjà beaucoup d’appels. On voit clairement que les choses changent. On a des PS qui sont très bons. Sur la qualité, il n’y a pas grand-chose à dire : c’est satisfaisant. En revanche, sur les rendements, c’est très hétérogène. Sur l’ensemble de ce qu’on a vu en clientèle, on est entre 45 et 70 quintaux selon les terres et les variétés, que ce soit en orge, blé dur ou blé tendre. Un facteur qui ressort cette année, selon moi, c’est la date du premier apport d’azote : les parcelles où il a été fait au tallage commencent à montrer une différence, avec une influence plutôt positive sur les rendements selon moi. D’année en année, on observe que les rendements ne progressent pas forcément et on prend davantage de coups de chaud. On voit que le climat évolue et que ça commence à peser sur nos façons de travailler.