Syndical
Sécheresse : la FDSEA du Tarn face à un été destructeur
Pertes de récoltes jusqu'à 80 %, prairies détruites et décapitalisation en vue : le conseil d'administration formule de fortes demandes pour sauver les exploitations tarnaises.
Pertes de récoltes jusqu'à 80 %, prairies détruites et décapitalisation en vue : le conseil d'administration formule de fortes demandes pour sauver les exploitations tarnaises.
Lors de la dernière rencontre des élus en mai, tous étaient loin d’imaginer les conditions climatiques extrêmes qui allaient rythmer l’été 2026. Vendredi 18 septembre, le conseil d'administration de la FDSEA du Tarn s’est réuni à Albi pour retracer des semaines éprouvantes pour l’agriculture tarnaise et préparer les réponses à une situation inédite. Les élus du bureau ont d’abord présenté l’état des productions dans chaque filière. Pour le président Cédric Vaute, “les excès d’eau à l’hiver et les premiers coups de chaud ont joué sur les récoltes des céréales d’hiver. Les plus touchées sont assurément les cultures d’été, avec des pertes pouvant atteindre plus de 80%”. Si les pluies de l’hiver ont permis de remplir les retenues, les rendements des cultures irriguées n’ont guère fait mieux. En viticulture, et ce malgré une qualité au rendez-vous, Christophe Caussé, co-secrétaire général, évoque “des vendanges précoces et des pertes de rendement très hétérogènes selon les parcelles, allant de 25 à 40%”. Côté élevage, le co-secrétaire général Cyril Bousquet dresse le même constat : “après une première coupe correcte, l’herbe s’est arrêtée de pousser. Aujourd’hui, les prairies sont mortes, tout est à refaire, et il faut alimenter les troupeaux comme en plein hiver. Le constat est que l’on a une baisse de productivité en lait et en viande et une mortalité en augmentation. Une décapitalisation du troupeau est probablement à venir.” Enfin, les semis d’automne ne laissent que peu de perspectives positives pour la campagne à venir, avec des retards de semis constatés, en attente de pluie, et d’autres à refaire totalement, malgré quelques tentatives d’irrigation pour faire lever.
Des installations remises en cause
Tour à tour, les membres du conseil ont également partagé leurs ressentis pour chaque territoire. Entre prairies dégradées, manque d’eau, cultures en berne, manque d’alimentation pour les animaux et coûts de production en hausse, l’inquiétude est unanime dans l’ensemble du département. Lionel Aussenac, président des Jeunes Agriculteurs, a alerté sur le cas de certains porteurs de projet qui, face au contexte actuel, “ont du mal à se projeter et remettent en cause ou stoppent totalement leur installation”. D’autres agriculteurs parlent eux d’arrêter complètement leur production, face à une pression économique toujours plus forte. En réponse à la situation, le Gouvernement et sa ministre de l’Agriculture ont présenté il y a plusieurs jours un plan de soutien doté d’un milliard d’euros. La FDSEA a fermement rappelé que c’était insuffisant, “ramené au nombre d’exploitations, cela ferait moins de 500€ par exploitation. C’est totalement déconnecté de la réalité des pertes subies”. Face à ce constat, le syndicat réagit et demande notamment : la réalisation de bilans fourragers et l’utilisation des données des fermes référence pour contester les observations satellitaires Airbus (assurance, ISN et calamités pour pertes de fonds), l’octroi d’un prêt de trésorerie à 0% de 75 000€ sur 2 ans, avec remboursement étalé sur 3 ans (besoin de trésorerie), la mise en place et la simplification des demandes de cas de force majeure (pour déroger aux obligations PAC), de privilégier une répartition au prorata des pertes sur les cultures d’été pour l’enveloppe du plan de réarmement, un dégrèvement à 100% de la TFNB, une suppression de la RPD (redevance pollution diffuse), un plan d’aides MACF renforcé et la poursuite de l’aide GNR. Selon le syndicat, ces mesures défendues doivent prioritairement servir à redémarrer l’année culturale et alimenter les animaux pour produire. En parallèle, la réflexion est engagée au sein du conseil d’administration sur une potentielle mobilisation syndicale, afin d’exprimer le profond mécontentement ressenti aujourd’hui dans les fermes tarnaises.