Dossier Diversification
"Se montrer originaux et sortir des sentiers battus"
Vignes, truffiers, oliviers, arbres fruitiers… Mélissa Hérail et son père Laurent ont opté pour la diversité et l’originalité. À Villeneuve-sur-Vère, le Clos Mazétou respire à nouveau.
Vignes, truffiers, oliviers, arbres fruitiers… Mélissa Hérail et son père Laurent ont opté pour la diversité et l’originalité. À Villeneuve-sur-Vère, le Clos Mazétou respire à nouveau.
Dans les cartons depuis plusieurs années, le projet est sorti de terre il y a quelques semaines. Mélissa Hérail et son père ont décidé de reprendre le Clos Mazétou à Villeneuve-surVère, qui appartenait à l’oncle de la jeune fille par le passé. “C’est un petit clos sympathique mais un peu atypique”, présente-t-elle d’emblée. Le domaine est resté endormi près de 30 ans suite à un décès brutal, et se réveille à nouveau aujourd’hui. Grâce à leurs voisins notamment, le duo familial a réussi à regrouper les terres et relancer l’activité. La vigne et le vin restent les éléments centraux du projet, mais les nouveaux gérants ont souhaité exploiter de nouvelles idées…
Arrachages et nouvelles plantations
“On est ambitieux, mais le Clos restera le Clos.” Laurent Hérail annonce la couleur. “C’est vraiment notre volonté” soutient sa fille de 24 ans, qui n’a jamais vraiment été destinée à explorer le monde du vin. “Nous avons gardé le fil conducteur de mon oncle, à savoir travailler à la main, commente Mélissa. Et même si cela ne nous facilite pas la tâche, on a choisi de travailler avec 14 cépages.” Au Clos, les vignes s’étendent sur 8 hectares environ. 40% des anciennes vignes greffées manuellement ont été conservées, le reste arraché. Un “pari”, témoin de la volonté des nouveaux gérants d’innover, sans pour autant casser tous les codes : “Nous avons replanté l’an passé, cette année, et nous replanterons aussi l’année prochaine. Les vignes sont conduites en gobelet ou sur échalas. On se repose sur l’identité Gaillac puisque la moitié de nos cépages sont autochtones, et nous misons tant sur du monocépage que sur de l’assemblage. On essaie d’être créatifs. On souhaite se montrer originaux et sor tir des sentiers battus“, assume la jeune productrice. Sur la partie production, les associés ont fait le choix de créer 3 gammes de vins avec une dizaine de bouteilles au total. Les “essentiels”, qui sont “faciles à boire et accessibles financièrement”, les “signatures” avec des cuvées en “pur mono-cépage” et enfin les “parcellaires”, produits en quantité ultra-limitée avec “une cuvée prestige issue d’une parcelle isolée.” Le Clos Mazétou est aujourd'hui en cours de conversion officielle. La certification devrait être active dès les vendanges 2026.
"Se donner un challenge"
Le Clos Mazétou refuse le modèle de la m o n o c u l t u r e . Aujourd’hui, on peut déjà compter deux hectares d’oliviers (6 variétés), des tests sur les amandiers, mais aussi des pêchers, abricotiers, pruniers… Les producteurs se testent et ne sont pas à court d’idées : “On ne voulait pas d’une seule et unique production, justifie Mélissa. “C’est assez surprenant, sur une petite surface comme celle-ci, d'avoir une variété de terroir aussi exceptionnelle”, ajoute son père Laurent. Parmi les idées évoquées, la production d’huile d’olive, de confiture, ou encore la mise en place de ruches. Le duo familial a voulu se démarquer. Et “se donner un challenge.” Accompagnés du maître de chai Fabien et de Benjamin, alternant en charge de la partie commerciale, l’équipe du domaine se veut très complémentaire. Dans un contexte morose pour les viticulteurs, Mélissa espère inverser la tendance à son échelle : “Je ne pense pas que les jeunes rejettent vraiment le vin. Mais tout a été fait pour que ce produit ait une image arriérée ou élitiste. Il ne faut pas oublier l’aspect pédagogique. On n’a pas besoin d’être sommelier pour aimer boire du vin.”
Compétente en matière de communication, de marketing ou encore de graphisme, la jeune femme va aussi pouvoir mettre ses compétences créatives au service de sa nouvelle structure, dans une époque où le vin est plus que jamais en quête de modernité et d’un nouveau souffle : “Le stress et la pression, ça me motive. Dans cette nouvelle aventure, j’y vois plein de défis quotidiens. Si je dois mettre des bottes et prendre le sécateur, je le ferais sans problème !”
Une inauguration bien réussie
Le vendredi 5 juin dernier, le Clos Mazétou inaugurait son projet en présence de plus de 250 personnes. “Nous sommes désormais ouverts et on a hâte de vous recevoir. Que ce soit pour goûter nos nouvelles gammes ou juste partager un bon moment, passez nous voir, notre porte vous est grande ouverte”, ont commenté les deux gérants.